Interview...

Raymonde Malengreau


Pseudo ou nom réel ?
J’écris sous mon nom réel : Raymonde Malengreau.

Où habites-tu ?
J’habite Molenbeek dans le quartier du Karreveld.

Une famille, des enfants ?
J’ai deux filles : Hélène Vanhamme qui habite Saint-Gilles et Claire Vanhamme qui réside à Fauvillers, à quelques kilomètres de Martelange.

Sucré ou salé ?
Je suis (hélas) une inconditionnelle du sucré.

Que fais-tu dans la vie ?
J’ai enseigné les langues pendant une dizaine d’années puis suis devenue conseillère pédagogique à l’Enseignement à Distance pendant 23 ans. Je suis retraitée.
J’ai étudié la graphologie, obtenu un brevet de bibliothécaire et un diplôme d’esthéticienne corps et visage. J’ai suivi de nombreux stages en communications, des cours de guide nature et d’aquarelle. J’ai réussi un master en sophrologie.
Des intérêts aussi divers ne font jamais très sérieux. La question qui m’est souvent posée est « Mais pourquoi étudies-tu tout cela ? Qu’est-ce que cela va te rapporter ? »
Ma réponse : le plaisir de satisfaire ma curiosité. Quant aux retombées financières, elles sont nulles, malheureusement ! Et les études coûteuses…

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Un jour, une amie m’a entraînée dans un atelier d’écriture à la Marlagne. J’ai adoré. Ensuite, j’ai participé à de nombreux stages à la Scribande à Wez (atelier multi-techniques, écrire pour chanter, contes pour enfants, la nouvelle, etc…) Je me suis mise alors à inventer l’une ou l’autre histoire refilée à mes filles, mes ami(e)s, mes collègues en leur forçant un peu la main au début.
Je n’ai pas dû insister longtemps. On est devenu demandeur. « En as-tu écrit de nouvelles ? Quand viens-tu souper pour nous lire les dernières ? » Et diffuseur.
Je me suis ainsi constituée une sorte de fan-club, un lectorat d’une trentaine de personnes qui m’ont dit : « Il faut que tu publies tes histoires. Si elles nous plaisent à nous, elles plairont aux autres. » Ben voyons. Mais c’est aux éditeurs qu’elles doivent plaire et là, c’est une autre chanson !
Alors a commencé le parcours du combattant.
Entretemps, j’ai animé avec jubilation, quatre ateliers à La Maison du Livre de Saint-Gilles sur les thèmes suivants : « Au fil de l’eau », « Petites histoires de tous les jours », « Ma maison, ma rue, ma ville, ma vie », « Voyage, voyage ».

Pourquoi Chloé des Lys ?
Parce que j’y ai rencontré un accueil personnel chaleureux et encourageant quand les autres ne répondaient pas, me refusaient par retour du courrier sans avoir rien lu ou me proposaient une publication à compte d’auteur.

Qu’as-tu publié ?
Jusqu’à présent, j’ai écrit cinq recueils de nouvelles, impossibles à résumer ; elles sont toutes différentes.
En 2005 Mulierino et autre lieux
En 2006 Les Moissons d’osier
En 2008 L’attrape rêves des bons et des méchants qui a mis deux ans à sortir car l’imprimeur ne me donnait pas satisfaction pour la couverture. Et, finalement, je n’ai pas gagné…
En 2009 La Sabine et autres histoires
La nuit des chiens, qui vient de sortir juste pour les fêtes.
En 2010, devrait paraître La balançoire.
J’avais prévu de m’arrêter là mais j’ai déjà de quoi publier un 7ème recueil qui s’intitulerait « Forteresse ». Je ne l’ai pas encore envoyé au comité de lecture.
J’illustrais mes récits d’aquarelles. Je dois y renoncer au grand dam de mes lecteurs qui les aiment beaucoup ; le livre devient inabordable à cause du prix des couleurs.
J’ai participé longtemps à un groupe d’écriture sous l’égide d’Evelyne Wilwerth. Maintenant, j’ai fondé moi-même un petit cercle qui se réunit une fois par mois. Nous déterminons le thème à traiter chacune à tour de rôle ou de commun accord et échangeons nos récits.

As-tu remporté des prix ?
Je participe à des concours mais sans avoir reçu de prix jusqu’à présent.

Pourquoi écris-tu et comment ?
Bien souvent, je commence une nouvelle par une phrase ou une image qui me vient. Je ne sais pas où je vais. Je fais du remplissage. J’attends qu’il se passe quelque chose et suis, pas à pas, les personnages surgis de nulle part qui m’entraînent je ne sais où. Puis j’entrevois la fin et constate que mes remplissages évasifs du début étaient essentiels pour la chute. J’en suis toujours surprise et ravie ; on vient de me raconter une histoire que je ne connaissais pas.
Ensuite, commence le vrai travail de l’écrivain : vérification de l’orthographe, de la grammaire, de la ponctuation, la suppression d’avoir, être, faire, et leur remplacement par les verbes appropriés, la chasse aux répétitions et la recherche des termes justes.
Et, last but not least, la concordance des temps ! La langue française n’est décidément pas simple et je n’aurais pas aimé l’étudier comme langue étrangère !

Tes influences, tes maîtres etc…
Je ne sais pas si j’ai subi des influences Sans doute mais j’ignore lesquelles et ne me suis jamais posée la question. Je me considère plus comme « raconteuse d’histoires » que comme écrivain.
On me dit toujours « Quand on lit tes nouvelles, on t’entend les raconter ».
Le plus drôle, c’est que ceux qui ne m’ont jamais rencontrée me disent la même chose.

Tes hobbys ?
Je suis aquarelliste et j’aime les mots croisés 5 étoiles sans cases noires afin de me creuser la cervelle. J’aime jardiner et lire mais je déteste le théâtre et l’opéra où je m’ennuie. Je suis fan des films documentaires. Je ne suis pas très musique ; elle me sert juste de toile de fond sans que je l’écoute vraiment.
J’adore les chats. Avec chagrin, j’ai dû faire euthanasier Vanille, âgée de vingt ans. Je n’en reprendrai pas d’autre ; je n’ai plus de si longues années devant moi.

As-tu un blog ou un site ?
J’ai un site mais il devrait être remanié. Quand il sera remis à jour, j’en communiquerai les coordonnées. Je le trouve un peu ringard mais, pour l’instant, j’ai la flemme et mon gourou informatique aussi.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
C’est de devoir me méfier de tout alors que je suis d’un naturel confiant. Et d’être obligée de me défendre contre l’administration, les régies et/ou la mauvaise foi de certains commerçants. Surtout en tant que femme, âgée de surcroît, donc classée d’office comme débile.

Un souhait ?
Je n’ai pas de souhait particulier.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Je l’ai déjà citée. C’est « Pourquoi fais-tu tout ça ? »