Alain Magerotte

J'ai lu.... "Tout commence par il était une fois" de
Elisabeth Mercatoris

par Alain Magerotte



C’est tout de même curieux ce qu’on peut parfois se mettre dans la tête. Dans ce conte d’Elisabeth Mercatoris; une maman emmène ses deux fils, Eudor et Youri, dans la forêt magique… et, allez savoir pourquoi, je pense aux frères Bogdanoff ! Est-ce à cause des prénoms des deux gamins ? Non pourtant, car les célèbres frères de la petite lucarne se prénomment Igor et Grichka. Soit.

Donc la maman raconte à ses deux fistons les aventures de Pénélope et de Manfred (un dragon) dans une incroyable forêt magique :

«Pénélope vit avec sa mère dans une maison sale. Son père est une Rockstar, il est parti en tournée depuis longtemps. La maman de Pénélope est prise pour une bête sauvage et capturée par le Comte qui l’enferme dans un cachot. Pénélope se retrouve seule. Elle a peur. Elle rencontre Manfred, un dragon. Pénélope a faim. Manfred fait rire un arbre à cookies pour qu’ils puissent tous les deux manger. Pénélope doit retourner dans le monde des humains pour retrouver ses parents et aussi parce qu’elle n’est pas originaire de la forêt magique. Sa place est parmi les humains !»

Et le lendemain, la maman bouscule le quotidien et franchit les remparts rassurants du monde réel en ne conduisant pas Eudor et Youri à l’école mais en les emmenant dans la forêt magique.

A partir de cet instant, l’imagination, ô combien fertile, de l’auteure se met en branle. Il faut, je le conçois, à la fois une fameuse dose d’imagination et un énorme don de persuasion pour faire admettre tout naturellement aux lecteurs que des animaux parlent ou que des objets inanimés bougent.

Bon, classique dans les contes, me direz-vous. OK, mais il y a des petits plus, ou si vous préférez «des trouvailles», Parmi celles-ci, il y en a une que je trouve particulièrement amusante. Il est question d’une vieille demoiselle aigrie. Il y a de quoi, jugez plutôt :

«Il y a quelques temps, j’ai gagné la super cagnotte du loto ! Un montant colossal !... Je ne sais plus où j’ai rangé mon billet ! A force de le chercher et de ne pas le trouver, j’ai commencé à râler. J’ai arrêté de donner des cours pour pouvoir me consacrer entièrement à ma recherche et finalement, je suis devenue aigrie !...»

Et devinez où était caché ce foutu billet ? Derrière le tableau noir :

«… Dans sa fougue, le tableau s’emporte, il se bombe, il s’écarte du mur, une feuille, ou plutôt, le bulletin de loto chute sur le sol… »

Plutôt rare de trouver un billet de loto dans un conte, non ?... Encore plus rare que de le retrouver derrière un tableau… C’est ce qu’on appelle un conte moderne ! (CQFD).

Elisabeth Mercatoris possède indéniablement une âme de poète et un cœur d’enfant et cela, dans le sens le plus noble du terme.

«Tout commence par il était une fois» fera le bonheur des grands et des petits (de 7 à 77 ans)… et à propos de petit, notre Bob national (petit par la taille mais grand par le talent, ouf…) a une longueur d’avance puisqu’il commence toujours ses contes bizarres par «il était une fois".