Interview...

Jacques Paradoms


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel. Pour moi, c’était très important d’utiliser mon vrai nom. On peut en trouver la raison dans mon roman Le baiser de la Muse.

Où habites-tu ?
Je suis né à Braine-le-Comte, dans le Hainaut belge. J’habite maintenant le village de Neufvilles de l’entité de Soignies depuis 40 ans. J’ai fait mes études (latin et grec) à Braine-le-Comte puis à Mons (deux fois !) Quand j’ai cessé de travailler, je suis retourné à Mons suivre un graduat de bibliothécaire documentaliste.

Une famille, des enfants…
Je suis marié depuis trente ans avec la même femme. Nous avons une fille qui vient de se marier.

Sucré ou salé ?
Sacré et saoûlé.

Que fais-tu dans la vie ?
Faut-il obligatoirement faire quelque chose, (pour être « productif » peut-être ?) Je préfère simplement être, le reste coule de source.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
J’ai commencé très jeune, quand j’avais envie de lire et qu’aucune histoire ne me plaisait. On n’est jamais si bien servi que par soi-même.

As-tu déjà publié quelque part ? Et quoi ? Quel genre ?
J’ai commencé à publier des nouvelles dans des revues, notamment le défunt fanzine français « Chimères » consacré au fantastique et à la SF.
La pièce manquante (Chloé des Lys, 2002) est le roman que je ne voulais pas écrire ; ce ne devait être qu’une nouvelle racontant la découverte de trois cadavres dans une pièce murée. (Deux cadavres, c’eût été trop classique : la femme et l’amant ; un troisième rompait avec le cliché.) J’avais déjà douze pages et l’histoire était loin d’être finie. J’ai alors réalisé qu’il y avait assez de matière pour en faire un roman. Cela a donné ce « polar généalogique ».
Avant cela, j’avais publié, via un atelier créatif, un conte pour enfant (accessible quand même aux adultes) sous forme de brochure (A4 plié en deux et agrafé) et sans illustrations. J’aimerais trouver un illustrateur et le rééditer dans une collection pour la jeunesse.

J’ai aussi publié un recueil de nouvelles fantastiques : Les silences. Souvent, dans un recueil de nouvelles – qui porte le titre de la première – celles-ci n’ont aucun rapport entre elles. Ici, il y a un thème commun : le silence, sous une forme ou une autre.
Pour le Baiser de la Muse, j’ai essayé une écriture complètement différente, une narration éclatée. Un certain Jacques Paradoms est interviewé sur son roman Le baiser de la Muse. Au second niveau, on découvre le contenu du livre : l’histoire d’un auteur de romans policiers qui a écrit l’histoire d’un écrivain qui tue celle qu’il considère comme sa muse ; c’est le troisième niveau. Il ne s’agit pourtant pas d’histoires gigognes (une qui se veut « réelle », la seconde une autofiction et la troisième de la fiction pure) mais d’une seule et même histoire à trois niveaux « où la réalité se métamorphose à la lumière de ses propres reflets ». Plusieurs thèmes y sont traités : d’abord l’influence que peuvent avoir nos professeurs sur notre destinée, mais aussi l’écriture, différentes façons d’appréhender le passage du temps ; il y a aussi la nostalgie qui peut être destructrice.
J’ai aussi rédigé plusieurs analyses et divers articles pour la revue Indications : la revue des romans, ainsi qu’un court article sur André-Marcel Adamek pour L’École des Belges : Dix romanciers d’aujourd’hui publié au Castor Astral.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
La nouvelle "Les Yeux de Pierre" a été classée 10e au concours "Art Pluriel" (Belgique) en 1993.
En 1994, un recueil de 4 nouvelles a été classé 5e ex aequo (sur 273 participants) au 9e Concours francophone de la Nouvelle de Palaiseau (France). Ce recueil comportait les nouvelles suivantes : Les silences de Pierre (même nouvelle que précédemment), Les silence du Blanik, Les silences de Lazare et Silence.
Bien que le thème fût libre, j’avais trouvé intéressant qu’elles aient un « fil rouge ». C’est ainsi que j’ai eu l’idée de composer tout un recueil sur le thème du silence. Ces quatre nouvelles sont reprises dans Les silences.

Pourquoi Chloé des Lys ?
J’ai connu Chloé des Lys au moment aux ils débutaient. Mais aussi j’étais nouveau dans ce type de publication. Comme j’ai toujours eu une âme de pionnier, je me suis dit : « Créons une synergie ».

