Interview...

Franck Herlemont


Pseudo ou nom réel ?

Mon nom : Frank HERLEMONT, je n'aime pas les pseudos même si, d'après le titre de mon "roman", je devrais m'appeler "Anonyme" ! J'ai hésité.

Où habites-tu ?
J'habite à La Louvière, une petite ville industrielle (surtout il y a 50 ans), très moche, très surréaliste, au sens noble du terme, où j'ai mes racines depuis deux générations. Difficile d'en avoir de beaucoup plus profondes, puisque cette cité a été créée de toute pièce dans les années 1860, à partir d'un lieu-dit perdu, un ancien relai postal, je crois. Mais il y avait autrefois plein de forêts et probablement pas mal de loups! J'aime le caractère artificiel de cette ville au tempérament social fougueux.

Une famille, des enfants…
Une compagne qui me supporte depuis plus de 11 ans, quatre enfants issus de deux précédents mariages, deux garçons et deux filles, quatre petits-enfants, un frère journaliste et écrivain, une nièce, ... et le monde qui gravite autour ...

Sucré ou salé ?
Plutôt salé, avec une préférence pour le camembert, mais jamais le pinard qui va avec !

Petit, que voulais-tu faire ?
Astronome. J'avais une passion pour les étoiles, les planètes, ... et la terreur des extra-terrestres. Je l'ai encore ...

A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
Je n'ai jamais eu d'idoles, même pas Rimbaud ... Epicure me plaît.

Ton truc contre le stress ?
Etre entièrement "dans" ce que je fais, la respiration lente, comme en yoga.

Que fais-tu dans la vie ?
D'abord, le matin, comme je suis le premier levé, je dresse la table, je presse des jus de fruits, ... Ensuite - n'oublions pas que je suis retraité -, je fais les courses dans les grandes surfaces. J'aime ça malgré ma détestation du capitalisme. Je n'en suis pas à une contradiction près. Ensuite je m'occupe de ma compagne, de ma dernière fille et de ma dernière petite-fille ... Je suis assez famille. Depuis quelques temps, je tapote sur Facebook. Le soir je lis, souvent de la philo. Parfois, rarement, des romans, pour autant qu'ils soient un peu particuliers. J'ai enfin accroché au Nouveau Roman, hi, hi ! Mieux vaut tard que jamais ! Je trouve Robbe-Grillet sublime ! et Moderato Cantabile aussi ! J'anime régulièrement des ateliers philo pour de doux illuminés comme moi. On se marre bien.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
J'ai commencé à écrire très jeune. J'avais 9 ou 10 ans. J'inventais des histoires avec des Martiens qui débarquent, des ouragans qui ravagent la planète, etc. J'aimais les histoires qui font peur, qui sortent du réel. Mais il y avait néanmoins un rapport à la réalité de l'époque. J'adorais évoquer des moments de chaos ! Faudrait psychanalyser ! Puis j'ai continué, surtout pour masquer un désespoir chronique et la crainte du monde réel. J'ai souvent écrit pour ne pas mourir.

As-tu déjà publié quelque part ?
Jamais. Sauf un recueil de poèmes illustrés par mes soins (?), autofinancé, il y a 25 ans ! Mais j'ai noirci des milliers de feuilles que j'ai égarées ou jetées. Je n'ai pas de genre particulier, j'ai beaucoup de mal à raconter une histoire et à parler de personnes autres que moi-même. Je suis naturellement narcissique, sans effort particulier ... Et je ne prends pas la peine d'élaborer des personnages fictifs pour construire péniblement un récit qui ne me concernerait pas ... Ce sont les mots qui m'intéressent, je me demande toujours ce qu'il va en sortir ... C'est le mystère absolu.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Jamais de prix ! A l'école, les profs trouvaient que j'écrivais bien.

