Interview...

Romano ( Vlad Janulewicz )


Pseudo ou nom réel ?
Pseudo. Je suis resté longtemps avec mes récits dans un tiroir, parcourus uniquement par les acariens qui passait là...
Lorsque j’ai commencé à les faire lire à des vrais gens, j’ai cherché un nom d’auteur que je trouve en résonnance avec ce que j’écrivais, du noir, de l’horreur, du fantastique. J’ai fabriqué d’abord Romano Janulewicz (Janulewicz étant le nom de jeune fille de ma grand-mère paternelle, et que j’ai toujours adoré prononcer), connoté italo-polonais mais je le souhaitais un plus excessif, affecté ; j’ai donc ajouté Vlad pour le côté roumain gothico-vampirique...
Bah oui ! Les histoires de vampires et d’esprits sanguinaires... Romano Vlad Janulewicz ; on y est là, perdu dans le froid et l’obscurité terrifiante, hein ?
Et puis surtout, si j’ai choisi un pseudo, c’est pour le cas où je deviendrais riche et célèbre, car je n’aurais pas très envie d’être importuné à tout bout de champ à mon domicile par les admiratrices en ébullition, non mais quand même !...

Quand as-tu commencé à écrire ?
À 16 ans, je me suis lancé pour la première. Écrire. À cette époque, je découvrais Lovecraft et son univers, Aldous Huxley, ainsi que Bukowski... leurs textes me faisaient tellement d’effet, je les trouvais d’une intensité si remarquable, j’étais scotché, pris au ventre et à la gorge, alors un jour j’ai eu envie d’essayer d’écrire une histoire, pour voir. Je m’étais mis en tête de faire du fantastique et de l’horreur.
Ah ! C’est qu’il y en avait des goules et des zombies vengeurs ! J’ai commencé avec des stylos à billes de plusieurs couleurs (pour les corrections et les différentes annotations successives) et ensuite avec une vielle machine à écrire qui appartenait à mon père.
J’ai écrit d’abord dans des cahiers d’écolier, et après sur du papier A4 recyclé ou du papier brouillon de couleur piqué au lycée au moment des examens blancs. En général, je découpais, collais et pliais les morceaux de papier pour changer les passages de place ou ajouter de nouvelles corrections avec des astérisques un peu partout... évidemment, je ne m’y retrouvais pas ! J’ai rédigé quelques textes et puis je me suis arrêté durant plusieurs années,
J’ai repris pendant une courte période avant d’arrêter encore. Je crois qu’en ce temps-là l’écriture était plus une sorte de catharsis, car mes textes n’étaient lus par personne étant donné que je les conservais bien à l’abri des regards (enfin, j’en ai égaré plusieurs à force de déménager, mais c’est pas vraiment de grosses pertes...).br> J’ai eu encore une phase active en 2006 où j’ai retouché de vieux textes et décidé d’en composer de nouveaux et là, je me suis aperçu que j’aimais vraiment faire ça ; mais surtout, j’ai compris pourquoi je voulais continuer à écrire: pour être lu !

As-tu déjà publié quelque part ? Depuis 2007 où j’ai commencé à faire connaître mes nouvelles et à les proposer à de nombreux fanzines, j’ai eu la chance d’en voir publier près d’une vingtaine, sur papier ou en ligne. Mais ma première publication « professionnelle » (avec contrat d’édition...) est intervenue en octobre 2009 ; c’est un texte intitulé « A.O.C. Dealu Mare » paru au sein de l’anthologie « Malpertuis I », aux Éditions Malpertuis. Pour l’ensemble de ces histoires, je ne vous précise pas le genre dont ils relèvent, il me semble que vous avez compris là...

Pourquoi Chloé des Lys ?
J’ai ciblé une dizaine de petits éditeurs ou indépendants mais pas forcément spécialisés dans mes genres de prédilection. Ils étaient tous basés en France, sauf CDL. Après plusieurs refus, et alors que j’attendais encore quatre réponses, j’ai reçu un courrier de Laurent m’indiquant que Chloé des Lys acceptait de prendre en charge la publication de mon manuscrit ! La maison m’a paru fort sympathique et sérieuse, et sa gestion carrée et transparente. Alors j’ai signé, pardi !

Quel ouvrage vas-tu publier ?
« Vue sur ténèbres » est un recueil composé de treize textes écrits entre 2006 et 2008 dont la plupart sont parus dans divers fanzines. D’autres sont inédits. Leurs thèmes sont assez variés et ces récits constituent une bonne représentation de mes récentes inspirations.
Du noir, du fantastique, de l’horreur, mais aussi de l’humour, un peu, parfois, si, si je vous assure...

Des projets pour la suite ?
Un recueil de nouvelles noires intitulé « Petits papiers meurtris », paraîtra courant 2010 aux Éditions Black-Out. Je travaille aussi (mais doucement, à mon rythme) sur un court roman sanglant un peu trash, mélange d’absurde et d’humour (noir...).

As-tu un blog ou un site ?
Le Blogoscriptorium est un espace sans queue ni tête, hautement culturel, où je consigne mes pensées philosophiques les plus profondes, évoque mon actualité et expose mon meilleur slam qui déchire sa reum. Les mises à jour sont tributaires de la météo, de mon transit intestinal, de mon temps libre, de l’inspiration qui m’est accordée et de la motivation qui m’habite... oui, je sais, ça en fait des conditions... Enfin, si vous voulez, viendez-y !

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Beaucoup trop de trucs... mais je me limiterai... il y a par exemple les gens qui croient avoir le monopole du bon goût et du savoir-faire, et qui ne savent que dire, sans même avoir testé la chose dont ils parlent ou être capable d’argumenter leur point de vue : « ça, c’est nul, c’est de la merde alors que ça, par contre, c’est du lourd ».
Il y a aussi ceux qui ne peuvent s’empêcher de jouer aux petits-chefs ou dont la philosophie repose sur « faites ce que je dis, mais pas ce que fais »... Bon, allez, je m’arrête là parce que j’suis énerve, ça y est !...

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Je crois qu’il n’y en a pas, a priori. D’ailleurs, comme dirait Madame Gump : « N’est stupide que la stupidité ! »