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Interview...

Jean-Louis Minot


Pseudo ou nom réel ?
Il s’agit de mon véritable nom. Il m’a semblé plus honnête de signer ce que j’écrivais. Je vois mal l’utilité d’un pseudonyme. Pour cacher quoi ?

Où habites-tu ?
J’habite l’agglomération où se situe mon roman, c’est-à-dire une ville de 50000 habitants environ au nord de Lyon en France. Tous ceux qui ont pris l’autoroute un jour pour descendre dans le midi ont du s’arrêter au péage au nord de Lyon « Villefranche Limas ». C’est ici sur les collines, à droite en descendant. J’ai l’avantage de résider en plein Beaujolais, ce qui présente autant d’avantages et d’attrait qu’une ville d’eau. J’occupe une vieille maison en pierres que j’ai retapée il y a maintenant presque trente ans où nous vivons à deux. Et là j’enchaîne sur la question suivante.

Une famille, des enfants…
Depuis que mes deux enfants, une fille et un garçon, sont partis vivre leur vie étant donné leur grand âge (trente ans passés pour les deux). Le reste de la famille est vite décrit : je suis fils unique. Est-ce que ça me pèse ? Est-ce que ça m’a pesé ? Pour être franc, pas vraiment. La solitude est parfois un peu lourde mais elle a aussi du bon.

Sucré ou salé ?
Question difficile. Prise au pied de la lettre, j’y répondrais par salé (je préfère le fromage au gâteau). Si l’on étend le champ des réponses, j’ai envie de dire salé le matin et sucré le soir. Peut-être aigre-doux, à l’oriental ?

Que fais-tu dans la vie ?
Je suis pour peu de temps encore fonctionnaire à l’Education Nationale, intendant en collège. Ma vie professionnelle est donc plus tournée vers les chiffres que vers les lettres. Mais tout ceci va s’arrêter dans quinze mois environ avec l’espoir d’avoir plus de temps à consacrer à l’écriture.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
J’ai peur d’apporter ici une réponse un peu….toute faite. J’ai toujours écrit, depuis aussi longtemps que je me rappelle. Mais écrire est une chose, finaliser un récit pour en faire un roman éditable en est une autre. Il m’a fallu atteindre l’âge respectable de 55 ans il y a quatre ans pour parvenir à sortir un truc à peu près digeste. Quant à dire pourquoi j’écris, eh bien, dès que j’ai trouvé la réponse, je vous promets de vous la faire parvenir.

As-tu déjà publié quelque part ?
Mon premier roman a été édité en 2007 par les éditions Amalthée. Il s’intitulait « La serpette », roman policier. L’éditeur a mis fin à notre collaboration au bout de dix-huit mois environ, ce qui m’a un peu fâché. Si quelqu’un veut le rééditer……

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Je crois que la réponse est dans la précédente, non ?

Pourquoi Chloé des Lys ?
Grâce à une rencontre que j’ai faite au salon du livre de Villefranche S/S d’un auteur publié chez vous, Jean Louis Nogaro, avec qui j’ai eu le temps de discuter et qui, à cette époque, m’a parlé de vous. Il m’avait même proposé de m’introduire auprès de vous, mais pour cela, il fallait que j’écrive un deuxième ouvrage, ce qui m’a pris un certain temps. A propos, qu’est-il devenu ? Je lui ai adressé un message mais n’ai pas obtenu de réponse.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
« Le rire des gargouilles » se situe, comme le premier, dans ma région. C’est un roman policier classique, un meurtre, un policier qui cherche et un coupable à la fin. Plus sérieusement, dans une ville de taille moyenne en plein essor démographique, les constructions d’immeubles vont bon train. Le premier adjoint au maire se fait tuer en pleine église en fin d’après-midi. L’action se situe en pleine période électorale, ce qui rajoute encore aux pistes possibles. De façon générale, le roman évolue parmi les français moyens (qui pourraient tout aussi bien être belges, d’ailleurs). Je veux dire par là qu’il n’est pas question de milieux financiers ni de terrorisme international mais de la vie courante des habitants d’une ville de province dont les média ne se font que rarement l’écho.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Mon principal problème est l’aspect régional du récit dont je voudrais me détacher. Pour le premier roman, j’ai contacté le journal de la région « Le Progrès » dont il est fait mention dans le récit ainsi que la station Chérie FM qui, à cette époque, m’avait accordé une interview. Pour celui-ci, j’ai recontacté le Progrès ainsi qu’une autre publication. Je vais prochainement recommander des ouvrages pour en transmettre un à la station de radio. D’autre part, j’ai distribué vos affiches chaque fois que j’ai offert un ouvrage ce qui fait, du moins je l’espère, que la publicité se répand un peu dans le pays. J’ai aussi la chance d’avoir des chroniqueurs sur Face book qui ont parlé de moi.

