Interview...

Laurent Roman


Pseudo ou nom réel ?
C’est mon vrai nom. Pourquoi en changer quand on s’appelle Roman et qu’on en écrit (rires) ?

Où habites-tu ?
Je me partage entre Tournai et Ath où vit ma compagne. J’aime Tournai pour ses monuments et son histoire, mais je me trouve très bien aussi à Ath, petite ville qui bouge et où la campagne n’est qu’à cinq minutes. L’idéal quand, comme moi, on aime enfourcher sa bécane.

Que fais-tu dans la vie ?
J’écris. Des chansons en premier lieu. Depuis plus de 20 ans maintenant. C’est ce que j’aime le plus. Depuis quelques mois, j’ai commencé à écrire des textes en anglais et ça m’amuse beaucoup. Et puis j’écris des livres. Le premier a été la biographie écrite avec mon grand-père et qui raconte sa vie de –grand- cyclotouriste. Aujourd’hui je vais publier mon second roman.
A part ça, je cherche du boulot, parce que si écrire rendait riche, ça se saurait (rires), donc, faut bien vivre. Mais ce n’est pas évident !

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Vers le milieu des années 80. Mon plus vieil ami, qui est également l’un de mes compères musicaux, Philippe Vanclès pour ne pas le nommer, commençait à composer et ça m’amusait d’écrire les textes de chansons avec lui. Puis, lorsqu’il s’est produit sur scène, j’ai vu les réactions des gens quand il chantait les textes que j’avais pondus. C’est à ce moment-là qu’à eu lieu le déclic. J’ai su que je ne pourrais plus jamais arrêter et que je deviendrais parolier.

As-tu déjà publié quelque part ?
Depuis 2006, je suis publié par les Éditions Chloé des Lys. Mon premier ouvrage s’intitulait « Itinéraire d’un cyclo exemplaire », une biographie consacrée à mon grand-père Maurice Vertongen, grande figure du cyclotourisme franco-belge. Mon second « Toutes les nuits que Dieu fait » était un roman. Une sorte d’huis-clos policier, qui présentait la particularité de débuter alors que l’histoire était déjà commencée.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Non, aucun prix jusqu’à présent. Quant à la reconnaissance, être publié et voir mon travail de parolier récompensé en figurant sur divers CD ainsi que par les demandes de collaboration par plusieurs artistes, me semblent être la plus belle des récompenses pour un auteur.

Pourquoi Chloé des Lys ?
D’abord parce que ce sont eux qui, les premiers, ont accepté de publier la bio consacrée à mon grand-père. Un projet que nous portions, lui et moi, depuis près de dix ans. Je voulais absolument que ce livre sorte, et ce, même s’il n’était plus là pour le voir, ce qui restera toujours mon plus grand regret…
Ensuite, parce que, bien que ce soit une maison d’édition, c’est aussi très amical, presque famille. Et ce côté-là n’est pas fait pour me déplaire (sourire).

Quel nouvel ouvrage vas-tu publier ?
"Parfum Lavande". Un livre qui commence comme une histoire d’amour et qui se termine en une sorte de roman noir. Il y est question de manipulation, de mafia, de connivences politique et de justice corrompue. Et puis, en filigrane, j’aborde également le droit à la différence.
Ce livre a une histoire. J’ai écrit le premier manuscrit en 1990. L’an dernier, j’ai, pour la première fois, vécu l’angoisse de la page blanche. Ca a duré trois mois ! C’est finalement ma mère qui venait justement de relire ce manuscrit, qui m’en a reparlé en me proposant de le relire à mon tour, au cas où. Ce que j’ai fait. Bien entendu, j’ai réécrit une bonne partie de l’histoire, mais c’est grâce à Parfum Lavande que je suis reparti de plus belle. Et à ma mère. Voilà pourquoi il me semblait juste de lui dédier ce roman.

