Josy Malet-Praud

J'ai lu.... "l' Ange gardien"
de Marie-Claire Georges

par Josy Malet-Praud


Je lis, je lis, je lis…et je me pose toujours la même question : « qu’est-ce qui fait la différence entre un texte bien écrit, où la syntaxe est respectée, les mots justement choisis… et un récit aux mêmes vertus académiques mais qui, lui, va frapper de plein fouet l’imaginaire du lecteur et le faire adhérer illico à d’autres univers que le sien ? » J’ai lu « l’ange gardien » de Marie-Claire George. J’ai ma réponse. Ce qui fait toute la différence, c’est la ferveur qui habite certains écrivains, doublée d’une aptitude –naturelle- pour insuffler des émotions non feintes, mobiliser et incarner des personnages « vivants », diffuser des ambiances et orchestrer les événements de la vie, de telle sorte que le lecteur se sente concerné, comme intégré au récit. En ce sens, cet écrivain-là est tout aussi bien…un magicien.

Et je pense que c’est le cas de Madame George. Car si elle « écrit » vraiment très bien, on perçoit dès les premières lignes qu’elle ne s’en contente pas. Il y a chez elle comme un geyser d’énergie, exploité pour offrir à l’Autre une part généreuse du plaisir qu’elle éprouve à imaginer, construire et écrire ses histoires.

Les vingt-cinq Nouvelles composant « l’ange gardien » sont toutes des éclats brillants du bonheur de créer pour faire lire, vibrer, rêver, voyager, étonner, surprendre… des occasions à chaque fois inédites de rencontres dans des univers très souvent insolites…Nouvelles d’ambiance, d’action, histoires d’émotions et de tendresse, récits d’aventures ou de mésaventures, portraits en mouvement d’hommes et de femmes favorisés par la chance ou poursuivis par la poisse… le panel est large qui signe un vrai talent pour naviguer avec bonheur dans un registre narratif dont on peut penser qu’il ne connait pas de frontières.

Nul doute aussi que cette écrivaine abrite une profonde joie de vivre où couve le feu sacré de sa belle inspiration ; nul doute enfin qu’elle est portée par un véritable don pour conter, raconter, partager.

Pour avoir la chance de connaître Marie-Claire George, je crois pouvoir dire que ce premier recueil lui ressemble. « L’ange gardien » est généreux dans le verbe et l’imagination, riche de très belles surprises, tourné vers la lumière, soutenu par une indéfectible tendresse pour l’humain.

L’ange gardien ? C’est quelque deux cents pages de battements de cœur, d’humour léger et taquin, de mises en scène subtiles, de saveurs familières ou d’épices exotiques, d’histoires d’ici ou d’ailleurs, de destins célèbres réorientés, pour un premier recueil qui s’impose d’emblée comme une bien belle réussite littéraire.