C-L Desguin

J'ai lu.... "Dgidgi"
de Jean-Marc Brogniez

par Carine-Laure Desguin



Vous souvenez-vous du roman de François Weyergans trois jours chez ma mère....? Voilà un auteur qui nous raconte un aparté entre deux générations, avais-je pensé de ce Goncourt 2005...Non non et non , erreur, erreur !

C'est dans ce même état d'esprit - à tort une idée préconçue - que je m'aventure dans l'univers de Jean-Marc Brogniez...

" Dgidgi " ! C'est qu'il a le chic pour extraire les titres de la matière, ce pirate des mers chaudes et incertaines ! Dans sa bibliographie, je lis Punky bluesy boy, Blues rock, Kimapanci ...

" Dgidgi" , c'est cent soixante-trois pages de papier recyclé, une mise en page parfaite, un texte aéré... Pensez-vous que Dgidgi soit une femme ? Oui, c'est une femme ...

Pensez-vous que l'auteur nous bassine de son amour pour cette femme rencontrée sur un site virtuel ? Non non non ! Il y a la télé-reality et désormais grâce à Jean-Marc Brogniez, le mouvement littérature-reality est actionné !

Ce livre, c'est un road-moovie sentimental...L'auteur nous raconte dans un style bien rythmé les enchaînements , les déchaînements de ses rencontres sentimentales ...

Casanova dès l'adolescence, son tempérament d'homme sensible l'entraîne dans une quête de la femme, - du visage source -, celle qui comblera un manque d'affection, une cassure, un vide laissé par une maman trop tôt disparue.

Ce doit être lassant me demanderez-vous ? Non, car ce pirate des coeurs cadence ses aventures à la façon d'un musicien ( qu'il est aussi ), d'un chanteur ( qu'il est aussi ) et le texte est donc parsemé de références musicales qui accrocheront ceux qui comme moi approchent doucement le cap de la cinquantaine ...

J'ai toujours besoin de donner et de recevoir beaucoup d'affection nous répète-t-il, telle une vague qui vient inlassablement se cogner aux récifs des falaises ... Et donc, cette affection, il la recherche ...

Elle s'appelle Joëlle .Elle s'appelle Ingrid. Elle s'appelle Celine. Elle s'appelle Catherine. Elle s'appelle Sandrine. Elle s'appelle Manuella. Elle s'appelle Carole. Elle s'appelle Christelle ...

L'auteur nous livre ici une psychanalyse aussi abyssale que sa quête vers l'amour infini est longue et rocailleuse ...

A marée basse, il lui reste la rencontre avec Dgidgi, l'espérance de la découverte du visage source, celle pour qui il dénude son coeur jusqu'à lui révéler son parcours difficile de justicier, celle pour qui il fixe à travers le microscope de son âme tout ce qu'il a acté dans cette vie mouillée d'alcool, déracinée et écorchée, rouge d'amour et bleue de mots.

Les renards de la forêt ne dorment pas.

Sur son blog, http://punkyreggaeparty.skynetblogs.be/ , l 'auteur dépose des poésies, des photos, des phrases insolites.

Jean-Marc brogniez posséde une larme de Bertrand Cantat. Juste une larme. C'est très bien ainsi. Go !

DGIDGI de Jean-Marc Brogniez Editions Chloé des Lys, 2008 ISBN 978-2-87459-315-4