Des projets pour la suite ?
Je n’en manque jamais ! Le tout étant de m’y mettre, ce qui est une autre paire de manches. En chanson, je continue à écrire en anglais pour un nouveau groupe belge. En français, je bosse actuellement sur le projet d’un artiste francophone, pour un CD qui devrait sortir partout en francophonie. Un gros truc, mais dont je ne peux pas vraiment parler pour l’instant, ne sachant pas encore combien de morceaux à moi se retrouverons sur l’album. Sans compter que je suis un peu superstitieux, et comme cela pourrait me donner un fameux coup de pouce…
Concernant les livres, j’ai au moins 5-6 idées, ne me reste plus qu’à les concrétiser. Mais l’écriture d’un livre reste plus fastidieuse pour moi ; sans doute parce qu’on écrit une chanson en une page et qu’un roman doit en compter une centaine au minimum.

Pourquoi écris-tu et comment ?
J’écris parce que c’est comme ça. Parce que c’est la seule chose que je sais bien faire, que j’aime vraiment faire. Je crois que j’étais fait pour ça, tout simplement. Mais je ne cherche pas trop à comprendre. Je laisse ça à ceux qui eux, ne comprennent pas (sourire).
Quant à la manière dont j’écris. Le plus souvent sur un bout de papier, une feuille en ce qui concerne les chansons. Pour les livres, je laisse murir dans la tête et quand c’est bon, je m’installe derrière mon Pc et c’est parti. Parfois j’écris juste le pitch du bouquin, histoire de l’avoir en tête, mais c’est rare. Ou alors parce que je ne me sens pas de l’écrire de suite et j’ai de quoi me la remémorer plus tard.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Mon influence première, je ne trahirais pas un secret, ça commence à se savoir, c’est Daniel Balavoine. J’ai énormément appris en l’écoutant chanter et parler. Énormément. Il a ouvert mon esprit à la révolte pour des causes justes, à m’emporter pour ce qui m’importe, comme il le disait si justement.
Ensuite, il y a Gainsbourg, pour son écriture incroyable.
En littérature, je n’ai pas vraiment de maitres. J’aime les auteurs d’aujourd’hui, comme Yann Moix, Frédéric Beigbeder.
Au cinéma, j’ai eu deux grandes passions : Gérard Philippe et Robert De Niro. Quant à la peinture, que j’ai pratiqué durant 5 ans aux Beaux-arts à Tournai, je suis un inconditionnel de Van Gogh et de Vermeer.

Tes hobbys ?
L’écriture, mais en est-ce encore vraiment un (rire) ? L’informatique et le vélo (je parcours quelques 1000 km par an).

As-tu un blog ou un site ? Adresse… qu’y proposes-tu ?
J’ai mon site officiel : "www.laurentroman.com" où on peut lire quelques textes de chansons que j’ai écrit, ainsi qu’écouter les dites chansons. Retrouver mes livres etc. Une nouvelle version devrait d’ailleurs voir le jour fin de cette année, début 2010 ; Et puis, je suis également présent sur la toile via mon blog, et les sites de socialisation Facebook et MySpace. Pour les trouver, c’est facile, un p’tour sur Google, on rentre Laurent Roman et hop, ça s’affiche !

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
L’incivilité croissante. Et dans toutes les catégories d’âge. Ce qui me navre au plus haut point. La mauvaise foi me met hors de moi ainsi que le fait de devoir répéter sempiternellement la même chose (ceux qui vivent avec des ados me comprendront aisément).

Un souhait ?
Arriver au but que je me suis fixé et que j’atteins doucement : être reconnu pour ce que je fais. D’abord par la profession (chanteurs, éditeurs, etc.), ensuite par les gens qui écoutent et lisent. L’un des meilleurs moments que j’ai connu en tant qu’auteur fut certainement la première fois que j’ai entendu l’une des chansons que j’avais écrite passer à la radio. C’était grisant. Comme la première interview. Moi qui avait l’habitude de poser les questions (j’étais alors correspondant de presse), je me retrouvais à devoir y répondre. Moment étrange, amusant et… stressant !

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Ca va peut-être te vexer mais… tu me l’as posé : pourquoi écris-tu ? Comme je te l’ai dit, ça me semble tellement naturel que je trouve étrange qu’on me la pose. Mais je comprends qu’on aime savoir. Mon ami, François Vandenbosch, qui vient d’écrire ses mémoires *(pour lesquelles j’ai d’ailleurs écris la préface), aime à répéter qu’il ne cesse pas de chercher: savoir, comprendre. C’est un monsieur de 98 printemps qui dit ça, donc …