Interview...

Gauthier Hiernaux


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel. J’ai longtemps pensé à un pseudo mais les plus cool étaient déjà pris !

Où habites-tu ?
J’habite à Ixelles, près de trois endroits magiques : l’Abbaye de la Cambre, la Forêt de Soignes et le Parc Tenbosch.

Une famille, des enfants…
Une famille, petite, mais tellement importante à mes yeux. Il y en a qui disent qu’on se rend compte de la chance qu’on a quand on ne l’a plus. Personnellement, je ne vis que pour mes deux femmes, les deux amours de ma vie.

Sucré ou salé ?
Ca dépend de l’heure de la journée mais je suis davantage sucré le matin que le soir. Je ne boude pas non plus les deux ensemble.

Que fais-tu dans la vie ?
C’est complexe mais je vais tenter de clarifier une situation que peu de mes amis comprennent (peut-être qu’après cela, je ne devrai plus recommencer l’explication). Je suis consultant dans une boîte anglo-néerlandaise qui loue mes services à une autre entreprise (autrefois belge). En gros, mon équipe fait le lien entre les fournisseurs de la boîte en question et leurs fournisseurs. Nous sommes un support spécialisé en quelque sorte.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Tout dépend de ce dont on parle. J’ai commencé à réaliser de petites bandes dessinées pour faire rire ma sœur.
Quand j’ai eu dix-sept ans, j’ai envoyé un thriller à un éditeur qui m’a poliment envoyé paître. Avec le recul, je suis très content qu’il n’ait pas été accepté (je l’ai relu il y a quelques années et j’en ai été mortifié).
J’écris véritablement depuis 95. De 2001 à aujourd’hui, j’ai terminé une dizaine de bouquins, tous dans le même univers, et quelques « petits » livres que je vais bientôt proposer à Chloé des Lys.
Pourquoi ai-je commencé à écrire ? Parce que j’ai toujours eu beaucoup d’imagination mais pas assez d’amis pour pouvoir la partager, je pense. Mais j’ai continué pour pouvoir finalement partager le produit de mes cogitations avec les autres.

As-tu déjà publié quelque part ?
J’ai publié deux romans chez Chloé des Lys en 2007 et 2008. Les deux ouvrages forment une seule histoire et ont reçu un accueil très chaleureux de celles et ceux qui les ont lus.
Le genre est celui de l’anticipation (1984 de George Orwell, Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley…). C’est un genre moins connu mais qui me plaît énormément. Ce monde est celui d’une Europe qui a connu de grands bouleversements et qui, pour sa survie, a dû faire des choix. C’est un monde qui ressemble tantôt à la Rome antique, tantôt à celui de la France du Roi Soleil mais qui, par de petites touches, nous apparaît comme radicalement différent.
On y découvre un monde où l’on parle beau, où la noblesse règle ses comptes par des duels, où les castes sont marquées, où la religion est omniprésente mais également un monde où l’on vénère plusieurs divinités, où la science a fait des progrès et où on ne peut emprunter que des transports en commun pour se déplacer.
Mais c’est également un monde qui, malgré son apparente diversité n’accepte aucune dissidence, un monde où l’armée surveille ouvertement le peuple, où l’on use de la torture sur les citoyens subversifs, où la censure fait loi, où la délation est encouragée.
Un monde qui, si nous n’y prenons pas garde, pourrait être notre futur.
Il m’a fallu réinventer tout un système pour que l’histoire fonctionne et pour que les personnages évoluent dans une certaine réalité. C’est un défi que j’ai essayé de relever.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Oui, une fois. Pour une nouvelle intitulée « Les Peaux-rouges ». Mon père m’en parle encore au moins une fois tous les six mois. Il faudrait que je remette la main dessus pour la relire.
A vrai dire, je n’aime pas tellement les concours pour la simple et bonne raison qu’on impose certaines choses aux auteurs (nombre de lignes, thème,…). Pour moi, l’écriture est une liberté, je n’aimerais pas devoir écrire avec des contraintes.