Pourquoi Chloe des Lys ?
Franchement ? Par hasard ! Mais je suis content que ce soit près de Tournai, j'aime bien cette ville et ses habitants.
Quel ouvrage vas-tu publier ? Quel genre ? Résumé ?
Cet ouvrage n'est pas à proprement parlé un roman. C'est un recueil de quelques histoires (nouvelles ?) , il y a même une pièce de théâtre, sauvées de l'autodafé volontaire de mes écrits. Elles s'étalent sur plus de 40 ans de ma vie. Elles en constituent des fragments infimes, quoique signifiants. En tous cas pour moi ... Elles sont également chronologiquement présentées, de la plus ancienne à la plus récente. Mais on peut les lire dans le désordre, même si la progression est évidente et qu'il serait préférable de la suivre. Car c'est la progression d 'une maladie qu'elles évoquent. Le titre l'indique clairement :"L'Alcoolique anonyme". Quelle maladie ? Je répondrai : la quête éperdue (et perdue d'avance) d'amour. Le symptôme récurrent : l'alcool. J'en conviens et je le souligne dans mon prologue : j'ai voulu témoigner, laisser une trace. Celles et ceux qui pourraient se reconnaître, en partie ou totalement, dans cette trace devraient éventuellement en profiter pour éviter de la suivre. C'est tout le mal que je leur souhaite. Cet ouvrage, consommé comme un antidote, voilà ce que je propose. Il n'y a aucune leçon de morale à tirer de ce que je viens de dire. Surtout pas de morale ni de culpabilité. La liberté est à ce prix. Résumer est impossible : ce sont des mots empilés par saccades tragicomiques, au fil du temps qui s'étire, dans l'espoir insensé de ne plus devoir les répéter. Je doute d'être très clair ...

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Pas mal d'ami(e)s savent que j'écris et que je vais publier. Je connais quelques libraires. Je connais des personnes qui travaillent "dans la culture". Je connais beaucoup de gens ou plutôt, beaucoup de gens me connaissent. Et puis maintenant que je tapote sur Facebook ...

Projets pour la suite ?
Si ça marche, continuer d'écrire tant que ma santé le permet. Mais dans un autre registre. Tout à fait différent.

Pourquoi écris-tu et comment ?
Les écrits que je publie ont été commis dans des périodes de détresse extrême. J'écris depuis plus de 20 ans dans un tout autre état d'esprit. Je cherche la voie ... J'utilise l'ordinateur, mais auparavant j'écrivais au stylo-bille.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
En littérature, il y a Flaubert, Gide, Sartre, Camus, ... En poésie, Rimbaud, Baudelaire. Plus récemment découverts, Marguerite Duras, Alain Robbe-Grillet, ... Sans oublier les merveilleux Boris Vian et Raymond Queneau. J'aime aussi les aventures bien arrosées de Philippe Djian. En philo, je viens de découvrir une météorite tragique, le père de l'existentialisme moderne : Soren Kierkegaard. En cinéma, j'ai un faible pour Téchiné, Rohmer, ... un cinéma français assez "littéraire", l'exubérance baroque de Fellini, la somptuosité maniérée d'Antonioni, etc. En musique : Bach et Mozart, sans conteste. En peinture : Klimt, Chagall, Miro, Alechinski, etc.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
J'aimerais qu'on parle de toutes mes amies et de tous mes amis.

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
J'aime la philo. Mais il faut qu'elle soit accessible. J'aime "traduire" le jargon philosophique en ce que je crois être un discours simple. J'adore la musique classique (au sens large : De roland de Lassus à Prokofief ou Chostakovitch), le blues, la chanson française, le reggae, je suis éclectique. J'aime la peinture très colorée : Miro, Chagall, etc. ... j'aime le jardinage. J'écoute beaucoup la radio, surtout France Inter.

As-tu un blog ou un site ?
Non. Je suis très nul en informatique.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
La méchanceté. Mais je crois qu'elle est toujours associée à la bêtise.

Ta citation favorite ?
Aucune en particulier. Mais j'aime quand Epicure termine sont "Tetrapharmakon" (Quadruple remède) en écrivant : "Le bonheur est possible".

Une qualité et un défaut ?
J'aime l'ouverture d'esprit, je déteste l'agressivité gratuite. Quant à moi, je suis bourré de qualités et de défauts : ce sont généralement les mêmes !

Un souhait ?
Que mes proches soient heureux. Et que le monde soit moins con qu'il ne l'est en ce moment !

Est-ce indiscret de te demander si tu crois en dieu ?
Absolument pas ! Je suis athée et très ouvert, pour autant qu'on ne veuille pas me convertir.

As-tu peur de vieillir ?
C'est déjà fait, du moins en grande partie. Et ça ne me fait pas peur puisque je le vis assez sereinement.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Je trouve toutes les questions intéressantes quand elles sont posées avec bienveillance.