Christian Van Moer

J'ai lu.... "El Chacal del Priorat"
la version espagnole du "Secret des Amandiers"
de Chantal Adam

par Christian Van Moer


« Une histoire policière compliquée… », « des scènes croustillantes d’un érotisme parfois torride… », « elle décrit de façon magistrale… », « style brillant… »

Lorsque j’ai lu le commentaire de Bob sur Le Secret des Amandiers de Chantal Adam, je me suis demandé comment faire abstraction de ces jugements – dont je subodorais la pertinence – et lire l’ouvrage avec un regard vierge… ok, ok, Bobke, disons… dépollué.

Et j’ai trouvé : il me fallait lire le roman de Chantal dans sa traduction espagnole ! J’ai donc débouché une bouteille de jumilla ( je n’ai malheureusement pas de priorato dans ma cave ) pour remettre mon esprit critique dans le droit chemin.

Je n’ai pas été déçu. J’ai immédiatement été replongé dans cette région catalane que j’ai traversée des dizaines de fois, sans m’y attarder suffisamment longtemps, hélas ! mon point de chute habituel à moi étant la torride Murcia. María Ángeles Vilasau Pena, la traductrice, a réellement fait revivre pour moi les ruelles de Reus, les dunes du delta de l’Ebre et autres sites enchanteurs ou singuliers. Je n’ai pas dû recourir au dictionnaire trop souvent, ce qui fait que j’ai quasiment perdu de vue que le texte original était en français.

El Chacal del Priorat

Le Priorat est une région vinicole qui produit l’excellent priorato. Le chacal est un monstrueux tueur en série qui piège les homosexuels et les exécute sadiquement avant de les éviscérer. Le chacal qui donne son nom au tueur est Anubis, le dieu des morts égyptien, car le rituel morbide auquel se livre le psychopathe semble bien être emprunté aux rites funéraires antiques liés à la pratique de la momification. Et comme il se doit, la police mène l’enquête… Je n’en dirai pas plus à ce propos.

… Revenons à l’auteur.

Chantal nous offre donc un nouveau polar.

Contrairement à Bob, je n’ai pas trouvé l’intrigue trop touffue. Bien sûr, il y a des pistes susceptibles de nous égarer, mais n’est-ce pas le propre du serial killer de compliquer la tâche des enquêteurs ? Et Chantal maîtrise l’art de construire une intrigue et de maintenir son lecteur en haleine jusqu’au terme du récit. Comme dans tous les bons romans policiers, il faut attendre la fin pour connaître le véritable coupable et l’explication de sa démence.

La grande qualité de Chantal – là, je suis entièrement d’accord avec Bob – c’est son art de la description. Par là elle démontre qu’elle possède un véritable talent d’écrivain. Je l’avais déjà dit à propos de L’Aquarelle Bleue, je le redis ici. Personnellement cependant, j'aurais écourté les paragraphes qui présentent la victime anglaise.

Je termine en disant que la lecture des scènes « d’un érotisme torride » – lues en espagnol, je le rappelle – ne m’ont pas précipité au confessionnal du curé de Martine. Si je ne m’abuse, les scènes chaudes font d’ailleurs désormais partie des ingrédients naturels du roman policier.

… Bref, nouveau bravo à Chantal et à Chloé des Lys ! Et merci de m’avoir offert cette agréable lecture dans la langue de Lorca.