Interview...

Isidore Le Borgne


Pseudo ou nom réel ?
Isidore Le Borgne (en deux mots) est mon vrai nom, hérité de mon grand-père paternel.

Où habites-tu ?
Né en 1947 dans le Finistère, dans la petite ville côtière de Saint-Pol-de-Léon, j'habite depuis plus de vingt ans à l'autre extrémité de la Bretagne. Plus précisément à Carquefou, près de Nantes.

Une famille, des enfants…
Marié, quatre enfants et quatre petits enfants.

Sucré ou salé ?
Plutôt sucré. De mon enfance à la campagne, je garde un meilleur souvenir des crêpes sucrées que de la viande de porc ("kig sall" en breton : littéralement "viande salée") conservée au saloir.

Petit, que voulais-tu faire ?
Un moment, vers 10 ans, j'ai imaginé devenir chimiste. Je suis devenu ingénieur des travaux publics de l'Etat, un peu par hasard.

A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
Je pourrais citer des génies d'artistes comme Léonard de Vinci, Cervantès, Goethe, Mozart ou Pasteur.
Je n'oublie pas ceux qui ont sauvé des générations de la famine : Vauban l'ingénieur militaire, plus connu pour ses forteresses que pour son rôle éminent en faveur de l'élevage du cochon dans chaque ferme, les Incas et Parmentier pour la pomme de terre. Je leur dois vraisemblablement d'être né.

Ton truc contre le stress ?
Une bonne sortie à vélo : le vent chasse les idées noires. Je ne pense (presque) toujours qu'au braquet que j'utilise

Que fais-tu dans la vie ?
Je suis à la retraite, après plus de quarante ans d'activité professionnelle passées à rédiger force documents à caractère technique, administratif, juridique ou financier.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
J'ai commencé à écrire au moment où j'ai cessé de rédiger.

As-tu déjà publié quelque part ?
Je n'ai pas encore publié.

Pourquoi Chloe des Lys ?
J'ai connu Chloé des Lys en 2012 par une amie, qui comme moi, écrit et cherche à se faire publier.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
Je vais publier un premier ouvrage dont le titre provisoire était "De Kerglaz à Ti naod , tout droit ou chemins de traverse" qui évoque, en quelque vingt textes, des souvenirs d'enfance et des fragments de vie de mes parents et grands-parents reconstitués après découverte des papiers (livrets militaires, de famille …) reçus en héritage.
Les hommes ont travaillé la terre, celle des autres, ils ont connu les deux guerres du vingtième siècle, la prison, les blessures, les humiliations de la défaite et de l'occupation.
Les femmes ont trimé pour tenir leur maisonnée, porter, mettre au monde et élever leurs enfants. Elles ont aussi attendu le retour des soldats.
Le recueil parle aussi du bilinguisme breton-français, de la lutte inégale entre "la langue de la honte et celle du progrès" et de la maîtrise de la lecture et de l'écriture.
Le titre a évolué. Désormais je propose le titre bilingue "Sur leurs traces. War o lerc'h".

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Le dispositif proposé par Chloé des Lys me convient.

Projets pour la suite ?
Je travaille un récit plus personnel encore, plus douloureux, sur mon enfance.
Je voudrais écrire des poèmes en breton.
J'ai aussi traduit du breton en français de nombreux poèmes, une nouvelle et quelques pages de souvenirs d'enfance ou de journaux de guerre.

Pourquoi écris-tu et comment ?
J'écris en marchant. Je marche, papier crayon en poche. Je note les idées qui me viennent, les transfèrent sur ordinateur et les remanie jusqu'à ce qu'elles sonnent bien. Je recherche la concision, la sobriété et la fluidité de la phrase. C'est souvent difficile, douloureux.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
En matière d'écriture, tant par leur démarche que par leur style : Pierre Bergounioux, Pierre Michon, Charles Juliet ou Annie Ernaux sont des auteurs qui m'impressionnent.
J'aime la poésie de François Villon comme celle d'Aragon ou celle du breton Youenn Gwernig. La prose poétique et la pensée de Camus. Celle de Mona Ozouf qui avec sa "Composition française" a su si bien parler de son amour pour la Bretagne et pour la France. Les traductions de la littérature mondiale : Philip Roth, Jim Harrison, Toni Morrison, Alice Munro, Laura Kasischke, J.M. Coetzee, Munro, Herman Hesse, Milan Kundera, Sandor Maraï, Ludmila Oulitskaïa …
J'adore le cinéma particulièrement celui de Bergman, Bunuel, Almodovar, Kurozawa, Loach, Visconti, Ceylan, Fellini, Renoir, Truffaut et les cinéastes américains qui n'ont pas oublié leurs racines familiales: Scorcese, Cimino, Gray, les frères Coen … et le cinéma émergent du Moyen Orient, d'Asie et d'Amérique du sud, notamment.

En musique, j'aime la musique ancienne, celle de Mozart, les opéras de Verdi, la musique bretonne.

Côté chanson, Brel, Brassens, Ferré, Ibañez, et les textes de Bruant, ceux de Mac Orlan qui traitent si bien des "grands sentiments des petites gens" …

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Jeanne, ma complice en écriture, accompagne ma démarche depuis le début. Elle signe avec talent le magnifique poème "Douleur" proposé en préface de mon livre et sans elle je ne viendrais pas à bout de la maquette proposée par Chloé des Lys.

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
Je lis beaucoup, romans et poésie, je vais au cinéma, au théâtre, aux conférences, notamment littéraires de l'université permanente de Nantes, je fais du vélo, je marche.

As-tu un blog ou un site ?
Je n'ai pas de blog, pas de site. Pas encore… Un jour peut-être.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
La vulgarité.

Ta citation favorite ?
Cette pensée de Marc Auréle.: "N'espère pas la République de Platon mais sois content si une petite chose progresse, et réfléchis au fait que ce qui résulte de cette petite chose n'est précisément pas une petite chose!"
Je n'ai cessé de m'y référer tout au long de mon activité professionnelle.

Une qualité et un défaut ?
Ma persévérance et mon impatience.

Un souhait ?
Me faire publier au plus tôt et trouver la force et le courage de terminer le récit de mon enfance.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Ce que je ferai demain ?
A cette question, ma mère, très polie, jamais un mot plus haut que l'autre, n'avait qu'une seule réponse "on verra". "Gwelet e vo". Bon sang ne saurait mentir.
Kenavo.