Interview...

Georges Roland


Pseudo ou nom réel ?
À quoi bon faire supporter à mes proches le poids de mes engagements et, surtout, de mes délires ?

Tu habites où ?
À Bruxelles, dans le parc de Warande, juste en face du Parlement. Tu vois le grand bâtiment avec une coupole ornée d'un drapeau belge ? C'est là, un garni au troisième sous-sol, avec vue imprenable sur le pied de saint-Michel sur la Grand-Place, le bras droit de 't Serclaes et la main gauche de Menneke Pis.

Sucré ou salé ?
Chocolat.

Ton job ?
Testeur d'ottomane. Un métier dur et à risques, mais mieux qu'assis : couché . Salaire proportionnel à l'effort fourni.

Un souhait ?
Désolé, je n'ai pas éternué... mais je promets d'essayer ; ça, c'est pas un souhait, c'est un vœu.

Pourquoi t’es chez Chloé des Lys ?
Joli nom, ambiance sympa. On est loin des carnassiers du 6e arrondissement de Paris. Un coin de paradis, une ottomane pour auteurs, où l'on m'a accueilli.

T’écris quoi ?
Alors là, il faudra le demander aux lecteurs. On pourrait dire "des romans", mais ce sont plutôt des récits déjantés. On pourrait dire "de la poésie", mais ça frise le texte de chansons de carabin, on pourrait dire "du théâtre", mais ce sont surtout des personnages et des dialogues. Compliqué, non ?

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
La bêtise, la connerie et l'imbécilité (ce ne sont pas des synonymes). Justement les trois qualités les plus répandues. Demande à n'importe quel automobiliste.

Tes livres cultes, tes films cultes, tes personnages cultes ?
Livres : L'étranger de Camus, à deux longueurs devant Maman Jeanne de Daniel Charneux, Le cantique des carabines de Xavier Deutsch et certains romans de Pieter Aspe.
Films : Falstaff d'Orson Welles, lui aussi en tête, suivi de I comme Icare de Henri Verneuil et des films de Claude Chabrol.
Personnages : mon père, largement en tête devant Menneke Pis, Akhénaton, Julien Sorel, Quasimodo, la liste est longue.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
C'est ma réponse qui risque d'être stupide.

Si tu étais...

Une ville:
Bruxelles, naturellement
Un livre: "Maman Jeanne" de Daniel Charneux
Un animal: un ai sur son arbre penché
Une arme: un pistolet (au kip-kap)
Une drogue: du chocolat en poudre à sniffer
Un mot: toi
Un bruit: le bruissement d'une rivière à truites
Une saison: un printemps de 365 jours
Un plat: à barbe pour Alonzo Quijano
Un film: Falstaff d'Orson Welles
Un super héros: mon dabe
Une série télé: je passe
Une citation: "La raison, c'est l'intelligence en exercice, l'imagination, c'est l'intelligence en érection." (Victor Hugo)

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L'AUTEUR

Né à Bruxelles au sortir de la deuxième guerre mondiale, je suis un parfait bâtard belge, tiraillé entre cultures flamande et francophone.

Je suis un Brusseleir récalcitrant et mangeur de poulet, un kiekefretter anar, en quelque sorte.

Avant toute chose, j'estime que mon sabir belgicain vaut bien l'english pidgin qu'est devenue la langue française, ce qui ne m'empêche nullement de la défendre contre l'invasion mondialiste. Je dis nonante-neuf au lieu de quatre-vingt-dix-neuf, je mange des pistolets, du cramique, et bois de la kriek. À mes yeux, cela vaut mieux que d'utiliser des raccourcis anglo-saxons et de se ruiner l'estomac avec des chiens chauds rebaptisés, en guise d'assujettissement à la tendance.

Par contre, je n'aime ni les caricoles, ni le coca cola.

Qu'est-ce que tu dis en bas de ça, fieu ?

Je suis chauve, mais pourquoi se couvrir d'une perruque, alors qu'une perruche, en plus, est capable de chanter et surtout, de parler ? J'orne donc ma calvitie d'une calopsitte. On peut zwanzer, non ?

À dix-sept ans, je m'imaginais mélange : un tiers de Hendrik Conscience, un tiers de Victor Hugo, un tiers de Paul Verlaine, et surtout, un grand tiers d' Albert Camus. On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans.

L'appel de la scène fut un déclic, je m'investis dans des interprétations, des mises en scène, et enfin, l'écriture. Je montai des pièces pour enfants, pour adultes, initiai des adolescents à la magie du théâtre. J'écrivis des textes de chansons, des nouvelles, des romans.

Quand on aime, pourquoi s'embarrasser plutôt que de s'embraser?