Des projets pour la suite ?
Un nouveau roman en cours, policier toujours, qui se situe à Lyon pour le principal. Mais j’en suis au stade du tâtonnement et des recherches. Je voudrais m’essayer à un autre domaine que policier mais c’est encore trop vague.

Pourquoi écris-tu et comment ?
« Pourquoi » est bien la seule question à laquelle je sois incapable de répondre. J’écris par envie…ou par besoin. Je n’ai pas tranché, sûrement un peu des deux. En fait, la question ne m’intéresse pas. Une seule certitude, il vient toujours un moment où je m’assieds dans un coin à l’écart et où je commence à écrire.
Quant au « comment », j’écris par instinct. Je n’établis pas de plan détaillé avant de passer à la rédaction. Je pense très longtemps à une histoire avant de l’écrire, je laisse les idées s’accumuler, je prends des notes. Et vient le moment où je commence à rédiger. Il faut que je me lance pour pouvoir rentrer dans le récit. Il vient toujours un moment où je ressens le besoin de faire une pause, de revenir sur ce que j’ai fait pour prendre conscience de ce que j’ai voulu et imaginer là où je souhaite aller. Ca peut prendre plus ou moins de temps. L’histoire s’invente elle-même.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Si influences il y a, les lecteurs les découvriront bien plus facilement que moi. Peut-être en littérature policière les écrivains anglais, Anne Perry par exemple. Une surprise de taille depuis le film « La brume électrique », l’auteur du roman, James Lee Burke. Un style étonnant qui fait ressentir l’atmosphère du pays. On en ressent la moiteur un peu étouffante. Tout ça simplement avec des mots.
A côté de ça, une foule de centres d’intérêts. La musique, du Moyen Age à celle du 20ème siècle dans sa première moitié. Le cinéma asiatique (Japon, Chine, Corée) surtout Kurosawa, la littérature japonaise que j’explore. J’ai le défaut des autodidactes, aucun plan d’études, je m éparpille. Il faudra que je prenne le temps de classer. Le dessin et la peinture, deux regrets, celui d’y être nul. J’aimerais tirer une BD d’un de mes livres. Le dessin offre plus de liberté, je trouve. On peut se permettre d’y être moins bavard.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Un ami est un trésor que l’on garde par devers soi. Ai-je répondu à la question ?

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
A part l’écriture, aucun. La photo peut-être. Question de temps encore.

As-tu un blog ou un site ?
Non. C’est grave, docteur ? Je me raconte par livres interposés, ça suffit.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Tant de choses dans l’actualité et la vie courante qu’il serait fastidieux de les énumérer. Je vais citer la mauvaise foi, mais il faudrait approfondir, c’est un sujet vaste. J’essaie d’assumer ce que je suis, ce qui implique au préalable de se connaître. Vaste programme. Oui, je mets en tête de liste l’hypocrisie, le mensonge. Les faux prophètes aussi, les manipulateurs, les gourous de tout poil.

Ta citation favorite ?
Pas vraiment de citation favorite, une simple idée : ne te retourne pas.

Une qualité et un défaut ?
L’entêtement dans les deux cas

Un souhait ?
Peut-être atteindre la sérénité un jour, quand j’aurai découvert ce que cache le terme. Autre chose peut-être de plus littéraire : parvenir à écrire le silence.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Difficile de répondre. On m’en a sans doute posé une un jour mais j’ai du l’oublier assez vite.