"2401" de Bob Boutique

une lecture de Marcelle Dumont


2041, ton polar, est super efficace. Je ne suis pas la première à le dire. On a vraiment envie de tourner les pages.

Pour ne pas tomber dans des redites, voici ce qui m’a le plus frappée.

Ton imagination débordante, ta connaissance des techniques actuelles et de leurs possibilités infinies. Qu’il s’agisse de l’informatique et des possibilités de la canaliser vers le bien de l’humanité, ou au contraire vers sa perte.

Tu en connais aussi un bout sur les drones. Et pas mal sur les potentialités sombres de l’être humain.

J’aime beaucoup la chute des lettres anonymes : « Prenez votre mal en patience, comme le Christ sur la croa, croa, croa. Le chantage insidieux de ces lettres m’a rappelé une expérience vécue il y a de nombreuses années. As-tu reçu, toi aussi, ce genre de missives ? Apparemment, rien de plus inoffensif que cette chaîne de prières qu’on te demande de prolonger, en l’envoyant à ton tour à SEPT autres personnes (si mes souvenirs sont bons).

Toutefois, si tu faillis à cette tâche qu’on enjoint de remplir, il t’arrivera malheur. Subtile menace de nature à faire trembler tous les superstitieux et superstitieuses.

Moi-même, avant de mettre la lettre au panier, j’ai eu une hésitation. Et dans ton polar, l’enjeu est bien plus crucial encore, puisqu’il s’agit de garder secrètes tes propres fautes, en traquant une autre personne fautive. Et une fois que tu as mis ton doigt dans l’engrenage, on t’offre une récompense terrible : la possibilité d’entrer dans cette mafia, par la voie du donnant-donnant.

Quant à préserver la vie des personnes fortement déficientes, chacun se fera sa religion, c’est le cas de le dire. « L’enfant de Dieu » favori du professeur Strassen, vaut son pesant d’épouvante.

Il me semble pourtant que l’organisation pratique des menées de ce génie du mal est un peu escamotée. Le cerveau extraordinaire qui régit tout, a besoin de toute une cohorte de gens solides, ayant bon pied, bon œil et pas les mains en poche, pour corrompre et manipuler. Mais, me diras-tu peut-être, à ce compte-là, j’étais reparti pour 450 pages !