"2401" de Bob Boutique

une lecture d' Edmée De Xhavée


J’en suis encore essoufflée. Et dire que je ne peux pas en révéler trop car le mystère est tapi dans chaque page comme anguis in herba, et je ne veux en aucun cas soulever la pierre qui le fera jaillir.

Alors il faut s’accrocher… On est d’abord pris par un envol de corbeaux… Croâcroâ, ils volent en croix, un nuage d’ailes et sulfureux secrets, colportant un message qui pourrait faire exploser, « pop » après « pop », tout le monde que nous connaissons.

Heureusement on a notre panoplie de héros et acteurs tous calibres, toutes langues, toutes disciplines et tous sexes (là, il n’y en a que deux, c’est facile) qui entrent en scène, tataaaaaaaaaaa, avec leurs caractéristiques.

Le bouledogue râble et musclé qui abrite un cœur de la collection Harlequin, le pasteur idéaliste (trop ? serait-il suspect ?), la stagiaire fliquette futée comme un bison (mais plus menue) et rusée comme un singe (et plus jolie), le génie de l’informatique, des chères-sœurs souriantes… bref, on n’est pas dans le linéaire, et voir arriver un troglodyte lapon ne m’aurait pas étonnée plus que ça.

Après avoir tâté du vol de corbeaux dans une belle veine Hitchkockienne, on part dans un bien joli pays montagneux mais là… ne pas manger juste avant de lire. L’île du Docteur Moreau a dû marquer notre auteur qui se délecte à nous couper l’appétit et perturber notre digestion avec la description minutieuse de créatures – dont certaines sont bien jouettes et gentilles, rassurez-vous.

Le ou la coupable de cette histoire qui court sur 448 pages sans un seul banc rustique entre deux chapitres pour reprendre ses esprits est, en plus de l’auteur bien entendu, dissimulé avec une adresse de génie. Vous ne le trouverez pas avant que l’auteur ne vous le pointe du doigt avec un rire métallique, fou, se terminant par Croâcroâcroâ…

Un excellent livre en tout cas…

Mes cheveux ont blanchi en trois heures, c’est vous dire…. Ils étaient noirs corbeau avant que je n’arrive à la page 13…