Martine Dillies Snaet

J'ai lu.... "Après tout..." de Jacques de Paoli

par Martine Dillies Snaet


Samedi 28 février 2009, il est 7 heures, nous prenons le petit déjeuner:

- Et alors ? questionne mon mari.

- Et alors ? Et alors ? Eh bien, le livre est bien.

Je suis pensive.

- Oui, il est bien!

Dès le début, je me suis dit que j'aurais de la difficulté à écrire quelque chose sur ce bouquin. D'abord parce que dès le début, il y a de l'érotisme! Diable! Quand on connaît l'auteur, comment le soustraire de ces scènes? J'ai eu toutes les difficultés du monde à mettre la tête de Jacques sur le côté... Bah! tant que ce n'est pas sur le billot que je la mettais.

Je ris toute seule.

Bon, si c'est nécessaire, je retournerai dans mon confessionnal(*).

Mais ensuite, et c'est surtout à cause de cela, parce que le livre est un livre de science-fiction. Comment parler d'un livre de science-fiction ? Je devrais peut-être laisser cela à Céline, mais, encore une fois, elle est probablement dans son vaisseau spatial et, si je l'appelle, Bob réclamera le calme. Alors.

Alors laisser décanter.

Plusieurs heures me seront nécessaires et j'ai la nette impression de plonger à nouveau dans l'univers de « Dune », lu il y a bien des années. Asimov arrive aussi.

Toujours ce climat particulier à la science-fiction!

Alors ?

Alors, l'histoire est bonne.

Pour bien des thrillers, je me donne une vingtaine de pages avant de palper le roman. Cela me fut utile, ici aussi. Le nombre important de personnages dont les titres et les noms se ressemblent (typiques à la sc-f.) m'ont fait regretter, à un certain moment, de ne pas les avoir notés par ordre d'apparition mais, finalement, cela ne dérange pas. Jacques décrit.

Le livre est à lire doucement; les dévoreurs de bouquins devront se calmer, car les phrases ne sont pas à avaler, Jacques dit beaucoup. Il ne se contente pas de décrire, mais ses personnages réfléchissent aussi. Le monde économique se mêle aux vérités et aux fantasmes des différents protagonistes. Bien souvent me sont apparues des images du film « Eyes Wide Shut » de Kubrick.

Mais derrière tout cela une histoire.

Elle est bonne et je tourne les pages, les unes après les autres.

Bien sûr, comme d'habitude, à un certain moment, une fois le début bien « mien », je commence à filer à droite, à la fin, à gauche. Mais c'est peine perdue. On ne fait pas « ça » pour un livre de science-fiction. Alors, sagement, je m'en retourne là où j'étais arrivée.

Et je continue. Cette fois, j'irai jusqu'au bout sans relâcher (Mon mari a faim! Tant pis, il y a du pain! Rire) car je suis curieuse de l'évolution du monde décrit, et de ses hommes, et de ses femmes. Et ma curiosité est attisée.

Et puis la fin. Elle m'a permis de m'endormir paisiblement. Le livre se termine sur un climat de douceur réellement bien ressenti. Il repose.

Drôle de livre dont la fin apaise.

Une seule note discordante à mon goût, la mise en page trop serrée, beaucoup trop serrée. Jacques aurait dû laisser beaucoup plus de blancs: non seulement en laisser davantage en haut et en bas, mais surtout entre deux paragraphes séparés par ***. Cet espace aurait permis au lecteur de se reposer. C'est le seul détail qui me gêne; mon esprit ne trouvait pas de « pause ». Le nombre de pages aurait été multiplié par 1.5 mais cela n'aurait pas nui, que du contraire! Bah! Erreur de jeunesse! ;-)

Je ne vous raconte pas l'histoire, je n'en fais même pas le résumé, je vous laisse simplement mes impressions.

- Alors ? dit le lecteur lambda.

- Alors, lui dis-je, le livre est bien. Vraiment bien.

- Mais c'est un livre de science-fiction ? ajoute-t-il.

- Oui, en effet, mais l'histoire est bonne et le livre est bien.

pour adultes