Interview...

Kate Millie



Ton premier bouquin ? Pourquoi l’as-tu écrit ? Ecris-tu depuis longtemps ?

J’écris depuis toujours en dilettante… Avec des périodes « avec » écriture et des périodes « sans ». Je peux parfaitement vivre « sans » mais à un moment ou l’autre elle s’abat sur moi sans que j’aie décidé de quoi que ce soit. Avant « Une Belle Epoque », j’ai écrit d’autres romans que j’estime inaboutis.

Que raconte ce livre ?

L’histoire se passe de nos jours. Des « fous des mots » se rencontrent régulièrement sur Internet dans une salle de discussion consacrée à la Belle Epoque. Un jeu d’écriture va les mener à la création d’un roman collectif. Leur héroïne sera Ana V une mystérieuse poétesse (complètement oubliée par l’histoire) qui a influencé la peinture de Gustav Klimt… Autrement dit, moi, j’ai dû écrire deux romans !

Cette couverture est spéciale ?

Comme le roman parle de la Belle Epoque, je voulais une couverture y référant. Quoi de plus symbolique qu’un dessin Art nouveau ?

Tu aimes l’art nouveau ?

L’osmose avec mes personnages a été telle que je ne sais plus si c’est moi qui leur ai communiqué cette passion ou au contraire si ce sont eux.

As-tu cherché longtemps un éditeur ?

Oui ! Comme certains éditeurs mettent parfois des mois et des mois avant de répondre, que j’attendais leur courrier pour renvoyer le livre, que j’ai vécu un an à l’étranger, que j’ai changé de boulot (le bouquin s’est même retrouvé « oublié » dans un tiroir), me faire éditer a pris pas mal de temps.

Et pourquoi CDL ?

Mon roman revenait des diverses maisons d’édition dans un état impeccable (même les confettis laissés dans la spirale de la reliure n’avaient pas bougé). J’ai vite compris que je devais trouver un petit éditeur, alternatif, qui fonctionne à contre-courant et ose innover.

Comment as-tu trouvé CDL ?

De sites en sites, je suis tombée, un jour, sur une photo d’écrivain-e-s portant un nez rouge. Le nez rouge est un signe d’appartenance à CDL. Le lendemain, mon roman partait chez CDL. Rire. Disons que je me suis sentie très interpellée par l’interaction existant entre la maison d’édition et les auteur-e-s.

Tu participes à des concours, etc…

J’ai participé à un concours « premier roman ». Grosso modo, la réponse fut : « Ce que vous avez écrit n’est pas un roman… la prochaine fois que vous participerez à un concours, veillez à ne plus vous tromper, etc. ». Mais c’est un roman que j’ai écrit ! D’accord, un peu spécial, mais c’est un roman ! Quoi, les romans doivent être formatés sur un schéma unique pour être reconnus comme tels !

Et les lettres de refus des éditeurs ?

Rire… Toutes les mêmes… « Nous sommes au regret de…. Notre ligne éditoriale est telle que…blabla blabla ». Une seule éditrice a pris la peine d’une réponse personnalisée : « J’aime trop Gustav Klimt que pour le rencontrer sur Internet ». Incompréhension (réciproque). Oui, « Une Belle Epoque » se passe sur Internet… Et alors ? A l’heure actuelle (presque) tout le monde a une connexion, envoie des mails, s’inscrit sur des forums, participe à des discussions virtuelles. Il y a même des couples qui se forment sur le net. Mes personnages sont des gens comme tout le monde ! Que Gustav Klimt mort en 1918 rassemble des passionné-e-s sur un forum du troisième millénaire et leur donne envie d’écrire un roman collectif, mais c’est merveilleux !

Tu as un blog… d’autres projets pour te faire connaître ?

J’essaye de tenir un blog le temps de la parution… Pas de plan précis… Chaque jour apportera sa part de bonnes petites idées et peut-être de bonnes petites surprises… Je ne sais pas où je vais, j’avance à mon rythme et on verra.

Autre chose en chantier ? Un prochain livre ?

Oh oui… ça bouillonne… rire.

Que penses-tu de la littérature actuelle et en général ?

Je ne m’y connais pas assez pour donner un avis tranché. Je me méfie des discours élitistes qui fustigent les livres dits populaires et en même temps je me tiens à distance du prêt à porter de la pensée. Je ne juge pas les auteur-e-s qui construisent leurs romans selon le modèle Ikea. Si les lire dans le métro ou dans son bain apporte de la détente, tant mieux ! Mais si lire c’est uniquement les lire, il y a un rendez-vous avec la littérature qui me semble raté.