Interview...

Bertrand Saint-Songe


Pseudo ou nom réel ?
Pseudo, choisi dès 1983, il convient que je dise qu'il signifie que l'homme n'est saint que dans le songe (Saint-Songe), en alternance : doux / dur, tendre et féminin (c'est l'homme de demain), spirituo-poétique

Où habites-tu ?
Explique… Pays de Douarnenez, une mutation m'y a conduit, en 1989, Pays de Georges Perros (tous les mercredis, j'étais reçue par Tania, l'épouse de l'écrivain mort en 1978), de John-Antoine Nau (1er Prix Goncourt, mort en 1918 à Tréboul, bourg portuaire rattaché à Douarnenez, Tréboul où je réside), de Noël Roquevert, et Gabin y venait souvent, ses cendres ont été jetées dans la baie de douarnenez...J'y pense souvent... Ici, le Pays est mystique comme toute la Bretagne l'est...en Finistère..., du moins. Les bretons sont venus de la mer...

Une famille, des enfants…
Mésalliance - (un fils, Simon, né en 1989, baptisé sur les terres de Douarnenez, donc)... - , trop long à expliquer (sauf que personne n'est littéraire ni n'écrit en ma "pseudo-famille" ...), il faudrait plusieurs romans !..

Sucré ou salé ?
Tout dépend (parfois même : ni sucré ni salé, tel quel)

Petit, que voulais-tu faire ?
R i e n (rêver, peut-être) (élève, je ne savais jamais répondre à la question de l'instit, puis des profs : que voulez-vous faire plus tard (imaginez ma bouille qui leur fait : bof ?..bouche fermée, joues gonflées d'air, voyez, qui poussent les lèvres en avant..?..)

A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
Surtout ne jamais "ressembler" à quelqu'un, fût-il le moins bon ou le meilleur (être soi-même, entier, sensiblement entier, cela est le plus juste)

Ton truc contre le stress ?
Ubi Lux Ibi Poesia (là où il y a de la lumière, il y a de la poésie) (ne cherchez pas de qui c'est, je l'ai inventée, cette devise (si bien que lorsqu'une âme noire pointe en moi, je la chasse en regardant un Giotto, par exemple, ou la Nature)....

Que fais-tu dans la vie ?
Explique… R i e n - (j'écris, je dessine, je crobardise, j'écoute de la musique, je marche, je randonne ; je marche pour écrire, et j'écris pour marcher ; quand le pas n'est plus, la ligne me situe, ou le dessin, sur la page blanche ou de couleur (jaune, comme le "petit pan de mur" Proustien, bleu comme le ciel ou viride telle l'océan, cette page remuée de silence.., de paix, de quiétude cartusiens)... Je rêvasse...

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Dès 10 ans, mes très bonnes notes de scolarité première m'ont donné ce goût de calligraphier sur toute la page (ou copie double) un texte d'auteur, je savais que cela me plaisait, ignorant pourtant qu'un "métier d'écrivain" existât en amont, puis la lecture de Rimbaud, dès 12 ans, ça m'a suffit à ne pas aimer la réalité pure et matérielle !... Rimbaud, et Hugo...

As-tu déjà publié quelque part ? Et quoi ?
Oui, Un ouvrage de poésie (épuisé) chez Barre-Dayez éditeur (Jardins secrets pour âmes seules), déjà, le travail intérieur et le sujet de l'âme m'ont rendu incontestablement spirituel...dans la vie de tous les jours, pour l'équilibre..
Trois ouvrages chez AETM France (Arts en Terre Montagnarde, chambéry), une trilogie écrite sur près de vingt ans (Autour, Poésie ; Patience des Lointains (15 ans d'écriture) ; Au Seuil de l'Apaisement (5 ans d'écriture)...), cette petite maison d'édition ne fonctionnant plus, je cherche encore (à mon âge ! Il faut dire, j'ai à présenter de longue haleine chaque fois mes tapuscrits, refusés partout) ; le cinquième, chez vous, CDL.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Prix du Mérite Italien Natale Agropolese, en 1983, pour Jardins Secrets pour Ames Seules (et d'autres ; peu importe, les prix ne changent rien à l'affaire d'écrire et de respirer/ vivre l'écriture)..

Pourquoi Chloe des Lys ?
Parce que Chloe, parce que Les Lys, est-ce que j'en sais ? Voyage d' Ulysse ?.. (J'avais d'ailleurs totalement oublié l'envoi de mon tapuscrit de La Soudaineté, préalablement refusé par Gallimard, admis puis abandonné par POL..., etc, par dix autres maisons d'édition suisse et parisienne qui ne se mouillèrent pas pour l'éditer . A votre aval de l'avoir publié, une magnifique lettre du Prix Nobel de Littérature, J.-M.G. Le Clézio, m'en félicite d'encouragements (de plus, il "adore mon dessin de couverture" (dixit), ainsi que votre consoeur Belgo-nippone Amélie Nothomb (avec qui, d'ailleurs, j'ai été publié dans une revue Hauteurs, n°4, en Avril 2001 ; rencontrée sur Rennes et Paris, trois fois, nombreuses correspondances nous "unissant", d'âme à âme, on va dire...)

Quel ouvrage vas-tu publier ?
Ah ! Je ne sais... Je pense à un roman ayant pour thème l'influence corruptrice, négative et cynique du monde ambiant sur tous les niveaux de la vie humaine, mais bon, un projet reste un projet, j'ai des tas de tapuscrits refusés qui attendent "éditeur"..aux reins solides.
Romans, contes et nouvelles, théâtre, poésies nombreuses, almanachs de dessins / crobards..., notules, journaux intimes, j'ai tâté tous les genres sauf l'essai (vite abandonné, suite à une tentative de jeunesse sur Sartre, jetée - ouf !)..

