Josy Malet-Praud

J'ai lu.... "Nymphe-X"
de Noann Lyne

par Josy Malet-Praud



Comme nous le faisons tous, ou presque, j’ai d’abord consulté la quatrième de couverture avant de me lancer dans la lecture de ce roman.

Une scène à connotation sexuelle qui, comme on dit, « ne fait pas dans la dentelle »… J’ai fait confiance à l’auteur(e), persuadée qu’il y avait autre chose dans les pages de son ouvrage. Je ne l’ai pas regretté.

Nymphe-x tient ses promesses : je m’attendais à rencontrer des personnages denses et heureusement complexes, c'est-à-dire fleurant bon l’authenticité ; une histoire de vie peu banale, une intrigue, des indices,… au fil d’une écriture rythmée et bien adaptée aux circonstances… Tout y est.

Noann Lyne nous entraîne ici dans des engrenages qui pour être dramatiques et parfois glauques, n’en sont pas moins traités sur un fond où l’espérance prévaut. Pas de patho, pas de larmoiements. Le personnage central, fragile et naïf comme on peut l’être parfois au seuil de l’âge adulte, et conduit malgré lui à développer des ressources inespérées pour « s’en sortir », est très rapidement très attachant.

J’ai apprécié aussi l’écriture limpide, dense et juste de l’auteur, qui pourrait parfois paraître trop insistante, mais la forme du récit et l’angoisse légitime du personnage central justifient ces quelques retours d’états d’âme.

Un petit extrait pour ceux qui aiment, comme l’auteur, « l’esthétisme de l’écriture » :

(Il s’agit ici d’une pendule) –

« Ce bruit détestable, ce mouvement pendulaire mal huilé, ce mécanisme d’horlogerie d’un temps oublié qui racle la seconde avec un petit crissement répétitif… Par-dessus le marché, il y eut les coups de huit heures.
Le jacquemart se souvint qu’il devait faire son apparition et frapper la clochette huit fois. Je lui avais réglé son compte en l’enrubannant de scotch épais ;
son vacarme me donnait sur les nerfs, de façon insupportable. Le bruit de clochette avait disparu, mais il restait le tintamarre d’un mécanisme têtu qui donnait dans l’excès de zèle pour finir carrière en apothéose.
Je pris ma pantoufle et donnai un grand coup de semonce sur cet instrument archaïque. Il fit encore trois fois cui-cui puis se tut. »…