Pourquoi Chloé des Lys ?
J’aime les petites structures qui permettent une certaine proximité. J’ai connu CDL quand elle était plus confidentielle et je me suis dit qu’elle évoluerait un jour. Ce jour n’a pas tardé. Les progrès technologiques qui ont été réalisés m’ont époustouflé !

Quel ouvrage vas-tu publier ?
Ce troisième roman s’inscrit dans un univers identique aux deux autres, celui de l’Empire de la Nouvelle Ere. Il s’agit ici d’un dyptique. La première histoire est celle d’un homme ambitieux, engoncé dans ses certitudes qui va découvrir quelque chose qui peut mettre en péril l’Empire de la Nouvelle Ere.
La seconde histoire se déroule trois décennies plus tard. Un trio de mercenaires (un père et ses deux fils) s’embarque à la recherche de l’île de Séliandre où, d’après la légende, le terrible Volko-Mirr veillerait sur un trésor inestimable. Ces deux histoires sont évidemment liées mais je préfère laisser la surprise au lecteur.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Je ne prends pas de pseudonyme (ahaha !)
Plus sérieusement, quand mon premier bouquin est sorti, ma fille est née. Je n’ai pas eu le temps (ni le courage nécessaire) pour une promotion quelconque.
Pour le second, j’ai été un peu plus proactif : interviews, conférences, articles. Avec l’aide d’un ami, nous avons mis un blog en ligne (www.gedene07.ovh.org) dont j’essaie de faire la promotion dès que possible.

Des projets pour la suite ?
Comme j’ai écrit une dizaine de bouquins dans le même univers, j’ai de la marge ! En outre, je termine actuellement un roman fantastique qui a pour thème d’Enfer de Dante Alighieri. J’entame la dernière ligne droite, la plus difficile.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Il y en a tellement… Comme ça, au débotté, tout confondu, je citerais Michel Folco, Jérôme Bosch, Daniel Pennac, Albert Camus, Terry Pratchett, Quentin Tarantino, M. Night Shyamalan, Gilles Roussel aka « Boulet », Stieg Larsson, Alain Ayrolles, Jeunet, beaucoup de peintres de la Renaissance…
Côté musique, ma play list est éclectique ; j’aime Bashung, Brel, Barbara, Dionysos, Rosie Thomas, Thomas Fersen, Joe Dassin mais également Noir Désir, Muse et Iron Maiden.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Beaucoup de mes amis sont dignes d’intérêt et pas seulement parce qu’ils sont dans le domaine artistique. Mais je citerais mon père, Michel, également publié chez CDL. J’ai une tendresse particulière pour son dernier recueil intitulé « H.I.E.R comme hier » qui contient des poèmes et des chansons qui ont bercé mon enfance.

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
J’ai dessiné longtemps mais cela m’est passé. Je me suis mis à la cuisine voici quelques années et je pense ne pas trop mal m’en sortir.

As-tu un blog ou un site ?
Tout à fait. Vous pourrez y accéder en tapant www.gedene07.ovh.org.
J’y présente mon univers. Les curieux pourront trouver un moteur de recherche qui les renvoie à un mini-dictionnaire, des articles consacrés à mon univers ou encore quelques dessins réalisés par mon ami Olivier Mangin (INTOX chez Glénat) à l’époque où nous avions pour projet de réaliser un roman graphique.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Houlà ! Plein de choses en fait. Je peux ?
Les gens qui pensent que la route est à eux, ceux qui vivent pour faire du bruit, les parents qui finissent par tuer leur gosse à force de le battre puis qui affirment, devant les autorités et les caméras qu’il a fait une fugue, ceux qui écrivent LOL et MDR à la fin de chacune de leurs phrases même si c’est pas drôle, la mauvaise foi des politiques qui veulent détruire un pays qui est peut-être l’un des plus agréables à vivre en Europe, la confiance aveugle et la morgue des jeunes qui pensent que tout leur est dû, l’orthographe qui se perd (comme beaucoup de choses mon bon Monsieur), la volonté de certains de vouloir imposer leurs idées mais de ne pas accepter la critique…
On continue ?

Un souhait ?
C’est ce qu’on me demande chaque fois que j’éternue (et j’éternue beaucoup). Ca va, je suis blindé à ce niveau.