Interview...

Jean Rohner


Pseudo ou nom réel?
Ne vivant pas sous une dictature militaire, ni sous un régime théocratique, j'utilise mon nom réel. Rohner, très rare en Belgique, est courant en Suisse, patrie de mon arrière-grand-père.

Où habites-tu? Excepté de 1966 à 1972 ( j'habitais à l'étranger: USA et Suisse ), j'ai toujours habité à Laeken, dans le quartier du Heysel.

Une famille, des enfants...?
Une épouse, Margaret rencontrée à Lugano en 1970. Notre fils, Alain, est né en 1983.

Sucré ou salé?
Salé avec la bière et le vin, sucré avec le thé ou le café; quoique la tartine au fromage ne soit pas exceptionnelle au petit-déjeuner.

Que fais-tu dans la vie?
Je suis retraité ( aujourd'hui pensionné ) depuis 2005 et heureux de l'être après avoir notamment passé 25 ans dans une de ces grandes banques que l'Etat dut, à coup de milliards, sauver de la faillite en octobre 2008.

Quand as-tu commencé à écrire?
Mes premiers travaux d'écriture sérieux remontent au début des années nonante. Alors seulement, j'ai démarré avec en tête une histoire complète qui tenait la route. J'avais alors un peu plus de 45 ans. Avant cela je n'avais fait que chipoter.

As-tu déjà publié quelque part?
Deux romans chez Chloé des Lys: "Compte à rebours" (2005) et " 2023, entrée en parousie" (2009).

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque?
En sixième primaire j'ai obtenu un premier prix pour une rédaction intitulée "Une journée d'aventure en forêt". Le prix, offert par la ville de Bruxelles, était un roman de Jack London: " Michael, chien de cirque " (collection Rouge et Or).

Pourquoi Chloé des Lys?
Je ne connaissais pas cette maison quand en février 2004 j'ai entendu son fondateur, Laurent Dumortier, expliquer dans une interview, à la RTBF, que le comité de lecture de Chloé des Lys se faisait un devoir de lire jusqu'au bout chaque manuscrit reçu. Et je me suis dit: "Voilà enfin une maison d'édition qui respecte les auteurs". Dans la foulée, j'ai envoyé le manuscrit de "Compte à rebours".

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître?
J'ai contacté les librairies "Tropisme" et "Filigrane" qui ont mis mes romans en rayon. J'ai fais un toute boîte dans le mon quartier. J'ai envoyé un mail à mes amis et connaissances et à des dizaines d'ex-collègues avec prière de diffuser. Par deux fois, j'ai envoyé mes romans avec une lettre de promotion à la presse ( trois grands quotidiens, un hebdo et trois émissions de radio) sans aucun résultat, hélas, parce que ce fut onéreux.

Des projets pour la suite?
Je suis en pleine écriture d'un roman qui a pour cadre le Sénégal avec pour toile de fond une enquête policière.

Pourquoi écris-tu et comment?
L'écriture m'a offert la dose de créativité absente d'une vie professionnelle très routinière. J'écris mon premier et mon deuxième jet au stylo à bille sur des blocs de papier quadrillé, format A4. Je tape ensuite mon troisième jet sur ordinateur.

Tes influences, tes coups de coeur...?
En littérature: Albert Camus, James Ellroy, Robert Silverberg.
Cinéma: Emir Kusturica, Krzysztof Kieslowski, Woody Allen.
Peinture: Bruegel, Rembrandt, Chagall. Musique: Mozart, Chopin, Pink Floyd.

Un ami dont tu aimerais qu'on parle?
Mon ami Philippe Devoegelaer. Philippe a 50 ans. À partir de l'âge de 30 ans, il a perdu progressivement la vue mais sa cécité ne l'empêche pas d'écrire. Chloé des Lys publie (novembre 2010) son premier roman: "Balade pour un junkie".

Tes hobbys?
L'étude de l'histoire en général, en particulier celle des 18ème et 19ème siècles. Et il y a aussi la lecture et l'écriture.

Qu'est-ce qui te fout en rogne?
Les privilèges et les salaires mirobolants des dirigeants de grandes entreprises auxquels on accorde d'ahurissants parachutes dorés en cas d'incompétence grave.

Un souhait?
Que la presse accorde à Chloé des Lys et à ses auteurs toute l'attention qu'ils méritent.

Quelle est la question la plus stupide que l'on t'ait posée? Une (très bonne) copine rêvant pour moi de célébrité: "Pourquoi n'écrirais-tu pas des histoires ou des contes pour enfants?"