Interview...

Allala Beaudour


Pseudo ou nom réel ?
J'ai choisi de garder mon vrai nom : Cécile Kyriakos.

Où habites-tu ? Explique…
Je viens d'arriver au Québec, le 21 décembre 2013. On habite juste en dehors de l'île de Montréal, à 40 minutes en voiture de Montréal. Avant j'habitais au Colorado près de Denver. J'y ai vécu en tout 13 ans avec une escapade de deux ans en Andalousie, à Grenade. J'ai grandi dans le Sud de la France, à Perpignan (mais je suis née à Paris).

Une famille, des enfants…
un mari américain (oui, je me suis mariée avec l'ennemi numéro 1) et deux enfants, une fille, Sophia, de bientôt 4 ans (elle est née le 18 juin!!!ah!ah ! En avance de 5 semaines ! On a bien ri ! Ca faisait très patriotique pour une petite née aux USA...à cause de l'appel du Général de Gaule) et un fils, Léandre (nom tiré de Molière) qui aura un an le 30 mai.

Sucré ou salé ?
Les deux bien sûr et surtout l'épicé ! Que ça arrache ! Je mets du piment à toutes les sauces.

Petite, que voulais-tu faire ?
Je suis encore petite alors parceque je veux toujours et encore être « bergère-mime et poète » et c'est ce que j'ai fait et fais encore plus ou moins au sens propre ou figuré.

A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
Pas à une française en tout cas endimanchée d'une perruque blanche farinée... peut-être à un beau chef indien à la peau basanée. Ca fait cliché mais sinon je ne sais pas.

Ton truc contre le stress ?
Merci de me faire passer le vôtre, ce serait Très apprécié.

Que fais-tu dans la vie ?
Ah lala ! En ce moment, je ne suis qu'une source de lait pour mon fils mais je danse aussi (le flamenco)... et avant j'enseignais ( à l'université, pour l'Alliance Francaise ), des cours parascolaires pour les enfants, en Espagne) et j'ai écrit une thèse sur l'oeuvre d'Assia Djebar. J'ai fait pas mal de petits boulots aussi (dans un café-bar-resto-salle de danse).

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Dès que j'ai su lire et écrire et pour ma maman, pour la toucher, lui dire que je l'aimais, lui dire des choses et parce que le son des mots me faisaient des guilis dans la tête et même sur la peau.

As-tu déjà publié quelque part ?
Non.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Non.

Pourquoi Chloe des Lys ?
Parce que vous ne me connaissiez pas et que je voulais uen lecture professionnelle « objective » et parce que j'aime le nom de l'édition et parce que vous publiez de la poésie.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
Ca s'appelle « Janela » ce qui veut dire « fenêtre »en portugais. D'abord j'avais pensé à « Variations sur le thème de grand-mère » mais ça faisait trop long.
« Janela » donc parce que les courts textes poétiques peuvent se lire en suivant l'ordre des pages ou pas. Pour moi ce sont des fenêtres que l'on peut ouvrir ou fermer à sa guise. Des petits instants simples. Des fenêtres qui laissent passer les sons et les émotions ou peuvent les amenuiser si on les ferme. Et puis en portugais parce que j'aime le son de cette langue et parce que ce « conte poétique »- comme je l'appelle- est très méditeranéen.
La grand-mère qui y est mise en scène est méditerranéenne en hommage à ma grand-mère grecque que je n'est pas connue et aussi parce que c'est l'Ailleurs qui a été à l'origine de mon désir et besoin d'écrire. Ce qui est drôle c'est que je voulais écrire un texte pour enfant mais mon écriture a pris le dessus. C'est elle qui s'est mise en scène plus que l'histoire. Je me suis amusée à saisir les sons des mots, à les déconstruire et à explorer le sens contenu dans le mot.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Jusqu'ici, pas grand chose.
Je vivais aux USA alors c'est plutôt difficile de faire passer de la « poesie » dans un pays anglophone. Ce qui me plairait, ce serait de lire mes textes dans des espaces publics (bibliothèque, école...). Ici au Québec, c'est plus facile alors je fais partie d'un petit groupe d'écrivants et je vais faire une lecture en mai dans une bibliothèque. Le bouche à oreille peut-être que ça peut franchir l'océan.

