Tourpes est un petit village d'incorrigibles gaulois.
Ce village entre Ath, Leuze en Hainaut et Beloeil brasse une bière qui vous permet d'entendre la voix des anges.
Certains jours, l'air vibre des parfums d'orge, de malt et de houblon.
Il n'y a pas de mauvais jours à Tourpes.

Tous les ans, le village organise un week-end porte ouverte chez ses artisans.
Ceci amène des milliers de visiteurs durant les deux jours.
La bière y coule à flots, les fromages, cochonnailles et autres bienfaits sont au rendez-vous.
Les rues grouillent d'animations diverses.
http://tourpes-en-activite.skynetblogs.be

Pour la première fois en 2014, nous avons organisé un concours littéraire tout public. Le thème était libre. Seule contrainte, qu'un élément de Tourpes y soit mentionné, réel ou imaginaire.
Deux catégories ont été définies. Les moins de 18 ans et les plus de 18 ans, ceci pour que chacun ait ses chances de remporter la victoire.
Le comité de lecture ne connaît pas le nom des participants. Que ceci rassure les sceptiques, tout est anonyme jusqu'au dernier vote.

4 lauréats ont été publiés par Chloé des Lys, une maison d'édition qui commence à être connue en Wallonie et dont le président est tourpier !
Le livre millésimé 2015 est un succès et la préface de Jean-Luc Fonck nous a donné un coup de pouce. http://www.editionschloedeslys.be

L'événement a été (et sera encore) commenté dans la presse locale, dans le quotidien Vers l'Avenir et dans les pages du renommé Le Soir.

L'aquarelliste Frederic Dedeycker nous a offert deux aquarelles d'une petite chapelle tourpière pour habiller nos couvertures. http://www.madebyfred.be

Et maintenant, la cerise sur le gâteau. Voici la nouvelle qui a remporté le premier prix.


Sans Max

Max est parti. Depuis deux semaines, je tourne en rond dans la maison en essayant de me remémorer les circonstances de cette journée. Je ne comprends toujours pas. J’ai du mal à respirer.
Max me manque tous les jours. Je suis passée de l’espoir d’une crise passagère à l’effroi de ne plus jamais le revoir. J’ai beau convoquer chaque détail enfoui dans ma mémoire, je n’arrive pas à discerner l’élément déclenchant, rien ne m’a paru déroger à nos habitudes. Cette journée était comme toutes les autres. Peut-être un peu trop.
Dans le salon, j’essaye de penser à autre chose. J’ai sorti l’ensemble des couverts du vaisselier, ceux de ma grand-mère qui sont en argent et qui auraient appartenu au beau-frère d’Oscar de Séjournet. J’entreprends de les faire briller. Ça ne sert à rien mais c’est progressif, le temps est balisé, dompté — six minutes pour une fourchette, quatre minutes pour une petite cuillère, dix pour une louche ou une pelle à tarte. Je me vide le cerveau à l’huile de coude. Par moments, je ne peux m’empêcher de glisser un œil sur son fauteuil devant la télévision et la perplexité me submerge à nouveau. Comment peut-on partir du jour au lendemain après dix ans de vie commune ?
Quand je me pose cette question, je sais pourtant que je me mens. Depuis quelques temps déjà, il était de plus en plus absent. Allongée sur le canapé en face de ce fauteuil aussi vide qu’aujourd’hui, les heures s’égrenaient et je m’inquiétais. Je finissais par me réchauffer un plat au micro-onde, une brandade ou un risotto de crevettes, et je lui mettais une assiette de côté en m’imaginant qu’il serait content de la trouver en rentrant. Je savais pourtant qu’il aurait déjà dîné. Il finissait par revenir, tard, insouciant, il se collait contre moi sans un mot. Je ne disais rien, j’étais trop heureuse de le voir revenir. Dans la chaleur de son corps contre le mien, j’oubliais ce parfum étranger, ténu mais bien présent, qu’il rapportait avec lui.
Je continue à faire des tours dans le village, je sillonne la Rue Haute, la Rue Basse, je remonte vers la Place de Tourpes. Max est enchaîné à ses habitudes. Je ne l’imagine pas renoncer au bonheur de ses petits rituels de quartier. À chaque coin de rue, je crois l’apercevoir. Mes voisins baissent les yeux, évitent de croiser mon regard. Leur compassion mesurée m’a accompagnée la première semaine. Le temps a passé. Ils trouvent maintenant mon chagrin déplacé. « Personne n’est mort, Mademoiselle Camille ! Vous en trouverez un autre ! ». Leur faculté à tourner la page me sidère.

A force d’être sur ses traces, j’ai fini par retrouver Max. Je me promenais un soir quand je l’ai aperçu à vingt mètres de chez moi. Sous la lueur du porche garni de grenouilles en céramique peinte, il était là, dans les bras de ma voisine. J’étais ébahie et je me sentais vaguement coupable. C’est moi qui les avais présentés l’un à l’autre. Paralysée par l’émotion, je suis resté cachée derrière les thuyas, je me suis remémoré tous ces mois où me prodiguant encore ses caresses, il devait mener une double vie.
Pendant de longues minutes, j’ai regardé ma voisine lui sourire et passer ses mains dans ses reflets roux.
Puis je me suis ressaisie et suis rentrée à la maison. Ce jour-là, j’ai définitivement jeté sa gamelle et les boîtes de Whiskas.

N'hésitez pas à commander votre exemplaire (10 euros) chez www.editionschloedeslys.be ou, si vous n'habitez pas loin de Tourpes, via le numéro 0495 177 310. Il y a encore quelques exemplaires disponibles.

Je vous invite chaleureusement à participer à notre concours. Vous ne risquez qu'une belle aventure. Demandez le règlement à jacquesclicheroux@gmail.com