Interview...

Noël Frédérique


Pseudo ou nom réel ?
Eh bien, c’est un pseudo, mais il est fabriqué avec mon prénom trop long et que personne n’a jamais utilisé : Frédérique-Noëlle, que j’ai transformé en Frédérique Noël. Et pour la première fois, j’ai trouvé que ça sonnait bien !

Où habites-tu ?
J’habite dans la Drôme, un département presque du Sud… Pas asez à mon goût, mais finalement très bien placé : non loin de Lyon, de la Suisse, de la Méditerranée. A la campagne, parce que j’ai toujours aimé cela, même si je cours comme tout le monde, périodiquement, vers la ville, pour les boutiques…

Une famille, des enfants…
Oui, mariée très classiquement, avec deux enfants uniques, là c’est moins classique. Je fais un enfant tous les 18 ans, parce que je trouve ça très fatigant. Donc, une grande fille qui vit au Canada, et qui a 32 ans ; et un garçon de 13 ans qui vit avec nous et ses rêves de voyages.

Que fais-tu dans la vie ?
J’ai été éleveur de chevaux, secrétaire comptable, prof d’anglais, mais maintenant, je fais… pas grand chose au sens où l’on entend « faire un métier », du sérieux, quoi. Mais je fais beaucoup de choses que j’aime : j’écris, je voyage, et je m’amuse à faire sur internet un mini-commerce équitable avec les idées que me donnent mes pérégrinations et mes rencontres. J’essaie alors de mettre en lien des ressources et des besoins des deux côtés. J’adore !
Et puis, tout de même, je m’occupe de ma famille.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
J’ai toujours écrit, depuis toute gosse, parce que dans ces moments-là, je ne voyais plus le temps passer. Si je me retrouve parmi vous aujourd’hui, c’est parce qu’il y deux ou trois ans, j’ai fait un master, et le contexte m’a tellement cassé les pieds que j’ai fait un mémoire à ma façon, pas du tout universitaire, si tu vois ce que je veux dire.
Les profs n’ont pas du tout apprécié, mais tous les copains me l’ont demandé et se sont bien amusés. Et ils m’ont encouragée à envoyer un de mes manuscrits… Ce que j’ai fait.

As-tu déjà publié quelque part ?
Non, c’est la première fois.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Non, je n’ai jamais essayé. Je n’avais pas le temps ni le désir de chercher une « reconnaissance quelconque ». J’écrivais pour moi, pour mon plaisir. Je pense qu’il y avait aussi un peu de crainte…

Pourquoi Chloe des Lys ?
Parce que c’est celui qui m’a dit « oui ». Et puis, quand j’ai connu un peu le fonctionnement, j’ai été ravie … L’esprit me plaisait.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
En fait, il est sorti, ce premier livre et il s’appelle : « Plus con tumeur ! »
C’est le récit d’une traversée du cancer, mais j’ai essayé de le rendre un peu humoristique, plus léger que le sujet. J’y ai mis une partie de mon expérience personnelle, et d’autres faits que j’ai glanés chez d’autres personnes.
C’est l’histoire d’une transformation à l’intersection d’une vie toute banale, normale, et de la confrontation avec l’idée de la mort qui, peut-être, s’approche à grands pas. La narratrice conte aussi bien les bévues des médecins, que les carabistouilles (c’est de chez vous, ça non ?) administratives, mais aussi le regard des gens qui change, et le sien. Elle règle aussi ses comptes avec la religion et quelques unes de ses incohérences. Le ton est quotidien, c’est un langage parlé plus qu’écrit. En fait, ce livre est un peu le fruit du hasard.
Maintenant, je travaille à un autre projet qui est davantage ce que j’aime écrire. C’est un livre sur la divergence : jusqu’où peut-on aller dans la différence voulue et assumée sans perdre le lien avec ses semblables. Mais je voudrais qu’il soit … divergent, y compris dans la forme. Alors, je cogite beaucoup !

Pourquoi écris-tu et comment ?
J’écris d’abord parce que j’aime écrire. J’écris quand je ressens que ma tête est pleine d’idées et que les mots et la forme sont là. Je crois que j’écris pour jeter mes colères sur le papier…Et aussi pour l’émotion.
Mais je n’écris pas régulièrement, donc c’est bon signe, je ne suis pas toujours en rogne !

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
J’adore Milan Kundera et Salman Rushdie, j’aime Fred Vargas pour les polars, j’aime Edgar Morin avec son concept de « complexité ». Et puis les philosophes des lumières que je relis souvent, ainsi que Tocqueville. Mais j’adore aussi Lucky Luke et les Psys, et pas mal de BD.
En musique, éclectique aussi : mes « must » sont sur mon mp3 : il y a John Lennon, Leonard Cohen, Beethoven, Les vêpres d’un confesseur, les Bee Gees, Linda Lemay.
Finalement, c’est sans cesse une recherche d’émotion : je les cultive, je les traque. Ca peut-être l’émotion due aux mots, aux pensées, qui m’ouvrent des horizons, à la mélodie, et parfois tout ça à la fois.
Quant à la peinture, je suis d’une ignorance crasse. Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Les évidences, assénées comme telles, et qui n’ont jamais été pensées ou re-pensées.

Un souhait ?
Non, je prends les choses comme elles viennent, et de toutes façons, ça ne sert à rien de souhaiter quoi que ce soit. Notre vue est trop courte.