Interview...

Frédéric Longo-Murit


Pseudo ou nom réel ?
Réel, Frédéric Longo-Murit

Où habites-tu ?
J'habite à Meise depuis cinq ans. On cherchait de la tranquillité et la sécurité pour les enfants sans s'éloigner de ma ville:Bruxelles. Le néerlandais ne me pose pas trop de problèmes, de toute façon je ne suis pas du genre à papoter avec les voisins. Un peu timide.

Une famille, des enfants…
Je suis marié et nous avons trois enfants. Une grande fille qui a commencé des études en communication, j'aurai une attachée de presse à domicile. J'ai aussi deux garçons plus jeunes et très énergiques.

Sucré ou salé ?
Pas sûr de comprendre la question. S'il est question d'alimentation, je suis plutôt à l'opposé de toute sophistication. Sinon, je dirais sucré le matin et salé en soirée.

Petit, que voulais-tu faire ?
C'est assez loin déjà mais j'ai toujours lu énormément. Les livres et la langue française m'ont toujours attiré. Ce n'est pas un hasard si je suis devenu professeur de français, un boulot où je manipule des mots à longueur de journée, je lis et je fais lire, c'était l'idéal.

A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
De loin et sans creuser les biographies, j'aurais aimé rencontrer Mandela et Gandhi, leur ressembler non. La violence est une part importante de la nature humaine, mais j'admire ceux qui prétendent s'en passer. Plus actuel, je trouve que le Docteur Mukwege au Congo est un homme extraordinaire. Ce sont des hommes qui étaient disposés à tout sacrifier pour les autres.

Ton truc contre le stress ?
Le sport, le vélo en particulier.

Que fais-tu dans la vie ? Explique…
Professeur de français langue étrangère, autrement dit je m'adresse à des adultes. Je donne cours aussi à l'école de police et aux secrétaires médicales dans une école de promotion sociale à Anderlecht. Je suis un fervent partisan de la mixité sociale et de l'intégration sans douleur des personnes d'origine étrangère.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
J'ai commencé adolescent, il y a près de trente ans. Les histoires, le cinéma, la littérature de préférence loin de la réalité que je trouvais pauvre à l'époque. Il a fallu que mon épouse m'incite à produire quelque chose de lisible et de cohérent et puis j'ai besoin d'une façon ou d'une autre de m'extraire de la routine, d'essayer quelque chose de nouveau et de préférence difficile. Avant, c'était le sport, triathlon, marathon, longs voyage à vélo à travers l'Europe. A présent, tout cela devient difficile et avec l'âge j'ai acquis de la patience sans laquelle l'écriture je crois n'est pas possible.

As-tu déjà publié quelque part ?
J'ai publié à compte d'auteur une série de nouvelles dont j'étais assez content. Je crois qu'on pourrait les qualifier de fantastiques, mais moi je préfère parler d'absurde ou de grotesque.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Je n'ai rien remporté et je suis jusqu'à présent discret concernant mes écrits. Cela ne sera pas facile de me faire connaître, je suis plutôt réticent.

Pourquoi Chloe des Lys ?
Des amis de longue date m'ont conseillé d'envoyer mes écrits, ils connaissent plusieurs auteurs de la maison d'édition. Ensuite, je voulais une maison belge proche et petite. De plus, il n'était plus question de payer pour être édité. Enfin, j'ai consulté le catalogue, il y a pas mal de titres qui me semblaient proches de ce que j'aime et de ce que je produis.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
Je vais publier un roman dans le genre policier absurde, j'espère drôle et plutôt sinistre. Le titre : Le soleil Noir de la Mélancolie.
Voici le résumé que j'ai proposé pour la couverture:
Après l'explosion du grand champion, une course folle démarre. L'Inspecteur Didier Nerval, lesté de son adjoint et freiné par les aléas d'une relation sentimentale tumultueuse, ne percera l'épaisseur de ce mystère qu'au prix d'efforts épuisants. Les cadavres et les suspects ne cessent de surgir. Lui qui déteste le sport et toute forme de vie nocturne va traverser successivement un vélodrome désaffecté, un stade de rugby, une boîte de nuit frémissante et même une course cycliste d'arrière saison.
Nerval, toutefois, n'est pas un homme qui baisse les bras. Ainsi, un décolleté récalcitrant, un organe mal rangé ou bien un chat à moitié empaillé ne suffiront pas à l'empêcher de mener cette enquête à son terme.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Ma fille va s'en occuper, elle a déjà mis au point toute une stratégie à mon avis très ambitieuse et la pauvre va sans doute se faire souvent remballer. Pour le moins, cela lui servira d'expérience pour sa future carrière. Elle a l'intention de contacter des radios, des critiques littéraires et j'en oublie.