Des projets pour la suite ?
Oui, cette fois, j'aimerais écrire un livre vraiment pour les enfants/ ados sur le thème de la Mort, mais pas la mort tristounette plutôt celle du genre mexicain, c'est-à-dire « cute » comme ils disent ici au Québec ; une mort joyeuse, pleine d'entrain, de prévenance, de vie. L'idée m'est venue quand je suis allée voir le « mur » USA-Mexique avec des amis qui habitent la Californie, San Diego.
C'était si étrange et si beau à la fois de voir ces pilotis qui s'arrêtaient en mer. On voyait les gens jouer au foot de l'autre côté sur la plage mais il y avait des têtes de mort peintes et les noms des personnes qui avaient dû mourir en voulant passer. Ca m'a donne envie d'écrire quelque chose.

Pourquoi écris-tu et comment ?
Parce que je ne peux pas faire autrement. Quand je conduis ou je marche ou je cours j'ai des mots, des phrases, des idées qui me viennent, je les écris sur un petit bout de papier, sur la paume de ma main. Je les laisse germer et puis ensuite je dois m'asseoir, et écrire et donner forme.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
En fait, c'est la voix humaine jumelée d'un instrument et qui chante des poèmes qui m'inspirent pour l'écriture : Angélique Ionatos (en grec), Chavela Vargas, Mercedes Sosa, Carmen Linares, les « classiques » de la vieille chanson française, le vieux jazz, le flamenco, le tango. Ce sont de vrais poèmes !
Sinon, récemment j'ai beaucoup aimé « Les hommess à terre » de Bernard Giraudeau, « Le rire de l'ogre » de Pierre Péju, « La Petite fille de Monsieur Linh »de Philippe Claudel et « Kafka sur le rivage » de Murakami.
En poésie c'est Eluard, Paul Célan, Odysseus Elytis, Prévert. Et c'est toute l'oeuvre de Erri de Luca qui est pour moi admirable, qui me touche.
En cinéma, j'aime l'oeuvre de Wong Kar-wai, celle de Kim Ki-Duk, celle de Théodopoulos. J'ai été touché par « Cherry Blossoms » de Doris Dörrie
En peinture, c'est peut-être cliché mais j'aime Chagal.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Françoise qui m'a aidé à découvrir plein d'auteurs, à apprécier sans juger peintures, sculptures, paysages et Lucie et Jacquie qui sont là, encore, toujours.

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
Oui ! La danse ! J'ai fait partie de spectacles (de flamenco) mais aussi de classique (avec la compagnie Danse Etoile ballet de Marie-José Payannet aux USA, au Colorado)... les répètes, voir le spectacle prendre forme peu à peu, fabriquer des masques, être dans les coulisses, être le chainon d'un tout, faire naître l'émotion chez le public, c'est un grand frisson ! C'est comme de la poésie.
Et puis j'aime marcher, marcher (en montagne si possible) et je m'émerveille devant les animaux sauvages.
Ma passion : un grand ciel bleu

. As-tu un blog ou un site ? Adresse… qu’y proposes-tu ?
J'ai un blog... mais de couture... alors rien à voir, je couds pour mes enfants. Mais j'en ai créeé un – qui est vide – pour mon écriture et notre nouvelle vie au Québec.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Faire la queue, les cons au volant, les produits allégés et la mauvaise foi, l'hypocrisie.

Ta citation favorite ?
Pourquoi une seule ? Ça fige... ça dépend du temps, du moment mais quand même il y a celle-ci de Paul Eluard : « Patience dans l'azur Chaque atome de silence est la chance d'un fruit mûr ».

Une qualité et un défaut ?
L'impatience. No comment:)

Un souhait ?
Voir de baleines (ça va se réaliser bientôt j'espère ici au Québec) et pouvoir manger des mangues toute l'année (pas très écolo mais bon).

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
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