Interview...

Jean-Claude Texier


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel.

Où habites-tu ?
A La Varenne Saint-Hilaire, dans la banlieue parisienne, proche des bords de Marne et des anciennes guinguettes chères à Maupassant et aux peintres impressionnistes.

Une famille, des enfants…
Marié, trois enfants.

Sucré ou salé ?
Ni l’un ni l’autre, car également nocifs pour la santé.

Que fais-tu dans la vie ?
J’ai toujours enseigné, mais le métier a bien changé en 40 ans. A la retraite, j’ai dit adieu à la jeunesse, qui avait été ma raison de vivre.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Durant ma vie professionnelle, j’ai beaucoup écrit, souvent des passages de livres que j’envisageai, des notes de documentation, des descriptions de personnages pittoresques, des événements insolites. Ecrire est un besoin qui s’est assouvi dans l’enseignement par la parole. Quand elle n’a plus été possible, la plume a pris le relais.

As-tu publié quelque part ?
Non, je n’ai écrit pour être publié que récemment.

Pourquoi Chloé des Lys ?
Car c’est une maison d’édition dédiée à la Culture qui ose prendre le risque de faire connaître de nouveaux auteurs. C’est une expérience originale et unique.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
L’Elitiste. Un roman inspiré par les souvenirs multiples de ma carrière.
Le drame d’un proviseur qui néglige ses responsabilités professionnelles au profit d’un engagement politique. Au début tout semble aller bien pour lui à la tête du lycée Edith Cavell dans une banlieue chic. Son prédécesseur l’a hissé à un haut niveau d’excellence. Il rêve d’y imprimer sa marque socialiste et de l’ouvrir aux humbles mais se heurte au déclin des résultats, ce qui le pousse à reprendre à son compte les méthodes de l’Elitiste qu’il dénigrait.
L’histoire se situe au cœur des Présidentielles de 2007 et révèle des pratiques scandaleuses : corruption, favoritisme, arbitraire, harcèlement moral.
Elle mêle le souvenir mythique d’une héroïne de la première guerre mondiale, Edith Cavell, au destin de sa réincarnation moderne en l’infirmière Ginette Pervanche.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Je suis sur Facebook, j’ai un blog, et j’en parle à tous mes amis, aux libraires que je connais, la meilleure étant mon épouse Elke.

Des projets pour la suite ?
La suite de l’Elitiste.

Pourquoi écris-tu, et comment ?
L’enseignement, c’est la parole. Elle demande à être entendue. L’écrit, c’est le silence, qui se lit dans le silence. J’écris par besoin d’expression quand la parole me fut retirée. Il y a des choses que l’on ne peut dire, et que seule l’écriture permet.
J’écris dans l’espoir de transmettre à mes contemporains un portrait de cette société qu’ils habitent, et dont ils ignorent bien souvent les rouages. J’écris pour faire connaître aux autres mon monde intérieur, dans l’espoir qu’il leur permettra de fuir la réalité qui les emprisonne.
J’écris la nuit, toujours au son d’une musique classique, avec une préférence pour le piano. J’ai une idée approximative de mon but, mais j’avance à tâtons, tout se dévoile petit à petit, sans que je puisse le savoir à l’avance. Souvent la progression diverge de ce que je voulais faire. Je dois alors revoir ce qui ne concorde pas avec ce qui précède. Mes personnages finissent par prendre une consistance charnelle. Je les ressens comme s’ils existaient vraiment. Je vis intensément leurs émotions, leurs angoisses et leurs joies. Lorsque je relis la version définitive, même après des années, je revis ces émotions, ces angoisses et ces joies, comme la première fois.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique.
Balzac, la Duchesse de Langeais, Stendhal, Le Rouge et le Noir, Flaubert Madame Bovary, Emily Bronté, Les Hauts de Hurlevent, Dostoïevski, Crime et Châtiment, Les Possédés.
John Dos Pasos, Hemingway, Frank Norris, Theodore Dreiser, Paul Auster
Les films de Marcel Carné, Renoir, Max Ophuls et Luchino Visconti, les classiques du Film Noir américain des années 40.
Peinture : Watteau, Turner, Constable, Renoir, Monnet.
Musique : Bach, Mozart, Schumann, Chopin, Tchaïkovski, Rachmaninof.

As-t un blog ou un site ?
"champsromanesques.over-blog.com" propose des discussions sur la littérature, le roman et le théâtre, en offrant à toutes les tendances de se faire connaître et donner leur avis.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Le racisme, le nationalisme, l’injustice du monde, la cruauté de la vie, le règne du profit, la ruine de la culture, la fin des valeurs morales qui font que les meilleurs et les plus méritants restent ignorés ou méprisés, comme l’humble servante de quarante ans de servitude dans Madame Bovary.

Ta citation favorite ?
Un seul acte de racisme humilie tous les hommes.

Un souhait ?
Celui de John Lennon : Imagine all the people sharing all the world. (Imagine tous les hommes se partageant le monde.)

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Pour qui allez-vous voter aux prochaines élections présidentielles ? (Voir la réponse dans l’Elitiste)