Projets pour la suite ?
Je travaille sur la suite du roman qui va paraître prochainement. J'aimerais créer un personnage différent et récurrent qui évoluera d'aventures en aventures de plus en plus énormes. Il s'appelle Didier Nerval et je crois qu'il est différent du policier habituel, quelque chose de belge et de vaguement surréaliste qui me fait doucement rigoler.

Pourquoi écris-tu et comment ?
Cela fait si longtemps que je remplis des cahiers, je ne me pose même plus la question. J'aime la langue d'abord et puis parfois je ne peux pas m'empêcher de mettre par écrit les idées qui me passent par la tête.
Quant au comment, c'est laborieux. Je commence par des cahiers et puis je tape, j'imprime, je réécris dans des cahiers et je continue en allers et retours jusqu'à ce que je sois satisfait, ce qui n'arrive parfois jamais.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Alors là, cela pourrait être long. J'irais à l'essentiel. J'aime et je suis influencé tant au niveau du fond que de la forme par Boris Vian, Queneau, Perec, Céline, Achile Talon, Michel Audiard...Sinon, je lis et je relis et à mes yeux ce sont des montagnes : Thomas Mann, Herman Hesse, Thomas Hardy, Zola, Balzac et Belle du Seigneur. J'aime aussi San Antonio, Hector Malot, les polars scandinaves, Le sang noir de Guilloux. Je pourrais continuer sur plusieurs pages, les livres sont ma passion et c'est sans doute pour cela que moi aussi j'ai fini par vouloir en écrire.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Je voudrais parler de mon épouse Isabel qui m'a convaincu de passer aux choses sérieuses. Evidemment, je l'aime mais en plus je l'admire car elle est l'être humain le plus courageux que je connaisse. Elle vient de Colombie et elle a tout subi ici et cela continue. Après des études d'infirmière en français qu'elle venait d'apprendre, elle a été confrontée à la bêtise, au racisme, à la jalousie, à la mesquinerie et cela ne l'a pas empêchée de travailler; de devenir indépendante, d'élever nos enfants, de nous permettre grâce à ses efforts incessants de trouver un cadre de vie paisible et confortable. Sans elle, je ne serai nulle part et ce n'est que constatation.

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
Pour les hobbys, c'est simple, le sport de moins en moins, l'écriture de plus en plus et le cinéma, en particulier américain avant 1960.

As-tu un blog ou un site ?
Pas encore, mais ma fille y travaille.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
La passivité et les gens qui se plaignent alors qu'ils ont tout et qu'à quelques mètres de leur superflu il y en a qui crèvent par manque du plus élémentaire nécessaire.

Ta citation favorite ?
Je n'en ai pas vraiment, je ne vais pas en chercher une pour faire le malin...quoique, en réfléchissant, il y a une phrase que j'ai entendue dans un film américain de 42 « The more the merrier » : Damn the torpedoes, full speed ahead! J'aime bien l'idée du gars qui fonce à travers tout sans se soucier du danger. Et puis la phrase éloignée du contexte guerrier où elle a été prononcée pour la première fois devient franchement marrante.

Une qualité et un défaut ?
Une qualité : loyauté, on peut compter sur moi en cas de coups durs. Défaut : je ne suis pas très liant, plutôt méfiant. En dehors de la classe, pas très bavard. Pour la promo, ce ne sera pas du gâteau.

Un souhait ?
Je voudrais que mon épouse rencontre moins d'obstacles méchants et bêtes dans sa vie professionnelle. Elle mérite de réussir avec éclat.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Qu'est-ce qui te manque? J'ai l'impression d'avoir tout ce qu'un homme peut désirer pour être heureux et cette histoire de livre représente pour moi une sorte de cerise sur le gâteau, quelque chose dont je rêvais vaguement depuis des années et qui va devenir une réalité.