Jean Hamel

J'ai lu.... "Les moineaux d'Argelès"
de Jean Hamel

par Thierry-Marie Delaunois



Premier roman joliment construit, vaste fresque du coeur et de l'âme, "Les moineaux d'Argelès" allie narration, poésie et quasi théâtre, offrant un singulier mélange au lecteur parfois un peu dérouté en raison des litanies de noms et d'adjectifs mais on suit malgré tout avec plaisir les personnages, les méandres de leurs pensées, avec une mention spéciale pour Ameline qui, à l'état de foetus, s'en donne déjà à coeur joie. Félicitations de ce côté-là!

Touchante, émouvante bien souvent, l'histoire fait parfois songer à "une barque sur l'océan, soumise aux caprices des vagues et de la météo". Ecrire au présent: un réel défi! Car éviter les longueurs et les lourdeurs n'est pas simple dans ce cas. Ici, le résultat n'est pas mauvais et le seul bémol à relever réside dans la mise en page: trop d'espacements coupent l'élan, l'entrain, mais heureusement l'on s'y retrouve.

Et le texte est bourré de jolies phrases telle "l'alouette qui grisolle, un pinson qui ramage, une mésange qui zinzinule" que j'ai aimées bien que je ne sois pas véritablement entré dans le récit. Là où JH écrit: "Il est presque 18h quand Martin quitte ses enfants", moi j'écrirais: "18h: Martin quitta ses enfants". Mais chacun son style et j'avoue être influencé par les Schmitt, Lévy et Musso que j'ai lus.

En conclusion, Les moineaux d'Argelès sont tout de même une agréable balade pastorale au coeur de l'être, d'êtres complexes par leurs élans, leurs sentiments, leurs états d'âme. Comprendre l'autre, quelle aventure, telle l'Odyssée. En fait, nous sommes tous des Ulysse en croisade, fourbissant nos armes contre les pièges de l'existence, levant nos boucliers face aux sirènes de la tentation, de la facilité, déjouant les complots destinés à nous enlever un être cher. Florence, Pénélope. La littérature, l'Histoire, regorgent de cas, depuis la nuit des temps. Bravo!