Carine-Laure Desguin
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J'ai lu.... "Beffrois, racines de pierres" |
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Commenter Beffrois, racines de pierres, de Martine Dillies- Snaet, n’est-ce pas, de ma part, un rien prétentieux ? Oserai-je, n’oserai-je pas ?
Ne pas commenter ces 94 pages, des pages grandes d’infini, humaines de sang, des pages sur lesquelles dégoulinent des sueurs, des larmes, des bruits de canon, des assauts de liberté, taire tout cela après l’avoir senti vivre en moi, ce serait petit, tellement petit. Alors, pour me rassurer et me donner une claque, j’ai imaginé l’auteure. Photographiant ces montagnes de pierres que sont ces beffrois, lisant et relisant l’histoire de ces villes courageuses, se fondant dans les labeurs innommables de mille et mille journées de guerre, de béton, de froid, Martine Dillies-Snaet , dans son parcours initiatique, a ressenti tout cela, c’est à n’en pas douter. De chaque beffroi jaillit l’histoire d’une ville, des âmes qui l’entourent et de celles qui l’ont construit. Avec des mots de magie, justes et droits comme un rempart ; des mots suspendus entre la terre et le ciel. Avec aussi, des photos. De Dunkerque à Douai, en passant par Lille, Cambrai, Béthune, Amiens, les griffes de l’auteure ont façonné sur le papier toutes la grandeur de ces édifices, certes, mais elles ont fait saigner de ces vieilles pierres tout le sang que peuvent contenir les gouffres des non-dits et les remparts de l’histoire des hommes. |