Interview...

Vent des Hove Yaël


Pseudo ou nom réel ?
Pseudo. Je signe comme ça depuis mes 12 ans. Pour la petite histoire, c’est une vieille dame du village en Provence où ma famille passait la pluspart de son temps, qui nous écrivait en escamotant le nom de « van den Hove d’E. » en Vent des Hove. Sur l’heure, je n’aimais déjà pas mon nom (trop courant) et j’ai adoré la coquille !
Dès mes premiers papiers d’identité, j’ai signé par cette escarmouche. Quand j’ai publié la première fois, je n’ai pas pensé signer par mon nom officiel.
À l’heure où l’on s’amusait en classe à traduire nos noms flamands, j’ai apprécié la traduction du mien : « de la cour riche en petit pois ». J’aurais pu signer comme ça mais ça fait pas très sérieux !

Où habites-tu ?
J’habite à Bruxelles, à Auderghem. L’endroit paraît charmant, un ancien verger transformé pour la cause, en habitat groupé. Le jardin est grand pour la ville, la maison aussi (même si pour moi elle est vachement trop petite, vu le nombre d’occupants).

Une famille, des enfants…
Oui, 7 enfants, âgés de 24 à 13 ans, un nénuphar et un long masculin avec qui je garde le cap depuis 25 ans. C’est un clan, même si on ne l’a pas voulu. Les enfants se tiennent plus que s’ils étaient siciliens ! Pour compléter le tableau, la cinquième réagit différemment face à sa vie, plongée dans un autisme du style Asperger.

Sucré ou salé ?
Végétarienne. On apprend à se connaître ! Du salé ou du sucré, pourvu que ça me surprenne !

Que fais-tu dans la vie ?
Je reste dans mon canapé à écrire.
Ça c’est ce que j’aimerais pouvoir répondre !
Pourtant il y a plein de brindilles qui m’empêchent de pouvoir le faire aussi souvent que je le souhaiterais. D’abord, les 7 enfants (on m’avait dit qu’une fois qu’ils grandiraient, j’aurais plus de moments à moi, ils sont sans doute pas encore assez grands !). Puis, il y a une vie sociale, les amies qui débarquent à l’improviste, les responsabilités le plus souvent dans le social, à la Ligue des Familles, par exemple. Parfois des engagements dans des trucs débiles, comme celui de faire un géant pour le carnaval de la commune m’entraîne vers des aventures parallèles.
Il y a évidemment le boulot, dessiner une affiche ou un folder, une histoire pour les enfants ; ou juste pour le plaisir, histoire de ne pas perdre la main.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Le 25 avril 2006, à neuf heures cinq.
Avant l’écriture m’était interdite.
La veille j’avais reçu un mail m’annonçant l’ensemble des bourses d’aide à l’écriture proposée par la Communauté Française. J’avais déjà publié plusieurs livres ce qui m’en octroyait une seule bien précise, celle qui est proposée aux auteurs et illustrateurs de livres pour enfants « confirmés ». Elle était de sept mille cinq cents euros. Il faut savoir que lorsqu’on publie un livre pour enfant dans une maison d’édition belge, on reçoit une avance de droits allant de zéro (c’est le plus courant, hélas) à 1500 euros. On gagne après, quelques petits ronds de carotte, ou plutôt un peu de beurre à ajouter aux épinards, si on est arrivé à en acheter avec l’avance de droit.
Il faut aussi savoir qu’une maison d’édition ne peut vous publier qu’une, voire deux fois par an. Donc mon salaire moyen n’était pas suffisant pour acheter l’entrecôte de mes enfants ! Cette bourse allait pouvoir suppléer aux épinards. Allait-elle être octroyée pour un album ? J’en doutais fondamentalement. Je m’installai donc devant mon ordi de l’époque, et commençai à mettre un doigt dans l’engrenage.
On ne m’avait pas prévenu. Je n’ai pas mangé pendant les quatre semaines qui suivirent. Je n’ai dormi que quelques heures tant l’histoire me possédait. Depuis je ne dessine que pour m’assurer d’avoir encore quelques doigtés (et toujours pour le goût du beurre !) mais je préfère nettement le canapé, et mon petit Mac sur mes genoux !

As-tu déjà publié quelque part ?
Oui, j’ai publié une dizaine de livres jeunesse. Quand j’en suis l’auteure, c'est-à-dire qu’en j’en suis la créatrice de la première ligne à la dernière, il s’agit toujours des histoires courtes, bien ciblées avec une chute amusante. Juste pour le plaisir de lire. Il m’est arrivé de le composer avec un scénariste à mes côtés. Dans ce cas, nous discutons de l’histoire, avant le premier coup de crayon.
J’ai pu illustrer un des livres de la collection « beaux livres littéraires » de (feu) la Renaissance du Livre. Et comble de bonheur, c’était Apollinaire. Ce fut un énorme plaisir, une belle aventure, un tout, tout grand moment !

