Bob Boutique
J'ai lu.... "Dégâts collatéraux"
Christine Brunet
par Bob Boutique

En fait, c’est la suite de « Nid de vipères » ?
Tout à fait

Même genre ?
Ben oui… castagnes, Beretta, trucidés à larigo…. Un vrai thriller à l’américaine, quoi

Avec les mêmes personnages ?
Oui et non. En tous les cas ce gros connard de Nils Sheridan est toujours là… toujours aussi DSK !

Mais on s’en fout de l’irlandais. Je pensais à Aloys, la superbe Aloys… celle dont tout le monde tombe amoureux fou ?
Je ne sais pas si tu as bien lu le premier bouquin, mais elle est un peu morte à la fin ?

Ouai, même que j’ai trouvé ça dégueulasse…
Donc logiquement, elle ne devrait pas se retrouver dans celui-ci…

Ah mais attention… sans Aloys, moi je ne continue pas la lecture ?
J’ai dit « devrait » !

Donc elle la ‘tit blonde est quand même là, ressuscitée, avec ses douches, ses ‘tites tartines au café et tout ça ?
Non, y’a pas de ‘tit blonde !

Oui mais quoi… elle est là ou elle est pas là ?
T’as qu’à lire…

***

Et l’histoire c’est toudim, je suppose ? Les triades japonaises, Hong-Kong etc…
Non, cette fois ça se passe dans la Jura, des montagnes, des forêts de sapin dans la neige… et y’a pas d’asiatiques.

Avec moins de morts peut-être ?
Ah non, côté cerceuils, la ‘tit Brunet garde le rythme. Ca tombe comme des mouches.

Bref ‘Mission impossible II ou III’ ?
On peut le dire comme ça.

Et ça t’a plu ?
Beaucoup… p’têt même un peu plus ,car le premier faisait quand même 500 pages. Ici elle s’est contentée de 366. J’ai pas qu’ça à faire.

Elle devrait en faire un film, je trouve ?
Tout à fait d’accord, avec une super-gonzesse genre Angelina Jolie…

Non, quelque chose de plus intellect et torturé, avec des petits seins. Aloys a des petits seins… genre… genre… hé ben, je vois pas. Faudrait inventer une nouvelle.
Moi ce que j’aime dans les romans de Brunet, c’est qu’elle se pose pas de question. Elle a une histoire et fonce tête baissée. Gaffe devant ! Peu importe que ce soit crédible ou pas…

Comme dans les films américains. On a deux heures et tout doit entrer dedans. Elle cherche un mec dans Paris… elle le déniche cinq pages plus loin. Elle trouve un ticket de métro et en déduit immédiatement qu’il a appartenu au chef d’un groupe terroriste dont elle découvre la planque trente minutes plus tard sur internet ! Et ainsi de suite. T’as pas intérêt à sauter un chapitre… t’es largué aussi sec.
Ben c’est la loi du genre. Sinon faudrait des bouquins de 700 pages en douze volumes pour faire avancer une enquête.

Autre chose : au ciné, tu vois la tête des mecs et tu reconnais… dans un bouquin, tu lis des noms et comme il y a un fameux sac d’embrouilles avec trente six partenaires tous plus faux et hypocrites les uns que les autres, t’a intérêt à te faire un petit plan. Sans quoi tu risque de perdre le fil…
Mouai…

***

et ça se termine comment ? Bien ?
Boff, dans les polars de Brunet, ça ne se termine jamais et sûrement pas à la satisfaction générale… disons que ça retombe comme un soufflé au four… un répit, avant le livre suivant.

Et le style ?
Pareil à ‘Nid de vipères. Elle écrit comme elle respire, efficace, sans chercher à faire de jolies phrases. Ca dialogue beaucoup… et là, c’est comme au cinoche. Plus vrai que vrai ce qui en fin de compte crée l’ambiance.

C’est vrai qu’on vit l’histoire comme si on était dans la pièce…
Et puis ça rebondit toutes les cinquante pages, comme une balle de tennis. On se dit, bon j’ai pigé… voilà ce qui va se passer et hop la boum ! Tout change.

Hé, t’as vu la couverture du bouquin ?
Ouai, là on peut dire qu’elle s’y connaît, ça déchire… enfin, parait que c’est son mari qui les invente…

Chapeau. Impossible de passer devant sans prendre le livre en main puis le retourner pour lire le résumé. Tiens, écoute…
« deux attaques de fourgons blindés transportant des fonds de la Monnaie de Paris vers l’Italie, plusieurs morts et c’est la toute nouvelle police européenne, la FSE, qui est chargée de l’enquête. »

Une sorte de CIA quoi ?
Tout à fait

Bon alors quoi ? Je l’achète ?
‘C’est vous qui voyez’ comme dirait Laspalès. Moi, j’ai A-DO-RE.