Alain Magerotte

J'ai lu.... "La nuit des chiens"
de

par Raymonde Malengreau



FLASH-BACK. Edition 2008 du Joli Mai aux Halles de Schaerbeek. Ce salon du livre indépendant, ou de l’édition indépendante, se déroule dans des Halles qui ressemblent à une salle des pas perdus d’un Hall de gare.

Ce jour-là, peu de pas s’y perdent car, en ville, une manif, pour revendiquer «je ne sais plus quoi», monopolise l’attention et l’énergie du citoyen. Une manif qui fait de l’ombre au Joli Mai dont ce sera d’ailleurs la dernière édition.

C’est donc dans une ambiance intimiste ou, si vous préférez, devant une assemblée clairsemée que Raymonde Malengreau, votre serviteur et bien d’autres excités de la plume, présentent, sous l’œil paternaliste du boss de CDL, leur dernier né respectif.

Si certains souffrent d’un délit de sale gueule (je ne vise évidemment aucun participant du Joli Mai), Raymonde Malengreau jouit du crédit de bonne bouille. Attention cependant, car ce côté «charmante mamy» ne présente pas que des avantages. Il peut insidieusement créer un esprit de sale con (Hep ! Trop tard, je l’ai dis le premier !...) du style : Ouais, bon, sympa la dadame, mais elle doit sûrement nous conter des bleuettes, des trucs gentils à la limite moralisateurs !...

Ça y est, la Comtesse de Ségur est de retour ! ‘Tention quand même ! Respect !... J’aimais beaucoup (mes premières lectures)… mais il y a longtemps, n’en parlons plus, je vous éviterai un remake des mémoires d’un âne !

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TODAY. La semaine dernière, je me décide à lire un bouquin cédélien. Lequel choisir ? Le choix est vaste si on se donne la peine de consulter le «Who is Who ?» de l’Actu. Pendant que les noms et les titres défilent, je me dis : « Tant qu’à faire, choisissons un auteur sans note de lecture. Si cela est, je réparerai peut-être une injustice… » (C’est mon côté Zorro que je tiens de papa).

Je tombe ainsi (sans me faire trop mal, rassurez-vous…) sur Raymonde Malengreau. Why ? Me dis-je et là, mon a priori de sale con reprend le dessus pour se lancer dans une supputation honteuse, inavouable… que je vous livre tout de go : Raymonde ?... N’est-ce pas le féminin de Raymond ?... Un prénom synonyme de second rang ou de second couteau ?... Pas vrai, Poupou ?... Pour celles et ceux qui débarquent de la planète Mars, Poupou est le surnom de Poulidor, l’éternel second…

Tiré par les cheveux ? Pas un peu, mon neveu. Mais, cet aveu tient lieu d’exorcisme ! Me voici donc libéré et aussitôt interpellé par « La nuit des chiens ». Je ne vous dis pas l’excitation s’il s’était agit de « La nuit des chiennes » !... Quoi que… on peut être déçu et je sais de quoi je parle.

FLASH-BACK. Mon premier film X… « L’arrière-train sifflera trois fois »… franchement pas terrible, un fesse terne ! TODAY. Passé ce rapide préambule, revenons-en à nos moutons ou plutôt à nos chiens.

« La nuit des chiens » est un recueil comportant 11 nouvelles. Je pensais le lire au rythme de deux, voire trois nouvelles par jour… je me suis fait piégé ! Je me suis tout mangé d’une traite sans indigestion à la clé. Et là… wapbabeloula belambemboom ! Ça décoiffe ! Ajoutez un point colle à vos moumoutes ! Quel rythme ! Tout y est, l’intrigue accrocheuse, le style nerveux, la chute qui tue !

Hé comment qu’on va passer tout ça en revue :

La nuit des chiens : Stan, un lourdaud (sorte de gros Mimile), est désigné pour garder un hangar où se trouve entreposé un matériel de forage. Pour l’aider dans sa tâche, il se voit adjoindre un drôle de clébard…

Le presse-papier : André a planqué un bout de papier journal sous un presse-papier et ne parvient pas à remettre la main dessus; s’ensuit alors une angoissante recherche…

Tête vide : Depuis son accident, Irène est inquiète. Les oublis se multiplient et s’aggravent. Pourtant, le médecin lui avait prédit qu’au bout de 6 mois, tout s’arrangerait. Par contre, elle est pénétrée d’un don de voyance…

La cerbère : Une famille emménage et bénéficie du dévouement inconditionnel de Madame Yvonne, la concierge, flanquée de son fils, un enfant arrivé sur le tard et non désiré… voilà pourquoi on lui a infligé le prénom « Adolphe »…

Voies parallèles : Sur le quai de la gare, Aglaé attend Pierre… sur le quai de la gare, Sonia attend Yves… Pierre-Yves jette un coup d’œil à sa montre…

Chez Madame Marlière : Une petite fille (c’est toi, Raymonde ?) raconte. Son récit commencé en septembre 1939… les années s’annoncent sombres… septembre 1940… 10 mai 1940… 16 mai 1940… son père part à la guerre…

Les portes : Descriptions poétiques. Après « Les fenêtres » de Brel, voici « Les portes » de Malengreau.

Tourisme culturel : Après un éprouvant divorce, un quidam décide de fêter son indépendance retrouvée en voyageant seul comme un grand. Il consulte des brochures. Où aller ? Il finit par se décider. Il fait la connaissance de Georgina, un guide…

A corps perdu : Les états d’âme d’une jolie frimousse de papier mâché. Un régal ! Ma préférée !

Le quatuor : Lolotte, Michou, Josh et Gaston : rendez-vous dans 20 ans ! On divise par 2 et je pense à une chanson de Bruel ! Et Patriiiiiiiiiiiick m’agace ! J’aime moins. Ce n’est pas ta faute, Raymonde… si, un peu quand même…

Alien : Les facéties d’un lierre variegata… Christie ? (Bof, c’est nul, je parle de la feinte, bien entendu !)

A l’instar des jolies filles, voilà donc 11 nouvelles qui ont du chien. Dès lors, je me permets, Raymonde Malengreau, de vous offrir ce maillot jaune qui vous sied à ravir.

Avant de conclure, je signale que Raymonde peint aussi. Des aquarelles. Certaines d’entre elles illustrent ses livres (couverture comprise).

Enfin, je sais qu’elle possède un groupe de lecteurs fidèles… désormais, elle en compte un de plus…