Quel ouvrage vas-tu publier ?
J’ai terminé depuis quelques mois un roman intitulé « Un livre : variation sur La porte étroite ».
« Ce roman met en scène dans les années 60 un jeune homme tout juste sorti de l’adolescence et sa famille attachée aux traditions et aux conventions. Il vit à travers les livres, notamment l’œuvre d’André Gide. Le livre La porte étroite, qui pourrait s’appliquer à sa propre situation, semble mener sa vie.
Lors de vacances, il passe beaucoup de temps avec sa cousine par remariage, Christine. Celle-ci est plus âgée que lui, protestante (alors qu’il est catholique) et très pieuse. Longtemps, leur relation reste platonique et familiale : les deux jeunes gens passent du temps ensemble, parlent de littérature, écoutent durant de longs moments de la musique classique.
Lorsque Christine lui apprend qu’elle a reçu une demande en mariage qu’elle n’a pas l’intention d’accepter, le narrateur comprend qu’il est amoureux d’elle et lui demande sa main, lorsqu’il aura finit ses études. Elle commence par accepter.
Un roman au style agréable et classique, qui convient à l’histoire qu’il développe. Les citations tirées de La porte étroite sont harmonieusement intégrées et ajoute un niveau au récit ; l’intertextualité se superpose à la fiction.
Histoires amoureuses dans la famille, amour platonique, amour de l’art, religion, tradition familiale…Tous les ingrédients sont réunis pour un récit à l’image des romans sentimentaux anglais, avec une fin où la raison l’emporte. »


Cette analyse n’est pas de moi mais d’un éditeur qui m’a proposé de l’éditer… moyennant une participation de l’auteur d’un montant indécent. J’ai bien sûr refusé, mais je n’ai pas tout perdu : ce sera une bonne 4e de couverture.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Ah ! Mais je ne suis pas connu et je voudrais bien l’être ! Mais je ne sais pas comment on fait. Aidez-moi !

Des projets pour la suite ?
Publier mon dernier roman Un livre. Je termine aussi un roman intitulé Séductions.

Pourquoi écris-tu et comment ?
J’écris par besoin. Je commence mon récit au stylo à plume, encre couleur océan, ou verso d’anciens manuscrits dactylographiés. Je laisse mijoter une nuit (qui, paraît-il porte conseil) et le lendemain, je tape le texte sur ordinateur. C’est l’occasion d’apporter les premières corrections. J’écris souvent en musique (généralement classique, mais cela dépend de l’histoire que je suis en train d’écrire) et je crois que mes textes s’en ressentent. Mon dernier roman est presque un roman musical, tellement la musique y est présente.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Mon « Maître à écrire » est assurément André Gide.
Très tôt, je me suis passionné pour les romans anglais, les sœurs Brontë, Daphné du Maurier,… Ce sont ces romans qui m’ont finalement amené au Fantastique.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Françoise Houdart, auteure de onze romans. Mais elle est aussi poétesse et ses romans s’en ressentent. J’adore son style.

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
En dehors de la littérature, je me passionne pour l’Histoire (surtout l’Antiquité) et je ne manque aucun des documentaires sur les découvertes archéologiques qui passent sur Arte. J’aime aussi la musique, souvent présente dans mes écrits.

As-tu un blog ou un site ? J’ai un site depuis 2003, http://membres.multimania.fr/jacquesparadoms/index.html puis, quand les blogs sont apparus, j’ai transféré une partie (mes notes de lectures) sur le blog http://jacqualu.canalblog.com/ plus facile à modifier. Le problème, c’est que je ne m’en occupe plus beaucoup. Il faudra que je pense à les mettre à jour. Sur le site, je présente plusieurs choses : moi, bien sûr, et mes publications, mais aussi certains auteurs que j’apprécie particulièrement. Sur le blog, je parle de mes lectures et de l’actualité littéraire. Enfin, en principe, car je viens d’aller voir et c’est plus de l’Histoire que de l’actualité.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Je râle très vite sur tout, mais comme j’aime l’Histoire et que l’Histoire rend philosophe, je me dis tout aussi vite que ce ne sera pas la fin du monde.

Un souhait ? Si j’étais candidat à « Miss France » (ou une autre), je dirais comme beaucoup : « La paix dans le monde. » Mais comme je n’y ai aucune chance, je me contenterais d’un Prix Nobel de littérature.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
En cherchant bien, elle est peut-être dans celles que tu viens de me poser.