Interview...

Elisabeth Mercatoris


Pseudo ou nom réel ?
Je crois qu’avec la meilleure imagination du monde, on ne peut pas inventer un nom pareil ! C’est effectivement mon patronyme et je l’aime bien. Il se prête souvent aux interrogations. La question la plus courante : est-ce que vous êtes d’origine grecque ? A quoi, je réponds : non, c’est un nom d’origine allemande qui a été latinisé il y a fort, fort longtemps… Mais, je ne sais pas pour quelles raisons ?

Où habites-tu ?
A l’orée d’un bois, je vis sur les hauteurs de la région namuroise. J’ai la chance d’observer les mésanges bleues s’ébouriffer dans les haies et les recherches acharnées des pics-verts dans l’herbe moussue. J’ai aussi des voisins humains mais chaque matin, je suis réveillée par les croassements avides des époux corbeaux et les nuits d’été, j’ai le poil rebroussé par la parade amoureuse d’un couple de fouines. C’est un endroit charmant !

Une famille, des enfants…
Oui.

Sucré ou salé ?
Sans sucre, ni sel ajouté. Il y a d’autres accents possibles à l’alimentation.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
J’ai toujours lu et j’ai toujours écrit. Ado, j’adorais creuser des sujets pour des travaux de fin d’année par exemple. Pour moi, il est donc devenu naturel de poser des mots sur du papier mais si le geste est spontané, il en découle bien évidemment des travaux de réflexion et des retouches successives. Pourquoi écrire ? J’aime bâtir !

As-tu déjà publié quelque part ?
Oui, j’ai eu la chance d’avoir plusieurs textes (poésies et nouvelles) publiés dans la revue le Chat bleu.
J’ai même participé à Pulp.com comme critique des ouvrages destinés à la jeunesse sous le pseudo Eliem.
Dernièrement, l’un de mes poèmes a été sélectionné, il paraîtra en mars 2010 dans l’ouvrage didactique : « Au pays de Maurice Carême : regarder, lire, écrire, créer » de Béatrice Libert aux Editions Couleur Livres, collection L’horizon.
Parallèlement à ce contexte d’écriture, j’ai de belles affinités avec le monde de l’image. J’expose les 20-21, 27 et 28 mars 2010 à Gelbressée (Namur) lors du parcours d’artistes des photos, des peintures et des illustrations bref, le tout destiné à la jeunesse.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Ni César, ni Oscar… Je ne comprends pas pourquoi d’ailleurs ! Ah ah ah ! En fait, ce n’est pas la récompense qui est importante à mes yeux mais bien de se frotter à des exigences quant au respect du sujet, au nombre de caractères, … Je ne nourris aucune attente quant à une reconnaissance quelconque.

Pourquoi Chloé des Lys ?
C’est simple ! J’ai souvent croisé Laurent Dumortier sur des sites dédiés à la littérature et notamment, sur effetmer. Je n’osais pas lui proposer mon travail par peur qu’il ne corresponde pas à son catalogue. Lors du marché de la poésie de Namur, j’étais venue avec un exemplaire de mon album En mode ESC pour le soumettre à l’avis éclairée d’une amie poétesse. J’en ai profité pour faire un petit coucou aux auteurs de Chloé des Lys et à Laurent. Au bout d’une conversation bien sympathique, j’ai pris mon courage à deux mains et lui ai montré mon album. Il a gardé mon exemplaire et l’a proposé au comité de lecture…

Quel ouvrage vas-tu publier ?
Il s’agit d’un album illustré de photos destiné à la jeunesse. C’est l’histoire d’une poupée en porcelaine entreposée dans les réserves d’un brocanteur et qui se demande comment c’était dehors ? Tous les objets utilisés et photographiés proviennent soit de trouvailles lors de promenades soit de brocantes ou de greniers.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Facebook, les sites littéraires, je participe aux concours, aux manifestations littéraires, à des ateliers, …

