Interview...

Isabelle Grenez


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel.

Où habites-tu ? Explique…
Dans le Brabant flamand, mais j'ai aussi vécu à Bruxelles, à Waterloo et je projette de m'installer en Wallonie.

Une famille, des enfants…
Un mari et deux grandes filles (deux jeunes femmes devrais-je dire). Ni chien, ni chat, ni poisson rouge.

Sucré ou salé ?
Les deux ! J'avoue être gourmande et avoir un solide appétit.

Petit, que voulais-tu faire ?
Blanchisseuse (paraît-il).

A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
A Voltaire, par exemple (au féminin !)

Ton truc contre le stress ?
Si seulement j'en avais un, moi qui suis éternellement stressée... !

Que fais-tu dans la vie ? Explique…
Au risque d'en effrayer certains : je fais un travail de bureau dans le domaine des assurances. Je gère des dossiers "accident avec blessés".

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Je m'y suis mise sérieusement il y a 7 ans environ. J'ai eu un déclic après avoir lu un recueil de nouvelles de Philippe Claudel (je souhaitais découvrir l'écrivain après avoir découvert le cinéaste).

As-tu déjà publié quelque part ? Et quoi ? Quel genre ?
Mon premier roman est sorti en octobre 2014 aux éditions Jacques Flament (France). Il s'agit d'un roman intimiste intitulé "L'heure de la renarde" qui traite essentiellement du retour aux sources, de l'attachement aux racines familiales (mais aussi de la mort, de l'alcoolisme et des relations difficiles entre mère et fille).

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Voici mes petites "victoires" :
- Lauréate du concours de nouvelles du Soir Mag 2015 : ma nouvelle intitulée « Sous l'ombrelle » est parue dans le Soir Mag du 23/12/2015.
- Lauréate du « Prix Richelieu de la nouvelle » 2016 du Club Richelieu de Liège Georges Simenon : ma nouvelle intitulée « Les parfums d'Éléonore » a remporté le premier prix et est parue dans le recueil collectif « Ivresses ».
- Lauréate du concours « Bonnes nouvelles » 2016 du Soir Mag : ma nouvelle intitulée « Burn-out royal » est parue dans le recueil collectif « Le dernier esclave belge » (éd. Weyrich).

Pourquoi Chloe des Lys ?
Jacques Flament (JFE) ne souhaite plus éditer de fiction (sauf exception) et il est difficile de commander un bouquin de JFE dans une librairie, ce qui décourage certains lecteurs. Je me suis donc tournée vers d'autres éditeurs. Plusieurs refus m'ont amenée à tenter ma chance auprès de CDL et finalement, je regrette de ne pas l'avoir fait plus tôt.

Quel ouvrage vas-tu publier ? Quel genre ? Résumé ?
Il s'agit d'un roman dont les héroïnes sont deux sœurs que la vie a séparées, deux sœurs à l’opposé l’une de l’autre. En 1987, Olivia a fui sa famille alors qu’elle avait à peine atteint l’âge de la majorité (21 ans à l’époque), pour aller vivre à Caracas (Venezuela). Ségolène, elle, est restée en Belgique et a repris la pharmacie de ses parents. Depuis vingt-cinq ans (l’histoire se passe en 2012), elles ont rompu tout contact et voici que Ségolène reçoit une lettre de sa sœur, lui annonçant son retour.
Ségolène lit la longue lettre de sa sœur, entrecoupant sa lecture de réflexions, de souvenirs qui refont surface, si bien que s’instaure une sorte de dialogue à distance entre les deux sœurs, lequel éclaire le lecteur sur la raison qui a poussé Olivia a partir, sur les circonstances de ce départ, sur la relation tendue qu’ont toujours eue les deux sœurs et sur la vie qu’elles ont menée depuis leur séparation, chacune de son côté.
Le lecteur assiste ensuite à l’évolution des sentiments que fait naître chez Ségolène l’annonce de ce retour. Après l’avoir refusée, progressivement, Ségolène se fait à l’idée de retrouver Olivia et se surprend même à préparer son arrivée. Les retrouvailles ne se passeront toutefois pas comme elle s’y attendait, mais je ne peux vous en dire plus.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
J'utilise un peu Facebook, compte sur le bouche-oreille, suis présente à l'un ou l'autre salon littéraire, suis ouverte aux rencontres avec les lecteurs, participe à l'un ou l'autre concours (testé cette année). Quand "ma renarde" est sortie, j'ai fait faire des marque-page et en ai distribué à gauche à droite, mais je ne sais si ce fut porteur ; difficile à mesurer.

Projets pour la suite ?
Certainement. Un projet plus autobiographique dans lequel j'évoque les relations avec mon père (après le divorce de mes parents) et avec mes demi-sœurs. Un roman que je viens de commencer aussi, dans lequel j'évoque la maternité au sens large.

Pourquoi écris-tu et comment ?
C'est un moyen d'expression qui me convient, un exutoire salutaire. J'aime raconter des histoires : les construire, les mettre en forme et j'en profite pour exprimer ce que je pense et ressens.
Mon écriture est classique. Je travaille beaucoup mes textes et suis assez exigeante pour moi-même. Je travaille à l'ordinateur (je passe de moins en moins par le stade de l'écriture manuscrite dans un cahier), mais ai toujours un petit carnet de notes sur moi.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
- Littérature : je n'ai pas de maître absolu ; ce serait plutôt un mélange de Proust, Chateaubriand, Anatole France, mais je continue à prospecter ! Je lis aussi de auteurs contemporains, voire des auteurs peu ou pas connus.
- Cinéma : j'aime beaucoup les films de Claude Sautet, mais mon film fétiche est "Autant en emporte le vent".
- Peinture : j'aime particulièrement les portraits. Modigliani m'émeut beaucoup. Vermeer m' "aspire" dans son univers.
- Musique : j'apprécie beaucoup la musique classique, Chopin entre autres. Une de mes œuvres préférées : le Requiem de Mozart. J'écoute également de la chanson française. Tout dépend de mon humeur.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Non, je ne vois pas dans mon entourage quelle personne pourrait être mise en avant plutôt qu'une autre.

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
Pas de hobby particulier en dehors de l'écriture. J'admire beaucoup les artistes, mais je ne suis pas musicienne et suis dotée de deux mains gauches.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Le manque de sens des responsabilités, dans tous les domaines, même dans les petites choses de la vie quotidienne (le je-m'en-foutisme).

Ta citation favorite ?
"Montrer l'exemple n'est pas la meilleure façon de convaincre, c'est la seule." Gandhi.

Une qualité et un défaut ?
Qualité : la persévérance. Défaut : le fait de ne pas vivre suffisamment l'instant présent (je suis souvent ailleurs, mes filles s'en plaignent).

Un souhait ?
Que le projet que nous avons, mon mari et moi, d'aller vivre à la campagne se réalise dans les meilleures conditions et à relativement court terme. Ce sera un gros changement ! Je suis curieuse.

Est-ce indiscret de te demander si tu crois en dieu ?
Non. Je ne crois pas en Dieu, mais je respecte les croyances de chacun.

As-tu peur de vieillir ?
Non. Chaque âge a ses charmes et ses inconvénients. Je me sens mieux dans ma peau aujourd'hui qu'à vingt ans. A cent ans, l'une de mes arrière-grand-mères assistait à mon mariage, bon pied bon oeil. Ce serait chouette que je sois comme elle.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Il n'y a pas de question stupide. Ce qui serait dommage, ce serait qu'on n'ose pas me la poser alors qu'on a forcément une bonne raison de le faire.