Interview...

Surquin Pierre


Pseudo ou nom réel ?
Michel et Pierre Surquin, comme indiqué sur le livre sont bien nos noms réels, puisque, autant qu’on puisse le savoir, nous sommes père et fils ;-)

Où habitez-vous ?
Nous sommes tous deux originaires de Tournai et y vivons encore. On peut d’ailleurs dire que ce sont les gens d’ici qui nous ont inspiré ce livre : les gens du cru, les gens de terre, les terriens.

Une famille, des enfants…
Michel : Pour ma part, j’ai trois grands enfants et suis déjà papy 2 fois ! Pierre étant mon ainé, nous avons toujours partagé une grande complicité que nous avons pu exprimer dans la création de cet ouvrage.
Pierre : marié, deux enfants de l’âge approximatif d’Antoine, le héros du livre…

Sucré ou salé ?
Michel : sucré ! C’est la sensualité et la douceur de vivre et cela m’est offert par le végétal, pas d’un minerais.
Pierre : plutôt salé. Le sel comme première épice, comme exhausteur.

Petits, que vouliez-vous faire ?
Michel : sans grande surprise, sans doute : cultivateur. Mon grand-père, à qui est dédié ce livre, était un des derniers fermiers « à l’ancienne », jusque fin des années 50. Quand j’avais 8 ou 9 ans, je l’ai encore connu à labourer son champ à l’aide d’un cheval, il n’avait pas encore de tracteur… Je l’accompagnais souvent au champ et je pense que c’était la vie dont je rêvais : au milieu de la nature et animaux.
Pierre : j’ai toujours voulu être « un peu de tout, mais pas trop » : enfant, je me souviens m’être rêvé chanteur, pilote d’avion, danseur, dessinateur, photographe, archéologue, et même écrivain…

A quelle figure historique aimeriez-vous ressembler ?
Michel : Emile Zatopek, qui, à mes yeux incarne une des plus belles vertus de l’homme : le courage. Tant par ses exploits sportif que dans son combat politique.
Pierre : Je n’ai que peu d’admiration pour les personnages que l’on qualifie d’historiques, tant ils trainent bien souvent, dans leur sillage, les conséquences désastreuses de l’expression de leur propre ego, qui se paient fréquemment en dégâts collatéraux peu médiatisés au mieux, en centaines ou milliers de morts au pire. Alors disons que si une star de la ligne du temps devait retenir mon attention, ce serait plutôt quelqu’un qui semble s’être rendu utile pour ses semblables : un Galilée ou un Gandhi, un Louis Pasteur ou un Stephen Hawking…

Votre truc contre le stress ?
Michel : Le travail de la terre pardi ! Etre au coeur de la nature, récolter le fruit d’un travail simple et sain : le stress n’y trouve jamais sa place.
Pierre : l’auto-hypnose.

Que faites-vous dans la vie ?
Michel : je suis encore Kinésithérapeute-mézièriste, la méthode Mézière étant une approche holistique et posturale de rééducation. Je passe le reste de mon temps à jardiner, voyager et écrire les prochains volets des aventures d’Antoine
Pierre : J’ai actuellement deux casquettes: je suis enseignant et ai aussi un cabinet d’hypnothérapie (www.aller-de-soi.com)

Quand avez-vous commencé à écrire et pourquoi ?
Nous nous sommes lancés dans la rédaction du contenu de ce livre il y a 5 ou 6 ans car il nous est apparu de plus en plus clair que l’équilibre de chacun passe par le contact direct avec la nature, par l’apprentissage des gestes essentiels qui rendent autonomes, qui nourrissent le corps et le coeur. La prise de conscience évidente qui doit s’en suivre de sa place, de sa présence au sein du monde, nous parait évidente et plus que jamais nécessaire.

Avez-vous déjà publié quelque part ?
Non, ni l’un l’autre n’avons d’expérience en ce domaine, nous nous lançons avec une certaine excitation dans ce petit inconnu.

Avez-vous déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
voire réponse précédente…

Pourquoi Chloe des Lys ?
Comme répondu dans une question précédente, nous vivons dans cette région - notre région - depuis toujours. Nous sommes tous le fruit d’une histoire, d’un terroir, d’une terre. Les gens d’ici appartiennent à cette région, en ont les habitudes, les traditions, parfois encore la langue. Se tourner vers un partenaire d’ici, passionné de littérature au point de permettre au gens de se raconter, de raconter leur région ou simplement de transmettre, pour s’adresser aux gens d’ici, nous est apparu comme un choix évident.

