Interview...

Ledge (Citizen Ledge)


Pseudo ou nom réel ?

Ledge, c'est un pseudo. « C'est pas moi qui écrit c'est un autre »... c'est l'illusion d'une schizophrénie artificielle dans laquelle je me suis moi-même piégé, j'utilise donc un autre nom comme pour signifier que je suis conscient du moi pluriel. J'aime pratiquer la séparation. Qu'est ce que c'est pathétique ce genre de rapport, ce genre d'explication. Rires. Mais j'aime la mise en scène de soi.

Où habites-tu ?
Forest, Bruxelles, Belgique. Je suis arrivé en Belgique en 1994. Les douze premières années de ma jeunesse, je les ai passées en Afrique du Sud dans la banlieue de Johannesburg pour classes moyennes. 250m2 la baraque, piscine énorme, 1ha de jardin, quelques chiens de garde, classe moyenne quoi.

Une famille, des enfants…
Rire

Sucré ou salé ?
Sucré-salé. Non sucré. Non salé pardon.

Que fais-tu dans la vie ?
Je travaille depuis peu. Je n'aime pas ça mais le cadre décontracté de mon boulot actuel facilite la digestion de ce que je considère comme ma plus grande défaite : plier devant l'obligation, l'injonction collective du travail organisé.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
J'en ai pas le souvenir exacte. Est-ce si important ? Sans doute à mon départ d'Afrique. Ca a été le moment où j'ai commencé à expérimenter la relativité des choses, de leur sens. La mise en abîme de cette absurdité existentielle – non pas le fait qu'il n'y ait pas de sens, mais la conscience vive que le sens des choses est toujours transitoire – m'a permis de sortir d'un rapport nihiliste aux choses pour entrer dans une pratique expérimentale de la vie, approche plus positive. Ne rien nier, tout prendre comme matière d'expérimentation. Beaucoup rire. Pratiquer la contradiction avec soi-même, partout, toujours. J'écris sans doute pour me stabiliser.

As-tu déjà publié quelque part ?
J'ai été consultant expert en matières européennes et dans ce cadre j'ai rédigé un manuel de formation sur les politiques sociales et économiques de l'UE pour les organisations membres d'une association parapluie. Rires.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Nous avons, mon groupe de musique et moi-même, été nominés pour les Octaves de la musique. De nouveau, j'ai beaucoup ri.

Pourquoi Chloe des Lys ?
Rires. L'aventure... et puis l’intransigeante indépendance...

Quel ouvrage vas-tu publier ?
Un recueil de poèmes très court, 'Cadences'. « C'est cru, voire très cru. Plutôt personnel ».

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Je compte sur notre fructueuse collaboration future.

Projets pour la suite ?
Pas mal de poésie en réserve. En anglais aussi. Je travaille sur des nouvelles à présent, sur la thématique du travail ou un système de pensée qui trouve normal que des hommes soient rendus disponibles principalement en tant qu'agents de production.

Pourquoi écris-tu et comment ?
Pourquoi ? C'est une histoire de volatilité du sens.
Comment ? Au coin du feu que je n'ai pas, avec un excellent Lagavullin que j'ai trop rarement l'occasion de siroter et, dépendant de l'épaisseur du portefeuille qui est toujours très fin, un bon Vegas Robaina. Idéalement, dans le fond, nous entendrions Willie Dixon.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Littérature (ça va être très long!!) : Difficile de ne pas citer : Dostoïevski, Boulgakov, Gogol (pour les âmes mortes), Nabokov, Gontcharov, Barbey D'Aurevilly, Baudelaire, Rimbaud, Artaud, Camus, Cocteau, Vian, Ionesco, Brel, Brecht, Gary, Schiller, Hesse, Rilke, Hansun, Dägerman, Oates, Fanté, Bukowski, Ginsberg et consorts, Burroughs, Nietzsche, W. James, Agamben, C. Wilson, enfin vous voyez où je veux en venir.
Cinéma : Tough Guys avec Burt Lancaster et Kirk Douglas. Rires.
Tati. Jarmusch. Encore une fois, beaucoup de réalisateurs à citer.
Musique : De Beethoven à Wille Dixon, de Ansyley Dunbar Retaliation à The Entrance, de Gil Scott Heron à Tom Waits, de The Cool Kids à L.E.G.
Peinture : je n'y connais pas grand chose, Peter Bonde, Josh Smith, Albert Oehlen, M. Sailstorfer, Bacon.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Julien Meert – peintre à suivre
Senz Beats – musicien Hip Hop talentueux
MartiensGoHome – musiciens talentueux

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
Mon groupe de musique est L.E.G. - sorte de Hip Hop avec quelques influences expérimentales. J'en suis le emcee.

As-tu un blog ou un site ?
Pour ma musique :
https://www.facebook.com/pages/LEG/154704275080
https://legizm.bigcartel.com/http://
www.entracte.co.uk/project/leg-e113/http:/
/www.myspace.com/legbxl
http://soundcloud.com/leg
http://briefcaserockers.com/

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Le fait de ne pas pouvoir m'en empêcher. C'est souvent pénible de ne pas pouvoir ne pas prendre les choses au sérieux.

Ta citation favorite ?
Qui voit le ciel dans l'eau, voit les poissons nager dans les arbres (proverbe chinois)
Le travail : une malédiction que l'homme a transformée en volupté (Cioran)

Un souhait ?
Toujours me sentir lié au monde par l'exigence morale. Dormir.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Celle qui exigerait une réponse stupide. Rires.