Alain Magerotte
J'ai lu.... "Dégâts collatéraux"
Christine Brunet
par Alain Magerotte

Le Jura est une chaîne de montagnes située au Nord-Ouest des Alpes, en France, Suisse et Allemagne. Lieu de vacances, lieu de villégiature… tout est calme jusqu’au jour où Christine Brunet décide d’y installer la trame de son nouvel opus. Dès lors, adieu tranquillité ! Car, croyez-moi, ça va canarder dans le Jura. Faites confiance à noss’ Christine.

Des attaques de fourgons blindés, des voitures qu’on brûle, des chalets qu’on explose, des morts en cascade; égorgés, violentés (je vous dis pas dans quel état on retrouve le corps d’une certaine Valérie Helman… Si ?… Non !...)

C’est la FSE qui est chargée de l’enquête, une nouvelle police européenne composée de policiers d’élite choisis par les gouvernements adhérents. Le commissaire Schröber, un ancien de la stasi, supervise ce service de choc.

Et qui retrouve-t-on parmi ces super flics ? Je te le donne en mille, Emile ?... Un certain Nils Sheridan, un irlandais, ancien du M16 et Axelle de Montfermy. Cette dernière remplace Aloys Seigner… dans l’enquête et dans le cœur de Nils… enfin, pas tout à fait, Nils est accro à Axelle mais pense encore à Aloys… il existe des similitudes entre les deux femmes :

Caractère bien trempé, goût du risque, efficacité et intelligence dans l’action, sans compter un physique des plus aguichants. Et si par hasard… je n’en dirai pas davantage, comprenez ce que vous voulez.

Axelle est écartée de l’enquête sur l’enquête des fourgons blindés suite à sa conduite lors d’un stage d’intégration plutôt mouvementé. Cependant, elle sera mise incognito sur ladite enquête par son frère (dont je tais volontairement le nom) qui pressent des complicités dans la police et en haut-lieu.

Une certaine Alyssia Zimmerman remplace Axelle aux côtés de Sheridan… que l’on retrouve régulièrement sur le chemin d’Axelle (et vice-versa). Entre Nils et Axelle, c’est «amour fou, haine et trahison»… tiens, on dirait un titre de série américaine…

On fait également connaissance avec le jumeau de Nils que l’on ne surnomme plus «Bob» (cf. «Nid de vipères»). Alors, pourquoi ? Il n’y aurait aucun risque de confusion avec notre «Bob» à nous, puisque, je le rappelle, Sheridan est grand et musclé ! (Sans rancune vieux farfadet, je peux me le permettre, depuis le temps qu’on se connaît…)

Et puis, il y a cette petite touche (légère) de science-fiction qui interpelle la curiosité du lecteur (en plus de l’intrigue). Je ne peux résister à vous en livrer un extrait :

Il soupira, l’observa et se lança
- Bon, je vais te répéter ce qu’on m’a expliqué… Tu sais que l’ADN humain est un double brin et qu’il forme une double hélice…
- Peut-être, et ?
- Attends… l’ADN est composé de séquences spécifiques de nucléo… tides, je crois… qui sont constitués de trois éléments liés entre eux…
- Bon, d’accord… Et alors ?
- Ton ADN est quadruplexe, c’est-à-dire un ADN quatre brins sur une hélice non pas à deux paires mais à six paires… Certaines paires sont totalement complémentaires, d’autres sont composées de brins d’origines différentes mais bizarrement correctement attachées aux autres… Pour faire court, les généticiens s’arrachent les cheveux… - Et pour moi, ça veut dire quoi concrètement ?
- Difficile à dire… Les mutations se poursuivent à cause, en partie, de ce qu’ils appellent un ADN chimère formé de brins encore mobiles…
- Donc, rien n’est stabilisé ?
- Rien, non…
- Mon apparence ?
- Pour l’instant, tu vois pas de souci… En revanche, on décèle une évolution impressionnante de to QI et de tes capacités physiques…


Christine Brunet; une auteure qui prend de la hauteur et pas uniquement parce que l’action de son dernier opus se déroule dans le Jura.

Il y a bien sûr des perdants dans l’histoire (et non des moindres), un dénouement inattendu pour l’héroïne mais prévisible pour… les Editions Chloé des Lys… puisque ce roman est publié aux Editions Pierregord pour la modique somme de 19 €. Une fois (on est belge ou on ne l’est pas) le bouquin terminé, j’ai ressenti un étrange sentiment et m’est alors revenue cette phrase de Voltaire :

« Lorsque je finis un livre, j’ai l’impression de perdre un ami ! » En fait, c’est bien cela que j’ai ressenti à la fin de la lecture de « Dégâts collatéraux ».

A consommer sans modération !