Interview...

Anne Sophie Malice


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel mais vivant sur la planète Utopie. J'aurais tort de me passer de ce nom-là, c'est le mien! Et surtout, je n'aurais pas osé me nommer ainsi. Donc ça tombe bien, ça me plaît. Merci papa, merci maman.

Où habites-tu ?
Ça dépend. On parle de mon enveloppe corporelle ou de ma tête ? Sérieusement, parce que ceci est un entretien sérieux, n'est-ce pas?... j'habite Mons, là où je suis née. Pas à la clinique ceci dit, y'a pas assez de chambres pour en plus conserver des gens toute leur vie.
C'est pas drôle, pardon.

Une famille, des enfants…
Je sentais venir cette question, un grand classique?
Pas de famille, sauf si je compte la plus importante: les amis. Pas d'enfant. Ni maintenant ni plus tard.

Sucré ou salé ?
Plutôt sulé-sacré.
Très sacré. Surtout les champignons. Et surtout de Paris et mon affection pour cette ville n'y est pour rien, promis.

Que fais-tu dans la vie ?
Je m'accroche. Aux mots, principalement. A tout ce qui fait que j'ai envie d'avancer. Mais ça fait mal partout, surtout au cœur. J'ai beaucoup de bleus.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
A six ans, à l'école primaire... les majuscules, les minuscules, tout ça!
Pourquoi?! Parce qu'on m'a dit que je devais le faire et franchement, c'est la plus belles des choses que j'ai eues à apprendre, à faire. Découverte fabuleuse et inépuisable.
Écrire pour moi, parce que ça s'imposait, il y a environ quatre ans, même si j'écrivais des poèmes mélancoliques à 14 ans. Ça n'a plus rien à voir.
Heureusement, je n'oserais même plus relire ces gribouillis noirâtres d'antan.

As-tu déjà publié quelque part ?
Deux bouquins sont disponibles, déjà. J'ai de la chance: le premier opus est sorti en novembre 2008 et le deuxième en avril 2009.
Pour le genre, je suis incapable de le définir.
Ce n'est pas historique, pas de la science fiction mais pas de la poésie non plus au sens où je l'entends. Pour moi la poésie est enrobée, délicate et soyeuse. Ma plume ne trempe pas dans cette encre-là. D'ailleurs, je ne sais pas où elle trempe. Dans mes états d'âme, mon quotidien, au travers des gens qui comptent, qui passent, comme le temps.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Le fait d'avoir été acceptée chez Chloé des Lys est une reconnaissance en soi.
Mais je n'aime pas ce mot « reconnaissance », comme si j'attendais une certaine célébrité par rapport à mes mots. C'est loin d'être le cas. J'écris par besoin. Les mots fusent, parfois tardent à sortir et à se coucher sur le papier mais ils sont omniprésents. Je dois écrire. Si je ne le fais pas, ça me travaille, me trotte dans la tête. J'ai toujours, ou presque, un stylo à bille et un petit carnet avec moi.

Pourquoi Chloé des Lys ?
Lorsque je me suis décidée à envoyer mes textes, j'ai fait une recherche sur internet. De fil en aiguille, j'ai été amenée à Chloé. Ne pouvant pas sortir un euro de ma poche, ni de ma boîte, j'ai trouvé LA maison d'édition idéale. J'apprécie leur confiance, je les remercie pour cette bouée de sauvetage balancée sur ma mer salée.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
Le troisième opus sera différent. Ce seront des phrases courtes, styles citations ou aphorismes, et des dialogues. Genre réaliste, piquant, cynique peut-être aussi, parfois, drôle! Ah ah!

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Je n'essaie pas donc je ne fais rien. J'ai informé de la sortie de mes livres les personnes qui souhaitaient l'être, je fournis les références lorsque ça intéresse mais ça s'arrête là.

