Bob Boutique

J'ai lu.... "Dgidgi"
de Jean-Marc Brogniez

par Bob Boutique



Non, ce n’est pas un roman. Mais une lettre de 163 pages avec laquelle Jean Marc Brogniez tente de convaincre une jeune femme du nom de Dgidgi, rencontrée sur le net, de se laisser aimer et de l’aimer en retour. Point. On n’en saura pas plus.

Une lettre ‘ rédigée dans l’ urgence ‘, à l’emporte pièce , sans chercher à faire du style ni à peaufiner ses phrases. De l’écriture automatique en quelque sorte, dont le seul fil conducteur est la vie de l’auteur. Car il a décidé de se mettre à nu devant sa belle et de lui révéler tous ses amours d’antan, avant de décider que désormais, c’est fini-ni-ni, elle sera le seul et dernier amour de sa vie. Si le truc marche bien sur.

Comme cette confession se résume à une très longue succession de conquêtes féminines, on peut se demander si c’est vraiment la meilleure solution ? Car ce ne sont pas dix, ni vingt, mais plusieurs dizaines de Nathalie, Valerie et autre Sophie que notre brave homme raconte en expliquant cyniquement mais avec beaucoup de pudeur comment il les a séduites, puis perdues ou quittées… plus occupé à ‘ phantasmer qu’il aimait, qu’à aimer vraiment’

Faut dire qu’être animateur de radio libre, Disk-jockey et chanteur de rock, ça aide, quand on veut emballer une nana. Surtout si en plus on se prend pour Jim Morrison !

Mais qu’en reste t-il aux abords de la quarantaine s’interroge Jean Marc ? Sinon un cœur solitaire, usé par l’alcool et les médicaments prescrits par le psy et une fille presqu’ado, que la mère a emmenée avec ses valises le jour où elle l’a planté là.

Bien fait pour sa pomme, diront les gens rangés. Pierre qui roule n’amasse pas mousse etcétéra. Ce n’est pas mon avis. Chacun vit sa vie comme il peut et rarement comme il veut. Et tout choix est respectable pour autant qu’on accepte d’en supporter les conséquences.

Mais le lecteur, me direz-vous ? Qu’a-t-il à gagner dans cette aventure tout compte fait narcissique ? Très bonne question. Je vous remercie de me l’avoir posée ! Certain(e)s adoreront… d’autres moins… car rien n’est plus banal qu’une histoire d’amour qu’on ne vit pas soi-même.

C’est un ‘traité de délires en zones limites…’ écrit-il quelque part, ‘…je plâne d’origine. J’aime ce qui est beau, intense et… bref.’ Sauf pour cette fois-ci. Craché, juré… avec Dgidgi, ce sera la toute dernière fois.

‘T'en pense quoi, douce Absinthe ? Copains ? Amis ? Voir plus si affinités ? Désormais le voyage avec toi me suffira.’

Bon. Je ne connais pas la jolie demoiselle et j’ignore si elle sera émue par ce livre ( dont soit dit en passant, la mise en page pourrait être améliorée ) ou y répondra par un haussement d’épaule. Après tout, c’est du privé. Seul le livre est public et je ne regrette pas de l’avoir lu.

Mais je m’interroge.