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J'ai lu.... "Suicide dans l'après-midi"
d' Anne renault

Carine-Laure Desguin



Intriguée. J’étais intriguée en lisant ce titre, suicide dans l’après-midi. Et puis cette photo de couverture : un homme appuyé conte une une robuste colonne de pierre, un gsm collé à l’oreille. Devant lui, au loin, la mer du Nord. Que j’aime tant.

Plus je lisais ce livre et plus j’étais intriguée, emmêlée dans une spirale. Je voulais savoir ce qu’il arriverait à celui-ci, à celui-là…Puisqu’à chaque ligne, on perçoit, par dose homéopathique, un mystère, quelque chose de contradictoire qui doit survenir ; ça se renifle.

Le livre, une petite dizaine de nouvelles. Des hommes et des femmes ancrés dans la platitude de la vie et puis clac, la bascule…

Pierre, instituteur d’un village situé en bord de mer. Pierre, son travail, son épouse. Une vie paisible, sans heurt…Sans heurt ? Une rumeur, celle d’un accident à la centrale toute proche ; il n’en fallait pas plus à Pierre pour…

P 17: Avec la violence d’un coup, j’ai revu la plage froide, les rouleaux, une femme blonde qui n’était pas Juliette. On ne ferait pas de moi un citoyen modèle. Personne ne m’arracherait à mes rêves.

P 55 : Mon père est un homme gai.
Une fille et son père, veuf, partagent le même appartement. Dans ce texte, tout l’amour d’une femme pour son père. Un quotidien partagé, une connivence dans les gestes et les mots. Et puis voilà que toutes ces sentiments bien rangés, bien en place, se désharmonisent.

P69 : Je ne devine pas encore ce qui va se passer, mais je sens qu’il apris une décision, et que tout va changer.

Le suicide de Joseph Van Aragon, un photographe. L’après-midi, il vait photographié une jeune fille. Le soir, il se tire une balle.

Cette histoire s’enchevêtre dans celle de Hans, un garçon différent des autres. Nerveux, difficile, rusé. Il jette des pierres sur les canards. Mais si attentif pourtant, quand il protège la petite chatte.
P92 : Mais un calme inconnu, peut-être une douceur, l’a envahi, l’a reposé un instant de sa rébellion quotidienne. La chatte est devenue une pause tendre dans son existence de petit soldat. Plus tard, Hans devient croupier, au casino d’Ostende.

P116 : Un mouvement s’ébauchait, et je m’arrêtai. Une forme tournait très lentement sous mes yeux. C’était un corps, un corps de femme, et il était nu.

Un meurtre…Une vengeance ?
P 160 : Elle avait saisi le cendrier de cristal…

Histoire d’un homme.
P 183 : Quelque chose, mais il ne savait pas quoi, lui jouait un mauvais tour…

L’écriture de cet auteur, une plage à marée basse, le bruit uniforme des vagues qui viennent mourir doucement, entre méduses et coquillages. Et puis soudain, la marée survient, presqu’en avance, comme si nous l’avions oubliée, comme si nous avions pensé que tout resterait comme ça, lent et sans heurt.

Des personnages surprenants, je dirais même, qui se surprennent eux-mêmes…

Des descriptions de paysages qui donnent envie de se déplacer. Allons voir si cette lumière est bien celle-là … L’atmosphère de ces villes flamandes ;j’avais en lisant ce livre l’impression de ressentir tout au fond de moi les odeurs des rues d’Ostende, les ombres des maisons. Puisqu’après tout, je connais si bien cette région et depuis si longtemps… Une étoile en plus pour l’histoire de Hans et celle de sa sœur, qui interfère dans…mais là, suspense !