Interview...

Emmanuel Serdet


Pseudo ou nom réel ?
Je n'utilise pas de pseudonyme, Emmanuel Serdet est mon nom, et j'en suis fier car un des plus anciens violon Stradivarius (et peut-être le plus ancien ?) est appelé "1666 Serdet" puisque c'est mon aïeul Charles Paul Serdet qui l'a restauré et vendu en 1900.

Où habites-tu ?
Vosgien d'origine, au fil du temps, j'ai traversé la France jusqu'en Normandie, puis je suis venu m'installer à Paris il y a quelques années, pour mon travail, ce que je ne regrette pas.

Une famille, des enfants…
Oui, je me suis marié jeune et avec Catherine nous avons déjà fait un long bout de chemin ensemble, et nos deux garçons sont déjà de beaux hommes !

Sucré ou salé ?
J'aime ce qui vient de la terre, ce que nous donne gracieusement la nature, alors si vous me proposez quelques champignons, girolles ou truffes, pour en faire une omelette, et un bon vin naturel, alors je ne dis pas non.

Petit, que voulais-tu faire ?
Près de Mirecourt, dans les Vosges, il y a un aéroport où j'aimais bien me rendre à vélo lorsque j'étais adolescent, pour y voir le balai aérien de ceux qui apprenaient à piloter, en sentant l'odeur du tarmac. Mais la vie en a décidé autrement, et je n'ai jamais été de ceux-là.

A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
Voltaire sans hésiter, pour son audace et son œuvre si riche, et cette époque des Lumières. D'ailleurs, je lui rends un peu hommage dans mon livre Le Testament.

Ton truc contre le stress ?
L'idéal, c'est me ressourcer par de longues balades en forêt. Cela permet aussi de trouver l'inspiration.

Que fais-tu dans la vie ? Actuellement, j'exerce le métier d'ingénieur-chercheur dans le domaine des facteurs humains et organisationnels, pour les industries à risques. J'écris aussi, des "papiers" pour les congrès ou les revues scientifiques, mais ce n'est pas tout à fait le même style.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Cela a commencé à me démanger il y a quelques années. Un séjour dans la forêt de Brocéliande, près de Rennes, et une rencontre impromptue avec une étudiante faisant une thèse sur les légendes arthuriennes ont été les déclencheurs. Je préfère ne pas me fixer de ligne rigide pour la structure de l'histoire, pour ne pas brider l'imagination, quitte à réécrire certaines parties. Ce n'est pas gênant de zigzaguer un peu pour défricher la voie du récit.

As-tu déjà publié quelque part ?
C'est la première fois que je publie un roman, et l'écriture, il me semble, c'est comme la cigarette, lorsqu'on a commencé...

Pourquoi Chloé des Lys ?
J'ai trouvé l'association Chloé des Lys très respectueuse et très professionnelle vis-à-vis du traitement des manuscrits qu'elle reçoit. J'aime la diversité de la ligne éditoriale, et bravo pour le dynamisme de l'animation : la revue, la chaîne CDL, le forum et le blog des auteurs...

Quel ouvrage vas-tu publier ? Quel genre ? Résumé ?
Mon premier roman s'intitule donc "Le Testamen"t. C'est une promenade à la fois dans la diversité des religions, et dans le métier de la lutherie. Je rends ainsi hommage à cet « art », dans le contexte difficile des années '70, et cela met en musique ce que l'on peut appeler l'initiation d'un adolescent à l'histoire des religions - les mythes fondateurs sumériens et babyloniens, persans et égyptiens, ou encore ceux de nos ancêtres celtiques - par son grand-père luthier. Et la rencontre de ce jeune homme avec une jeune fille Maya ajoute un parfum d'exotisme et de romance au récit.
Bien entendu, ce roman bouscule un peu les vérités et croyances bien établies de l'Ancien et du Nouveau Testament, et permet au lecteur de se réinterroger avec pragmatisme et philosophie sur ses propres convictions.
C’est l’adolescent qui est le narrateur de ce récit, et ces quelques mois passés auprès de son grand-père, à apprendre la lutherie d’une part, et à découvrir les mythes ancestraux d’autre part, vont l’amener vers une autre vérité... Voici donc un extrait du début du deuxième chapitre :

« Je dois vous le dire, ce fut là le vrai commencement de cette longue « initiation » comme je l’ai déjà appelée, parfois pénible, souvent surprenante. Un drôle d’apprentissage, slalomant dans l’histoire, percutant les dogmes religieux, débusquant les mensonges millénaires, et se frayant une voie jamais explorée. Mais je ne regrette rien, non je ne regrette rien. Car en cours de route j’ai rencontré celle qui est devenue l’âme-sœur de ma vie, Aura. Et au bout du chemin j’ai trouvé ma vérité. Pas la vérité absolue, je ne crois pas, mais un petit bout de certitude sur la vie et la mort qui va avec, un morceau de conviction, vous savez cette part rassurante sur la suite ultime que l’on enfouit au plus profond de soi de peur qu’elle vous échappe. »

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?

J'ai commencé tout juste à parler de mon livre à certains libraires à Paris.

Projets pour la suite ?
Après ce thème sur les religions, j'aimerais écrire un nouveau roman sur le thème de l'économie, plus exactement de cette volonté actuelle, pour certains citoyens, de revenir à une échelle et à un rapport raisonnables, voire à une certaine autonomie. L'ambition est encore une fois de lier l'ancien et le nouveau continent, dans ce contexte de crise qui n'en finit pas.

WTes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique
Je suis assez éclectique en littérature. J'aime aussi bien revisiter certains classiques, les écrits de Stevenson par exemple, que découvrir Sebastian Barry ou José Carlos Somoza. Pour moi, Somoza est une référence pour l'originalité des intrigues. Robert Merle, Marguerite Duras ou Jean-Christophe Ruffin m’ont longtemps fait croire que l’écriture était facile, mais c’est là le vrai talent : dissimuler la difficulté d’écrire pour faire mieux exprimer le plaisir et l’émotion du lecteur.
En peinture, j’ai un faible pour les orientalistes, Delacroix, Dinet et bien d’autres, et en musique, il suffit de lire Le Testament pour s’en rendre compte...

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Je pense à Alise, une amie qui m’a conseillé sur certains points. Je l’en remercie vivement.

As-tu un blog ou un site ?
Pas pour le moment.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Je suis du signe de la balance, alors j’ai horreur des injustices.

QTa citation favorite ?
Celle qui est en tête du dernier chapitre, en guise de péroraison.

Une qualité et un défaut ?
Je suis très tenace dans ce que j’entreprends et je vais toujours jusqu’au bout des choses, même si cela demande de gros efforts Je ne sais pas encore si c’est un défaut ou une qualité, mais pour l’instant, c’est plutôt positif.

Un souhait ?
Que je puisse écrire encore et encore...

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Si j’osais, je dirais celle-ci justement, mais si on me demande si Dieu existe, alors je me poserai la question.