Interview...

Jean-Jacques Salembier


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel, je n'ai pas besoin de me planquer.

Où habites-tu ?
J'habite en Provence depuis vingt ans. Mais souvent je dis que j'habite nulle part, que je suis un locataire du ciel. Je quitte volontairement cette chère Provence pour voir ce qui se passe ailleurs. Je suis en quelque sorte un clochard de luxe. En ce moment j'habite Avignon, la cité des papes, c'est un peu mon port d'attache, ainsi que le plateau de Sault. (entre Ventoux et Luberon)
Explique… Shakespeare disait qu'il ne fallait jamais expliquer. Mais bon...

Une famille, des enfants…
J'ai une famille, ma maman vit encore. Toute ma famille habite la Belgique. J'ai deux filles qui habitent Bruxelles. Je suis né à Ieper. Tristement célèbre pour son gaz moutarde, l'ypérite. .

Sucré ou salé ?
J'ai une addiction pour le salé. Mais je n'aime pas quand c'est trop salé. Un plat est raté quand il est trop salé. Dernièrement j'ai découvert le sel noir d'Hawaï.
J'évite le sucre, j'en mets jamais dans mon café. J'aime les plats sucrés-salés quand ils sont bien dosés.

Petit, que voulais-tu faire ?
D'abord footballeur, ensuite coureur cycliste.

A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
Un jour, le peintre Samy m'a fait le portrait. Il disait que je ressemblais au roi Philippe Auguste.

Ton truc contre le stress ?
Je suis rarement stressé, sinon un petit verre de gnôle me fait le plus grand bien.

Que fais-tu dans la vie ?
Je vis. Vivre c'est travailler, c'est même un très grand travail.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
C'est une très grande douleur qui m'a fait prendre la plume, une absence.

As-tu déjà publié quelque part ? Et quoi ? Quel genre ?
Oui, j'ai publié mon « gros œuvre », « Mézigue », c'est 3000 pages condensé en extraits de 83 pages. Ensuite j'ai publié de la poésie sur le vin « l'or rouge », et aussi « l'alphabet muet » (des blessures cachées), « L'île aux papes », « La chica du Che »....

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Non. La reconnaissance, c'est quand je faisais de la scène en tant que comédien.

Pourquoi Chloé des Lys ?
Parce que j'ai une fille qui s'appelle Chloé et que j'ai grandi dans la vallée de la Lys.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
« Mémoires d'un loir »
Résumé: « Des bras du Rhône au pied du Ventoux, Jean Jacques Salembier laisse couler dans son journal quotidien une rivière de conversations profondes et amusées, une poétique de la relation. Accompagné de ses lectures de Char et Tchékhov, il nous mène à la rencontre d’un petit peuple d’échappés volontaires et nous invite à sa table en compagnie de ces citoyens des marges, et l’on ne peut s'empêcher d’être ému par cette invitation recommencée ». Nicolas Geny (comédien, metteur en scène)

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Je montre le bout de ma trombine. Je fais des lectures en compagnie de Nicolas Geny. Je vais contacter des librairies, la Fnac, le théâtre des Doms à Avignon. Je cherche un endroit en Belgique pour présenter le livre à sa sortie.

Projets pour la suite ?
Publier « les manuscrits sauvés du vent » ainsi qu'un roman « Migrateurs ».

Pourquoi écris-tu et comment ?
No comment. J'écris pour ne pas tuer mon facteur. Comment? Toujours debout. J'écris debout.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Tchékhov en premier, Vian, Céline, Bukowski, Char, Salinger, Koltès, Yourcenar, Dostoïevski, je suis ouvert comme une vieille pute, mille respect cependant pour la vieille pute. J'ai aimé toute les littératures, la littérature c'est tout pour moi. J'aime Tarkos pour son côté techno, j'aime la littérature de buffet de gare. Euh... j'aime seulement la littérature que j'aime, et je n'aime pas la littérature que je n'aime pas. J'aime tous les styles. Pour moi, la littérature, c'est ce qu'il y a de plus grand. Question cinéma, j'ai beaucoup aimé dernièrement: « Un ange à ma table ».
Question peinture: j'ai un grand faible pour la peinture de Philippe Bouillon et de Nagavi Kouroch. Question musique: Miles Davis disait: je ne joue pas du jazz, je joue de la musique.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Des amis, tu peux les compter sur les doigts d'une seule main. Le peintre Philippe Bouillon, le comédien metteur en scène Nicolas Geny, Marion Genevois, prof de lettres.

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
Flâner en marchant, les petits concerts à la « cave des pas sages » d' Avignon. En ce moment j'écoute en boucle Cory Seznec, « Beauty in the dirt ». Je ne dessine pas, je ne peins pas. Je cohabite avec une peintre qui aime beaucoup le carré noir de Malévitch.

As-tu un blog ou un site ?
Non ni blog ni site. Je suis sur Facebook. Je compte créer un blog avec quelques photos et des extraits de mes écrits.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Rien. Sauf les cambriolages. Dernièrement une sainte colère m'est venue à cause de braves salauds, de braves enculés qui m'ont cassé ma porte, piqué notamment un disque dur avec ma musique, mes films, mes écrits, mes photos. Ma dentiste m'a dit que je devais retourner un verre, faire un signe de croix dessus, et que le disque dur allait réapparaître.

Ta citation favorite ?
Celle du jour c'est: la vie, ça demande des encouragements. Ou encore: il n'y a pas d'amour sans le regard d'autrui.

Une qualité et un défaut ?
Je suis un homme sans qualités. Je peux paraître parfois comme un ours mal léché mais j'aime les gens. Un défaut: j'ai deux trous d'nez.

Un souhait ?
Que l'inimitié cesse, aux chiottes l'engeance.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Qu'est-ce vous pensez de? Il y a longtemps que je ne pense plus.