Projets pour la suite ?
Evidemment ! J’ai écrit les textes de plusieurs albums, j’ai commencé la recherche documentaire pour pouvoir les illustrer. Un projet de jeux pour enfants et un autre projet d’expo pour juin 2010 et des idées aussi qui ne sont qu’à l’étape d’un mot griffonnés sur un bout de papier…

Pourquoi écris-tu et comment ?
Pourquoi ? Parce que j’aime raconter des histoires et surprendre.
Comment ? Parfois, un récit me vient à cause de l’interprétation d’une image ou d’une émotion musicale ou je le destine à une personne ou alors, des mots en appellent d’autres et un récit primaire se construit, puis, j’affûte mes idées, je vérifie la cohérence, …Bref, je travaille le texte.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Quand j’étais enfant, j’étais abonnée aux magazines Tintin et Spirou. J’ai lu grâce à ces revues, une flopée de bd.
Ensuite, je me suis tournée vers la lecture des thrillers américains, j’ai voué une passion pour Stephen King.
Je suis revenue à la littérature jeunesse avec la naissance de mon aînée. Nourrisson endormi sur mon ventre, je lui ai lu tout Harry Potter, Arthur et les minimoys et suis passée aux albums illustrés dès que mon enfant a pu s’asseoir sur mes genoux. Là, je l’avoue, je me suis passionnée pour la littérature jeunesse. Pour les illustrateurs je citerai : Quentin Gréban, Claude K. Dubois, Emily Gravett, …
Pour les textes : Pierre Coran, Laurence Bourguignon par exemple. J’ai commencé naturellement à écrire des textes pour des albums, à me confronter aux exigences et à la réalité du monde de l’édition… Là, je me suis aperçue que l’écriture demandait un réel travail, un travail même parfois colossal alors j’ai lu, j’ai lu beaucoup d’auteurs je me suis amourachée d’autres auteurs comme Italo Calvino, Julien Gracq, Jean Giono, Maurice Carême, …

Pour la peinture, j’ai adoré toute mon adolescence Vincent Van Gogh pour son emportement visible dans l’épaisseur des couches et des traits ! En peinture, j’aime être étonnée par la technique mais surtout, ne pas être lassée par le sujet de la toile. Un jour : j’aime le figuratif, l’autre, le trait épuré. A force, de m’émousser contre ces styles, ces œuvres et ces techniques, j’ y trouve un langage sensible et subtil.
En musique, j’aime les voix ridées comme celle de Johnny Cash. Mais, j’aime aussi la fraîcheur et la finesse de la texture vocale et des intonations de Anna Ternheim.
Au cinéma, j’adore Clint Eastwood ! J’ai encore des frissons en pensant au « projet blairwitch ». Brrr ! Je ris du caustique et des situations honteuses voire absurdes du film Festen. Je plane encore sur l’adaptation cinématographique du livre de Musso : Et après ? , et je cherche à connaître la fin du film K-Pax !

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Il y a plein de gens talentueux dont j’ai croisé le chemin, mais je pense d’abord à Vincent Tholomé lui-même auteur. Il a écrit un livre dont le titre est imprononçable « Kirkjubaerjarklaustur » et là déjà, je lui tire mon chapeau. Rires ! C’est quelqu’un de rare qui vous encourage dans vos démarches et vous prodiguent de judicieux conseils pour l’écriture.

Tes hobbys ?
Je pratique la natation de manière intensive et la marche également. La peinture et la photographie sont à la fois mon défouloir et mon laboratoire de recherches.

As-tu un blog ou un site ?
Pas de blog, pas de site mais je suis une assidue de reservoirandco.com par exemple.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Les personnes qui me dépassent dans une file aux caisses d’un magasin le samedi matin !

Un souhait ?
Trouver un emploi … Ou alors voyager : j’adore perdre de vue les sentiers et voir l’envers du décor. J’aime bien goûter les plats typiques, échanger avec la population locale, connaître leur situation réelle et visiter les lieux chargés d’histoires même si ce sont des fariboles.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Me demander l’heure dans une piscine par exemple.