Quel ouvrage allez-vous publier ?
C’est un livre illustré qui a pour but d’initier très concrètement les enfants (8-12 ans) aux bases du jardinage : Antoine, jeune garçon en vacances, se balade, poussé par l’ennui. Il est intrigué par une grande bâtisse de son voisinage, dont le mur d’enceinte, cachant le terrain qui l’entoure, aiguise sa curiosité au point de braver l’interdit et d’escalader ce mur, pour voir… Il est alors invité et guidé par un merle dans ce foisonnement de couleurs et de curiosités qu’est le jardin qu’il découvre, rencontrant, au fil des pages, d'autres personnages comme le hérisson, le ver, l'araignée... Parfois, le professeur Botanicus - un savant à l’allure un peu farfelue qui intervient et commente un peu à la manière d’une « voix off » - peut nous inviter à agir…

Des projets pour la suite ?
Oui : la suite de l’histoire d’Antoine est déjà écrite, et nous allons commencer l’illustration. De plus, la rédaction et les croquis qu’une petite chronique périodique d’une demi-page dans laquelle Antoine explique les travaux de jardinage du moment est faite. Nous recherchons un périodique qui pourrait nous les publier.

Pourquoi écrivez-vous et comment ?
Michel : Le « pourquoi » a déjà été abordé dans le « pourquoi écrire ce livre », puisque c’est notre premier, mais j’ai juste commencé à griffonner au crayon dans un vieux cahier de brouillon, d’abord les travaux de jardinage réalisables par des enfants sur une année, puis l’histoire d’Antoine et la création des petits personnages qui l’accompagnent. Ce travail terminé, j’ai transmis ce cahier à Pierre qui l’a entièrement mis en images.

Vos influences, maîtres, coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Elles seraient nombreuses, sans aucun doute. Mais Pierre a récemment lu un livre et me l’a recommandé. Nous l’avons donc lu l’un après l’autre et avons été tous deux changés par cette lecture. Certains livres vous changent, celui-là en fait partie pour nous deux. Il s’agissait de « Nouvelle Terre » de Eckhart Tolle

Qu’est-ce qui vous fout en rogne ?
Michel : la barbarie, la fourberie et les escrocs
Pierre : la paresse intellectuelle, qui pour moi est la mère de tous les maux des hommes.

Vos citations favorites ?
Michel : « La pire des certitudes est de croire illusoirement en nos propres vérités. » Confucius
Pierre : « La folie, c’est continuer de se comporter de la même manière et attendre un résultat différent. » A. Einstein

Une qualité et un défaut ?
Michel : l’opiniâtreté et la méfiance
Pierre : l’ aquoibonisme et la patience

Un souhait ?
Michel : Que mes petits-enfants continuent à avoir des activités créatives le plus longtemps possible.
Pierre : Que l’humanité prenne conscience que sa fragilité est son plus grand atout et que cela devienne le moteur d’un changement progressif de paradigme. « Sauver la planète » est un slogan vendeur et séduisant, mais révèle encore trop la prétention interventionniste de l’homme : même si elle met 100.000 ans à s’en remettre, la planète se remettra parfaitement même d’un holocauste nucléaire, et elle refera du vivant… « Sauver l’humanité » me semble être un objectif plus logique et impérieux, tant il devient incontournable que continuer à vivre avec des ressources limitées comme si elles étaient illimitées aura une fin un jour ou l’autre. Et que si cette fin n’est pas anticipée au point de changer notre façon d’être, l’absorption de ses conséquences sera brutale.

Est-ce indiscret de vous demander si vous croyez en dieu ?
Michel : Oui, j’y crois. Et plus je suis au contact des plantes et des animaux, plus je suis habité par cette certitude. Voir une plante relève de la magie, diront certains, pour moi, c’est une expérience réellement spirituelle.
Pierre : Non. L’idée d’un dieu est intéressante, poétique, probablement rassurante en ce qu’elle parvient à donner du sens là où il n’y en a manifestement pas. Je crois que c’est une bonne solution, typiquement humaine, pour adoucir le sentiment de frustration et d’injustice qu’est obligé de ressentir un être conscient de sa mort prochaine. Ca ne me semble ni mieux ni pire que de croire aux fées, aux sorcières ou au père Noël. Je trouve surtout qu’à bien y regarder, croire en dieu a posé beaucoup plus de soucis que de solutions tout au long de l’histoire de l’humanité. Quant à l’idée du sacré que cela pourrait soulever, je trouve que la Vie sous toutes ses formes nous donne bien des occasions de remarquer ou de décider de ce qui est sacré.

Avez-vous peur de vieillir ?
Michel : dans mon cas, l’opération est déjà bien entamée, mon souhait est de rester le plus autonome possible, bien entendu, pour continuer à jardiner le plus longtemps possible.
Pierre : pas encore

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait vou s poser ?
La plus stupide des question est celle qu’on ne pose pas !