Josy Malet-Praud

J'ai lu.... "Taches d'encre"
de Martine Dillies-Snaet

par Josy Malet-Praud

Poésie ?… Aie !

En quatrième de couverture, j’ai pensé que l’auteur s’adressait à moi : « …Pour une fois que vous prenez un livre de poésie en main… ». Oui, je me suis reconnue. C’est vrai, je n’ai pas fait de grands efforts jusqu’ici pour tenter d’amadouer cette forme d’écriture, si particulière, et j’ai rarement porté mes choix de lecture sur un livre de poésie. Des fragments d’Aragon, de Neruda, de Prévert, bien sûr, mais seulement des fragments …Personne n’est parfait.

C’est donc timidement que j’ai poussé la porte de «Taches d’Encre », craignant d’aller mettre les pieds dans un plat dont je serai bien incapable de reconnaître les ingrédients et d’apprécier les saveurs.

J’ai bien fait de franchir le seuil de la maison : le menu du jour est à base d’amour, d’Amour, d’amours et d’Amours. Passionnel, charnel, tendre, fraternel, maternel, éternel, éphémère, Universel, il n’y a que l’embarras du choix ! Que de l’amour, avec ses cortèges d’émotions, ses guirlandes de bonheur-douleur, et ses parfums épicés de sensualité.

Chacun trouve obligatoirement dans ce petit livre, le (ou les) texte que l’auteur semble n’avoir imaginé « que pour lui, le lecteur », un peu comme une offrande personnalisée. Un texte qui touchera sa cible. J’ai reçu quant à moi -au moins- deux flèches en plein cœur : « Lettre à mon fils », « Tenue de lumière »...

A ma grande surprise, j’ai lu Taches d’Encre de bout en bout, en oubliant que je tournais les pages, sans jamais penser qu’il s’agissait de « Poésie ?…Aie ! », et souvent, je l’avoue, la gorge nouée et le regard voilé. Une promenade inhabituelle, initiatique… dans un univers intime et chaleureux, où les mots sont sentiments et inversement.

Extrait : « Lettre à mon fils »

« …Si je n’arrive pas au bout du chemin, si je ne lis pas la dernière page de mon livre et si je n’use pas le diamant de ma vie, je voudrais que quand même, mon amour, tu trouves toujours une maison à tes larmes et un sourire répondant à ton sourire. Je voudrais, petit d’homme, que ton cœur ne se ferme jamais et que tes mains d’enfants, tes mains, mon petit gamin, fussent ouvertes toute ta vie… ».