Martine Dillies-Snaet

J'ai lu.... "La gloire amoureuse"
de Daniel Plasschaert

par Martine Dillies-Snaet


Voilà un auteur qui devait être mon compagnon au salon du livre de Tournai. Seulement à défaut de pouvoir lui serrer la main – M. Plasschaert était absent--, j'ai emmené son bouquin.

Et maintenant que je l'ai lu, je me demande par quel mot commencer, par quel bout prendre ce diable de livre, car ici, il s'agit d'un livre. D'un-li-vre! Et sûrement pas d'un bouquin et encore moins d'un bout de papier! Mais un livre! Un vrai! Un de ces livres intemporels que, dans cent ans, on trouvera encore chez un bouquiniste.

Dans quelle cathédrale suis-je donc entrée ! Parce que c'est bien dans une cathédrale que j'ai mis les pieds seulement je ne sais dire si elle est gothique ou romane. D'ailleurs existe-t-il des cathédrales de style roman ? Il faudra que je me renseigne.

J'imagine les mots de l'auteur écrits à l'encre noire sur les voûtes et les murs sombres. Les chandelles tremblantes éclairant le tout. Et quels mots! Je ne sais quel maître surpasse ce diable d'homme que doit être Daniel Plasschaert?

Livre de poésie dont je n'ai pas tout compris car il m'aurait fallu pour cela des mois entiers. Chaque page entraîne le lecteur vers la femme ou vers la vie. Chaque ligne est un cri, une absence, une mort, une recherche, un souvenir. Seules les pierres peuvent être le support d'une telle puissance!

Je ne connais pas l'auteur, mais je ne peux qu'imaginer un Daniel Plasschaert rude, assis sur un banc de bois tel qu'on les trouve encore, parfois, dans nos campagnes arriérées, avec à la main une coupe d'argent dans laquelle brille un vin couleur grenat. Isolé, rustre avec au fond des yeux cet amusement que seule une intelligence vive peut donner. Tout est à l'état brut, de cet état dont le sublime se transcende en mots encrés.

Il faudrait une révolution dans notre enseignement de la poésie pour que ce livre devienne un produit commercial et je veux bien qu'on me pende si un jour, il se tire à des centaines de milliers d'exemplaires! Mais, en attendant, ces lettres de feu m'ont brûlée.

Peut-être qu'une prochaine fois, j'aurai le plaisir de lui serrer la main. Et c'est avec humilité que je le ferai.