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Eh non ! quoique déjà nominée. D’autres parts, savoir que mes albums sont publiés en plusieurs langues (coréens, espagnol...) me procure malgré tout une petite satisfaction !

Pourquoi Chloe des Lys ?
C’est sympa, non ? J’aime assez bien l’idée de la communauté des auteurs, du forum, de concevoir le livre de A à Z. Mais il faut l’avouer faire la promotion me fait un peu peur, j’suis fort timide, bah ! faut se lancer, on verra bien !

Quel ouvrage vas-tu publier ?
Jeux de pieds, jeux de curés.

Quel genre ?
Policier ou aventure ? Je ne sais pas vraiment... en tout cas, ça bouge ! Résumé ? Difficile quand ça bouge...
Dans un monde pas si lointain et sans que personne ne réagisse suffisamment tôt, les mouvements traditionnels religieux régissent la plus part de nos pays dans l’ombre.
Une petite fille assiste à l’assassinat d’un dignitaire religieux qui combat cet état de fait.
La famille poursuivie par les tueurs se réfugie dans un village sans nom au milieu de nulle part, dans le sud marocain. Ce village, nommé les Plateaux, est un immense décor de cinéma dont les habitants sont les figurants des grandes productions qui s’y filment. Passant d’une époque à l’autre au gré des contrats proposés.
Très rapidement, Camille s’aperçoit que plusieurs de ces villageois ne sont pas là pour d’autres raisons que leur sinistre affaire.

Des projets pour la suite ?
Plein de projets ! d’abord un roman pour ados, « Clan destin », fin prêt, je dois juste lui trouver un éditeur (CDL travaille-t-elle avec les livres pour ado ? ) un autre qui mûrit dans quelques mains de premiers lecteurs. Ceux-ci doivent encore me donner leur avis avant de le finaliser. Un tout dernier encore en façonnage sous le pianotement de mes doigts pressés.

Pourquoi écris-tu ?
Dans le conscient ou l’inconscient ? Impossible à décrire en quelques lignes et même en quelques pages, ou encore en quelques chapitres...
Et comment ?
Je me lève entre 4 heures et 4 heures et demie, histoire d’avoir du temps pour moi, uniquement pour moi. J’adore. Je m’installe en pyjama enroulée dans une couverture en hiver, dans mon CANAPÉ. Le thé sur ma gauche, avec quelques biscuits, qui suivant la fournée sont caoutchouteux ou croquants, moelleux et même parfois insipide (ben oui, je ne les réussis pas toujours, mais je les mange à chaque fois). Ça c’est ma première partie, puis c’est le réveil de la tribu, poriche pour les uns, café pour le long masculin, céréale, trucs à signer pour l’école, rangements bref la petite popote quotidienne.
Coup d’aspirateur, torchon, moment de réflexion intense sur ce que je viens d’écrire. Vite au boulot, rectification fébrile ou pensive... ça dépend.
Intermittence des grands, ceux qui vont au cours quand ça les arrange, qui sont aussi disciplinés que les anguilles et qui ne réussissent pas toujours, sans qu’ils en comprennent le pourquoi. Interruption possible par le long masculin, qui revient des cours plus tôt.
Parfois c’est le devoir qui m’en éloigne : le dessin à terminer, la promotion à concrétiser, les vacances à jouer.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Mes influences : mes amis, ma famille, mon long masculin. Les voyages, les gens simples. Les images de ma sœur cinéaste.
Mes Maîtres : mon prof de géobiologie, les conteurs, Van Gogh, Brel, Norge, Gevers... Tous ceux dont les pieds sont profondément enracinés dans leur terre et qui en parlent à leur manière.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
`
Trop pour ne pas faire des jaloux ! Mais surtout ce petit groupe de fidèles avec qui nous avons passé plusieurs soirées à lire mes projets de roman à haute voix et qui y réagissent « à chaud ». C’est eux qui m’ont permis d’y croire un peu !

Tes hobbys ?
Taï-chi, voyage, croquis, randonnée…

As-tu un blog ou un site ? Adresse… qu’y proposes-tu ?
Pas encore mais ça viendra !

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Chercher des objets qui disparaissent sans que je comprenne pourquoi.

Un souhait ? Vivre dans une vieille maison face à une belle vallée, sortir sur le pas de ma porte et pousser un cri puissant, au soleil levant. Oh oui, ça je voudrais vraiment !

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Après s’être extasié sur le nombre d’enfants, et salué un courage qui n’a aucune raison d’être, demander pour essayer de comprendre ce qui nous pousse à être aussi prolifiques : êtes-vous catholique ?

Si tu as une question, n’hésite pas. Je te répondrai immédiatement.
Ah chouette ! Y aura-t-il de la neige à Noël ?