Interview...

Einar Kleve


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel. En effet, il n’est déjà pas très répandu. Et il sonne bien.

Où habites-tu ?
A Saint-Gilles, Bruxelles. C’est une commune très dense, trop dense. J’y ai grandi puis j’ai habité un peu ailleurs et ensuite j’y suis retourné. Ça fait plus de dix ans que j’y habite à nouveau. Mais je commence à en avoir marre.

Une famille, des enfants…
Une jeune femme à mes côtés, qui doit supporter mon caractère de critique torturé. Quand je dis « femme », je ne veux pas dire qu’on est mariés. Spirituellement on est mariés mais pas à l’église.

Sucré ou salé ?
Tous les aliments « sacrés ».

Que fais-tu dans la vie ?
En général je passe beaucoup de temps (trop peut-être) à lire, à me promener, à réfléchir à ce que je pourrais écrire. Je m’intéresse à différentes choses, mais mon optique est toujours que mes observations et notes puissent un jour ou l’autre servir à mon écriture.
Je joue aussi de la batterie dans un groupe de rock, Hollograms, basé à Bruxelles.
Je suis professeur de français pour étrangers, également.
Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Vers l’âge de vingt ans. D’abord des réflexions personnelles, combinées à une sorte de journal. C’était une manière pour moi de m’exprimer et de comprendre certaines choses, de fuir un certain ennui aussi.

As-tu déjà publié quelque part ? Et quoi ? Quel genre ?
A part chez vous, non. Mon premier roman, « Le jeu des relations humaines », est paru en 2006 chez Chloé des Lys.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Non.

Pourquoi Chloé des Lys ?
Grâce à une amie, Cathy, également amie de Hugues Draye, qui m’ont tous les deux parlé de la maison au moment où je cherchais à faire publier mon premier roman. C’était en 2004, et le roman est paru deux ans plus tard.

Quel ouvrage vas-tu publier ? Quel genre ? Résumé ?
Le prochain est un roman qui s’appelle « Garcisse ». Jeu de mots entre « garce » et « narcisse ». C'est l'histoire d'une jeune femme d'origine flamande, Liesbeth, qui se dénude devant une webcam, et de son frère cadet, Herman, qui étudie le journalisme et s’exerce dans le mannequinat pour arrondir ses fins de mois.
Il est également très féru de musique rock et joue comme claviériste dans un groupe. Nos deux jeunes gens sont pris au piège d'une modernité criarde un peu bébête mais subtilement angoissante. Ils se retrouvent à critiquer allègrement – et dans la solitude – le monde dans lequel ils sont plongés.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
J’essaie de contacter des gens (journalistes ou autres) dont on m’a filé les coordonnées ; je parle avec les gens que je rencontre. Ceci dit, je ne suis pas très fort dans les « relations publiques ». Donc souvent j’ai du mal à m’y mettre. Ça ne coule pas de source.

Projets pour la suite ?
Continuer à écrire, à élaborer un roman significatif sur le monde, sur ce que je désire mettre en avant. C’est un processus très progressif, assez lent.

Pourquoi écris-tu et comment ?
C’est un ensemble de circonstances particulières qui m’ont amené à écrire. Pour trouver un sens, peut-être. Ça vient souvent d’une première impulsion et après je mets en forme, je retravaille. Je n’écris pas d’une traite. C’est assez brut au départ. J’écris dans mes carnets et ensuite je remets en forme à l’ordinateur. Ce que j’écris sort de moi par nécessité, je ne dois pas trop réfléchir, ça sort presque tout seul. Mais après, il y a toujours le travail sur l’ordinateur.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Littérature : George Orwell, 1984 – Balzac, La peau de chagrin – John Fante, Demande à la poussière, et pêle-mêle Nicolas Fargues, Michel Houellebecq, Paul Auster, Ludwig Lewisohn, Philippe Muray.
Cinéma : Charlie Chaplin, Les lumières de la ville – Lars Von Trier, Dancer in the dark – Ken Loach, My Name is Joe – Louis Malle, Au revoir les enfants – Jacques Tati, Cédric Klapisch, etc.
Peinture : Autoportrait de Rembrandt.
Musique : The Beatles, Nirvana, Elliott Smith, Radiohead, Mando Diao, Girls In Hawaii, et des tas d’autres.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Non, pas particulièrement.

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
La méditation de type bouddhiste, les promenades dans la forêt, les voyages intérieurs et extérieurs.

As-tu un blog ou un site ? Adresse… qu’y proposes-tu ?
Le site de mon groupe de musique Hollograms : www.myspace.com/hollogramsss

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
La vaccination contre des virus créés de toutes pièces, l’obsession informatique, les approximations massmerdiatiques, le bavardage appauvri incessant, la bienséance confinant à la rigidité, la bêtise de toutes sortes, la publicité et le spectacle omniprésents, l’ennui de la civilisation moribonde.

Un souhait ?
Que cette civilisation (si vile !) de la « croissance » (il faut « relancer la croissance » clame-t-on en cœur !) et la festivisation de l’humanité se cassent la gueule. Que l’on se révolte concrètement contre l’aliénation et l’appauvrissement globaux. Je ne sais pas comment, ceci dit. Il faudrait se réunir pour en parler. Mais pas sur Facebookmachin. Finalement mon plus grand souhait serait d’éviter de trop penser à cela.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Celle-ci : « Qu’est-ce qu’on peut trouver comme travail avec les sciences politiques ? » car c’est la branche que j’ai étudiée à l’Université dite « Libre » de Bruxelles (la bonne blague).