Pourquoi écris-tu et comment ?
Comme je l'ai dit plus haut, j'en ai besoin. Je peux me passer de petites ou grandes choses mais pas d'un bic et une feuille. J'en ai fait l'expérience, ou plutôt, j'en suis venue à cette conclusion, dans mes moments les plus difficiles. L'écriture, qu'elle reste personnelle, ou qu'elle soit partagée, est salvatrice.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
En voilà des choses à dévoiler!
Mais si tu ne posais pas les questions, personne ne saurait... Quel petit filou...
Des influences, point de vue écriture, je ne m'en connais pas. Cependant, j'ai reçu deux compliments assez « imposants » et surtout flatteurs: mon univers ressemblerait à celui d'Émilie Simon et ma façon de faire de photos, en amatrice évidemment, à celle de Sophie Calle.
Les Autres, ceux qui nous sont aiment, parlent de nous bien mieux que nous-même, je pense. Je les remercie.
Mes Maîtres... Joris-Karl Huysmans. J'aurais aimé pouvoir écrire avec cet érudit. Sans doute connaît-il les vices et les vertus de la langue française, avec subtilité. Paradoxalement, j'aime la « simplicité » des vocables de Christian Bobin. Il décrit les sentiments d'une façon indescriptible. J'ai dégluti chaque livre de lui que j'ai eu sous les yeux, au creux des menottes. Ce sont mes coups de cœur. Dans ma jeunesse, Maupassant et surtout Shakespeare m'ont « parlée ».
Pour le cinéma, j'aime beaucoup de styles fort différents. J'apprécie autant un De Funès qu'un Lynch ou un Miyazaki. Tout dépend du moment, de l'envie. Par contre les films d'horreur me font généralement bien rire. Quant aux films à l'eau de rose, ça respire trop la niaiserie et donc, je n'accroche pas. Un juste milieu.
Le cercle des poètes disparus est le premier à m'avoir bouleversée.
Peinture... tout. Schiele, Giacometti, Lichtenchtein, Long, Goldworthy, Monet,... Mon favori se nomme Malevitch. Il a fait de grandes toiles, en noir et blanc, entre autres. Mais ces croquis sont absolument fabuleux. Vifs, précis, expressifs.
Côté musique, beaucoup, souvent.
Il n'y a qu'avec le reggae et Indochine que je ne suis pas copine. Le reggae parce que ça m'énerve au lieu de détendre et Indochine parce que rien qu'à entendre leurs « paroles », ça m'énerve aussi!
Je suis très rock et metal. Rammstein, Machine Head,... Ghinzu pour la Belgique et mon coup de coeur, Bukowski, pour la France.
Ceci dit, j'aime Bach, aussi.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Ah, voilà ma question préférée, parler de quelqu'un d'autre que de moi. Il faut choisir cependant. L'ami ou l'amie? On va dire l'ami. C'est le Docteur Rock n'roll de mon bouquin. Un être exceptionnel. A distance mais là. Je peux compter sur lui. Il a changé ma vision de certaines choses, de la vie et m'en a a offert à doses massives, de la vie.
Se battre pour ses idéaux, s'accorder du temps, prendre le temps, simplement. Vivre.
Je recommencerais tout rien que pour le rencontrer lui. Ça reste entre nous, il me dirait que je fais dans la guimauve!

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
De la photo, numérique principalement. J'aime ces moments où rien ne semble se produire et en même temps on s'y sent presque serein. C'est un moment de grâce, celui où on met de côté qui l'on est pour s'octroyer un moment de pause.
J'en ai autant besoin que d'écrire, sans forcément partager tout ça.
Je dessine très peu, bien que ce soit ma formation de base. Dans certaines circonstances je suis productive mais je m'accorde rarement ces moments-là.
Nous sommes notre pire ennemi.

As-tu un blog ou un site
Un blog. http://bleukalicytie.blogspot.com/
Des gribouillis, des « moments dérobés » photographiques, beaucoup de moi. En espérant ne pas tomber dans le déballage.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Moi.

Un souhait ?
Aucun qui soit réalisable.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Jocker mon cher.