Kate Milie

J'ai lu.... "Nouvelles à fleur de peau"
de Micheline Boland

par Kate Milie



Je suis entrée dans l’univers bolandier à pas de loup… En me disant : « Moi, elle ne m’aura pas ».

Cathy Bonté, dans sa note de lecture, avait écrit « Ah Elle m’a bien eue la petite dame ». Celle que l’on surnomme « la petite dame à la sacoche » a une fameuse connaissance de l’âme humaine, elle a été psy. Et elle ne fait qu’écrire, écrire, écrire.

Son sujet de prédilection ? L’âme humaine bien évidemment. Dans son monde, rien n’est « blanc » ou « noir ». Dans son monde, le « bien » et le « mal » ne sont que les deux facettes de cette grosse farce qu’est la vie. Ses personnages ? Des Monsieur et Madame tout-le-monde plongés dans la banalité du quotidien. Leurs vies sont tranquilles, leurs rêves sages, leurs aspirations parfois un peu désuètes. Mais un jour, un grain de sable surgit et…

Elle m’a eue. J’ai dévoré ses 21 nouvelles en sursautant et me questionnant, là où elle le voulait.

J’ai commencé par « Statue » : Un jeune couple achète une vieille maison à retaper. La statue d’un beau jeune homme trône dans le jardin. Que c’est romantique ! Romantique ? Méfiez-vous des statues chez Boland.

J’ai enchaîné avec « La porte » : De paisibles vacances aux Baléares. Delphine découvre une vieille demeure abandonnée, coup de cœur, elle ne peut s’empêcher de la visiter… Un cri jaillit : « Tus manos, tus manos », « Ha muerto ». Mais il n’y pas personne dans cette maison ! Si, une poupée cassée et un nounours sans mains dont on a cousu à gros points ce qui restait de bras…

J’ai poursuivi avec « Rencontre de vacances » : Ah Internet ! Ah les relations virtuelles ! Mais rien de tel qu’une rencontre en vrai, n’est-ce pas ? « Je prends la photo de Marie dans mon portefeuille, cette photo que j’ai imprimée hier soir après avoir fermé ma valise ». Quoi, la narratrice part carrément en vacances chez sa correspondante ? Pas très prudent. Quelques pages plus loin : « J’ai peur », « Je découvre que je ne connais rien de cette femme »...

« Une saison en enfer » : Un après-midi pluvieux, une bibliothèque, la découverte d’un tout vieux livre de Rimbaud illustré par un dessin de Verlaine. La lectrice laisse choir le livre dans le sceau d’eau de la femme de ménage ! Consternation. « Je le remplacerai, n’ayez crainte ! ». Vite, la bouquinerie de la ville : Ouf, « Il » est là ! Un petit café s’impose. « Lorsque je veux payer la note, je m’aperçois que le livre a disparu ». Au voleur ! Pauvre lectrice, nous ne sommes qu’à la moitié de la nouvelle.

« Canicule ». Un dimanche d’été. La veille, « Ils » ont fêté leurs vingt ans de mariage. C’est le bazar dans la cuisine, il fait si chaud, il faut ranger, tiens, un reste de gin fizz… Et hop, des glaçons, délicieux ! Marrant cet apéro improvisé. Un apéro à la place du p’tit-déj ? Oui et alors ? Cette cuisine est sale. Quelle chaleur ! On étouffe. On étouffe. On étouffe. « Il » : « Tu bois de l’alcool à cette heure ? », « Mais tu pues l’alcool… » (…) Sur la table traîne un couteau. La narratrice le saisit. Pour le ranger ?