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Je fais confiance à l'univers.

Projets pour la suite ?
Depuis trois ans, outre nombreux manuscrits en "chantier", Blog de Saint-Songe (google), qui rassemble des écritures journalières (dessins, poèmes, sur musique choisie parfois, via deezer).. Plusieurs projets présentés depuis Juin 2012 à divers éditeurs, toujours "en attente de..." (vous connaissez, pas la peine de "faire un dessin", justement) !..

Pourquoi écris-tu et comment ?
Retour à ma devise : Urbi Lux Ibi Poesia ; l'exil et l'exode (je suis natif d'Hazebrouck (Nord) ; ai vécu à Tournai (Boulevard Sébastopol), et Bléhary ), donc cela titille et tisonne le choix de vivre ou de mourir ; j'écris ainsi que je vis, dans une simplicité souple d'esprit le plus nu possible (aucune recherche d'effet de style, ma plume est la respiration).. Le bouddhisme zen m'apporte beaucoup. Moine errant, poète, à la Ryôkan ?

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Trop long (sur près de quarante ans d'écriture quotidienne, 365 jours plus "un" par an (plus le bissextile, donc), vous imaginez combien de "maîtres" m'ont soutenu (vivants et disparus ?) ..Le cinéma de Won Kar-wai , de Wenders et de Lars Von Trier, en autres, Truffaut (j'ai fait un stage Truffaut, sur une semaine, à Dunkerque, en 1980, espérant gagner Paris, pour en faire "métier d'acteur" (j'avais été choisi dans la classe de Michel Bouquet, mais bon, il fallait "tout quitter" - comme le stipule la pensée de St François d'Assise - pour "espérer" être retenu à l'examen d'entrée de l'école du Cours Simon ... (curieux, prénom de "notre" fils, ensuite)...
Suis resté en Flandre Intérieure - initiative dunkerquoise -, vie familiale et professionnelle à l'époque, agent des Postes (tel Bachelard) à Grande-Synthe, etc, où, de fait, tout en travaillant, j'ai commencé à écrire....La soudaineté des Evénements (première mouture, voyez que mon projet, qui a abouti sur votre table du comité, il vient de très loin ! de très très loin !..) Plusieurs fois présenté, toujours "refusé, malgré tout l'intérêt que nous lui portons, etc ..." (formule que je n'adopterais jamais, je n'y crois pas : ou c'est oui, ou c'est non, pas de "oui mais, parce que, donc, il faudrait, va falloir, voyez la conjoncture actuelle (nous sommes alors en Crisis depuis les années 1970 où mes poèmes ont été aussi rejetés des revues auxquelles je les soumettais !.. Une exception, qui confirme la règle des refus, Les Cahiers St Germain, ils en ont "publiés" quelques pages, mais c'est tout... )
Je me suis donc mis à l'ombre, écrivant toujours, sans jamais publier..., mais toujours en soumettant mes manuscrits aux grandes, moyennes et petites "maisons", vainement. Voilà, c'est tout ; inconnu aux bataillons et veillées d'armes poético-littéraires, pour conclure..

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Pierre Dhainaut (je présume que vous le connaissez, une très longue amitié nous lie par correspondances et rencontres), pour l'ami ; pour l'amie : La Poésie.(plutôt même, une amante ; ma seule maîtresse, la plume)

As-tu un blog ou un site ? Adresse… qu’y proposes-tu ?
Blog de Saint-Songe (j'y propose ainsi tout le travail qui ne semble pas "intéressé" les éditeurs... Une vie de poéte au quotidien, dirait Walser)... C'est un Journal Poético-littéraire et spirituel

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Ah ça !.. Le mensonge de la sérénité des yeux de ceux qui vous regardent de travers, parlent gentiment en pensant tout le contraire, agissant d'une trahison pour finir, et, toute cette âme noire des politiciens qui font les "affaires" actuelles et de jadis : l'irrespectabilité, l'hypocrisie, l'infamie, la délation, les faux éditeurs et les faux amis, la caste cynique des jean-foutres (jeanfoutres), les pervers narcissiques qui vous prennent pour des objets et kleenex

Ta citation favorite ?
Soli Deo Gloria (la "gloire" ne revient qu'à dieu ; celle de publier ou autre ; c'est exactement ce qu'écrivait Bach à la fin de toutes ses partitions, rendant à Dieu toutes les oeuvres qu'il a écrites... ; je m'en remets à sa formule, la faisant mienne, à la fin de chaque manuscrit...)

Une qualité et un défaut ?
On me dit : hypersensible, "gentil" (Ils étaient les non-juifs, au temps de Jésus, les "gentils", je leur réponds chaque fois); je suis trop naïf (comme quand je débutai en écriture, à 10 ans !), on me floue facilement, j'ai l'impression (ou la vague impression, sans aucune paranoïa déclarée !)

Un souhait ?
D'autres publications, forcément... Sens donné à ma part d'existence terrestre, ma "mission" d'écrivain, en quelque sorte... (pas forcément chez CDL)

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Alors, c'est plusieurs en une qui se rejoignent, qu'on me pose encore, figurez-vous (à mon âge !) : tu publies quoi, prochainement, t'as gagné beaucoup sur le précédent, t'es riche alors ?!.. (ou vous savez, puisqu'on vous sait écrivain : tu écris toujours ?..) - Et, vous, faîtes-vous toujours l'amour (réponse sur mes lèvres, que je ne révèle jamais, sauf ici)...