Florian Houdart
J'ai lu.... "La jongleuse et les bouches à masques"
Sélène Wolfgang
par Florian Houdart

Je lis beaucoup d’auteurs publiés chez Chloé des Lys. Pourtant, il m’est souvent difficile de leur laisser mes impressions de lecture. D’autres en effet me précèdent et livrent leur retour avec plus d’éloquence que je ne l’aurais fait si bien que je n’ai plus rien à ajouter.

Avec ce premier recueil de Sélène Wolfgang, en revanche, je me sens bien plus en verbe. Même s’il m’aura fallu peu de temps pour lire les poèmes, j’ai été happé cette fois-ci dans un univers tellement singulier et bien construit qu’une fois au dehors, ce n’était plus des gouttes d’eau qui tombaient du ciel mais des mots.

Murmures. Ailleurs. Symboles. Elégance. Mystères. Féminité. Etres. Onirisme. Musique. Images. Arrières-mondes. Paysages. Voilà quelques-uns de ces mots qui ont coulé sur ma peau lors de mon habituelle promenade vespérale.

On pense à Baudelaire évidemment. Mais pas que. Si Charles le maudit plane sur ces poèmes c’est surtout parce qu’ils sont, comme les siens, emballés dans une forme agréable et riches de sonorités et d’images sorties d’un imaginaire sans autocensure. Bref, les mots de Sélène ont cette qualité délaissée par tant de poètes contemporains avides d’expérimentations : ils sont poétiques, peu importe les critères sur lesquels on se base pour en juger.
Cependant, l’univers de Sélène lui est propre. La plume y est indiscutablement féminine et, au fil des lignes, on y croise davantage la sirène que la succube. Un monde qui se déroule d’ailleurs sous la surface de la réalité triste et plate et qui repousse la limite entre la terre et les eaux.

Que ce soit pour les brefs murmures ou pour les poèmes plus classiques, je suis en tout cas satisfait de mon voyage et j’attends le deuxième recueil avec impatience. Alors que je glissais sous les vagues, une sirène m’a en effet murmuré à l’oreille que ce serait pour bientôt…