Interview...

Albert Niko


Nom réel ou pseudo ?
Pseudo, car protection.

Où habites-tu ?
J'habite pour le moment dans l'aveyron, mais je compte bouger tous les deux ou trois ans. Ca m'est nécessaire si je veux avancer le manuscrit sur lequel je travaille, une sorte de journal fait de brèves anecdotes et pensées sur ce que je vis. Si je n'évolue pas dans ma vie, l'écriture se raréfie. Déjà que j'avance lentement ! Ce manuscrit ne sera peut-être pas achevé (fonction de ce que je vis) avant une dizaine d'années - prenons large !

Une famille ?
Seul. Je dirais presque indispensable. personne dans mes pattes. Toujours avoir le choix, toujours avoir la main. trop attaché à ma liberté. Le moins de contraintes possible. Je pourrais éventuellement avoir des aventures, mais je ne veux rien construire !

Petit, que voulaius-tu fazire ?
µ
Quand j'étais petit, j'ai voulu tout faire, puis j'ai commencé à écrire, comme tout le monde, vers 13 ans. Un jour, on avait une rédac à faire sur nos passions. N'en ayant alors aucune, il me fallait l'inventer. La veille de rendre les copies, il fallait bien le faire. J'ai inventé un amour immodéré de la nature, version très lyrique (passion qui en est devenue une car j'ai besoin de marcher un peu tous les jours en forêt, surtout m'écarter de la ville). J'ai fait aucun brouillon, écrit en rouge. Quand la prof m'a rendu ma copie, il y avait écrit "malhonneteté intellectuelle", alors je lui ai demandé ce que ça signifiait. Vous allez pas me dire que vous avez pas été pécher ça dans un livre , avec un zéro. Dur de l'annoncer aux parents, mais par la suite, j'ai pris conscience qu'on m'avait, en quelque sorte, délivré un certain pouvoir. J'ai donc continué à écrire.

Une fiure historique ?
Comme figure historique, n'était qu'il s'est pourvoyé sur la fin de sa vie en croyant au hitlérisme, c'est à la fougue d'un certain Knut Hamsun que j'aimerais ressembler, ou, un autre écrivain, le moine poète japonais ryokan, pour son innocente bienveillance, ou encore Issa, pour les épreuves qu'il a vécues toute sa vie, et comment il a réussi à les surmonter.

Que fais-tu contre le stress ?
Contre le stress, je me repose en écoutant de la musique : le choix est primordial !
Que fais-tu dans la vie ?
En dehors d'écrire, je ne fais rien. Je me maintiens comme je peux au chomage. Chez moi l'écriture et l'homme et sa vie ne font qu'un. Je ne peux rien inventer. je dois d'abord être libre de "tout" et revendiquer le vide d'une vie artistique : être totalement moi pour écrire ce que je suis moi, et retrouver cette musique personnelle qui m'est si chère.

As-tu déjà publié ?
J'ai publié trois recueils chez paul Van Melle, qui m'a conseillé, pour toucher davantage de lecteurs, de m'adresser à CDL.Comme il le disait, je n'écris ni poésie ni prose, c'est "autre chose" !

Tes influences ?
Essentiellement américaines ; et dernièrement, sinojaponaise. Quand je tombe sur un nouvel écrivain, je prends n'importe quelle page, et suivant comment c'est écrit, je referme ou non. L'histoire importe peu. Ajoutons que j'ai mis beaucoup de temps à me détacher de mes influences.

Commet écris-tu et pourquoi ?
Mes textes sont pour la plupart très courts, je cueille ce qui m'interpelle, c'est très épisodique, un jour j'ai vu une feuille tomber tout droit et prestement d'un arbre, c'était assez étrange : je m'en suis servi et j'ai écrit quelques semaines plus tard (la gestation peut-être très lente !) "une feuille plonge en piqué comme si elle visait une concession au cimetière". C'est toujours décalé. Pour quelqu'un comme moi qui regarde le monde à travers un imaginaire débridé, vivre à notre époque prête à rire tant la réalité semble arbitraire, dans une société de plus en plus mimétique. Je joueavec l'absurdité de l'existence en usant d'images souvent grotesques, avec un goût prononcé pour la bouffonnerie.