Interview...

Jean-Louis Gillessen


Pseudo ou nom réel ? Où habites-tu ? Explique… Une famille, des enfants…
Je souhaite publier sous mon nom réel parce qu'il est déjà apparu sur des affiches, dans des critiques, en tant qu'auteur et comédien de théâtre. Même si cela date !
J'habite actuellement à Wasseiges, en pleine campagne, qui se trouve à quasi égale distance de Namur, Louvain-La-Neuve et Liège, et à environ 75 kms de Bruxelles : vive la Belgique et ses autoroutes ! L'entité compte 4 villages et 2.500 habitants. Je vis seul, séparé, mais suis l'heureux papa d'une fille de 15 ans, pour qui tout boule et roule agréablement. Quatre frères et soeurs, quantité de neveux et nièces.
Parents décédés. Agé de 57 ans, je suis né le 15 mai 1956.

Sucré ou salé ? Petit, que voulais-tu faire ? A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ? Ton truc contre le stress ? Explique…
Sucré, oui, pas aigre-doux, salé souvent, mais pas salace. Cela déjà tout petit, où je me réjouissais d'être grand. A trois mois, j'ai contracté le paratyphus en Afrique ex Congo belge où je suis né à Matadi : au soir tropical, le médecin transmet à mes parents qu'il serait fort probable que je décède dans la nuit, et que, le cas non échéant, je garderais des séquelles lourdes, à savoir retards et manques à jamais de langage, de marche, d'équilibre, d'appétances diverses, et j'en passe.
Ceux-ci se sont relayés pendant 17 heures pour déposer une goutte d'eau toutes les deux minutes sur la langue afin que je ne perde la vie par déshydratation : et ils m'ont " dit " les mots qu'il fallait pour m'encourager à tenir, garder le fil continu qui rattache au souffle, conserver la rage de vivre.
Quand le médecin est repassé, il a avoué qu'il pensait arriver pour constater un décès. Je cite cet élément de l'existence parce qu'il est prédéterminant de la suite : mes parents ont surinvesti en moi des tonnes d'aspects éducationnels et pédagogiques afin que je ne paie pas les séquelles annoncées! Maman m'obligeait à traverser en équilibre sur un tronc de bois précipice après précipice, papa m'apprenait à réciter des contes et à chanter, maman m'induisait le rythme de la danse, tous deux me valorisaient, m'encourageaient, me boostaient, j'étais preneur, j'en voulais chaque fois plus, bercé dans une atmosphère où apprendre était synonyme de respirer, et j'apprenais. Petit donc, je voulais ... faire " tout ". Rejoindre un cirque, jongler, être funambule, trapéziste, clown, conteur, mais aussi gymnaste, professeur, enseignant ... Quelques années ont vite passé, et la période des " Pourquoi ? " s'est révélée, par force, amplifiée : je voulais aussi devenir psychologue.
Mais comment le devenir si je continuais à être aussi nerveux, à battre des bras dès que je m'emportais et m'enthousiasmais? Pour moi, la réponse était simple : j'apprendrais! A 11 ans, j'ai commencé à suivre des cours intensifs de gymnastique olympique, de plongeon, de trampoline ... les professeurs disaient que j'étais un bon élément. Et j'ai donc commencé aussi à "abîmer" le dos!
Heureusement, les études gréco-latines choisies en humanité ont diminué la fréquence des entraînements, ce qui n'a pas empêché les professeurs sportifs de m'amener à une place de premier de Belgique en ma catégorie à 15 ans! Premier aussi à ressentir d'intenses douleurs lombalgiques ...
Qu'importe, la douleur, " ça me connaissait ", j'apprendrais à la surmonter, à la contourner. " Oui, mais il faut être raisonable ", disait le kiné. J'aprrendrais à le devenir. Apprendre était bien intégré, ne m'effrayait pas, je pouvais selon moi " tout apprendre ". Et c'est tout naturellement que j'entame en 1974 des études universitaires en éducation physique au Sportkot à Leuven, dans la ferme intention de pouvoir apprendre encore mieux à enseigner et à transmettre le sport aux autres, petits et grands.
Mais alors survient un premier accident qui me brise le dos et le coeur : lors d'une compétition à Berlin, je fais une mauvaise chute en sortie " grand allemand" (sic), figure gymnique à la barre fixe, pour venir me fracasser au sol après un salto vrillé tendu mal réceptionné. Terminées les études choisies.
A défaut de gym, de plongeon, de trampoline, j'obtiens un job de plongeur dans un restaurant de cuisine intensive au resto - GB de Leuven ... où je dégraisse et lave marmites et cuves d'un mètre de diamètre. Ce travail me permet de payer le loyer de l'appartement-kot partagé à trois étudiants pour l'année. Le soir je chante dans les cafés, j'essaie de récolter encore quelque monnaie. L'année écoulée, septembre qui suit en 1975 je suis inscrit en fac de médecine à Louvain en Woluwé, les Flamands nous ont bouté hors de Leuven, devenue Louvain la veuve.
Quel plaisir : je serai médecin! Derrière le microscope au cours de biologie, mon regard s'aiguise. Je fais les navettes comme passager sur une moto 380 XTR SUZUKI, machine de mort ultra rapide .... Mon ami conducteur aime la vitesse. Trop. Un mercredi ensoleillé d'automne, le 22 octobre 1975 à midi 45, , nous heurtons à 100 kms/H une ambulance qui brûle un feu rouge sans marquer le temps d'arrêt réglementaire : je perds mon casque à l'impact, fais un vol plané de 27 mètres pour atterrir sur le pare- brised'une voiture roulant en sens inverse. Je suis passé entre les arbres qui séparent les deux voies, c'est déjà une première chance. La deuxième étant que je ne suis pas encore mort : je resterai six mois à l'hôpital d'où je sors en pesant 37 kilos.
Et, je ne le sais pas encore, je serai entre autres écrivain, comédien, auteur interprète, chauffeur de bus, chauffeur de salles, saisonnier en agriculture biologique, réformé de l'armée, mime automate, Art Director chez Ad Performance, une boîte événementielle, écrivain interprète au Théâtre Mirabelle pour l'Enfance et la Jeunesse, réceptionniste puis gérant de l'auberge de jeunesse Sleepwell à Bruxelles, libraire (à Schaerbeek rue Frédéric Pelletier), saisonnier à Walibi, barman dans un tennis club, infirmier A1 deuxième année, je n'ai pas fait la troisième pour cause de paternité, heureux papa de Manon âgée aujourd'hui de 15 ans, ... et enfin Educateur Spécialisé A1. Diplôme obtenu en promotion sociale sur trois ans, tout en travaillant ardemment comme éducateur et en élevant ma fille avec amour.

A quelle figure historique aimerais-tu resssembler ?
Si historique est pris dans l'un de ses sens qui est une figure célèbre, fameuse, connue, .... beaucoup de monde parmi les nombreuses personnes qui ont parsemé et parsèment encore parfois l'éventail infini des êtres sur notre planète terre qui ont réalisé et/ou réalisent encore des actions de bienfaits pour une amélioration de la condition humaine. Je ne vais pas citer de nom, il y en a tellement : écrivains, leaders charismatiques, chercheurs scientifiques, philosophes, et j'en passe. Oui, je peux citer, Zola, Gandhi, Mandela, une floppée de médecins belges pour "une fois" être chauvin, mais j'arrêterai là, parce que je ne veux pas écrire deux pages de listing.
J'éprouve néanmoins un bémol, car, si tant est que je puisse y voir un rapport, je ne suis pas adepte de la réincarnation pas plus que de la désincarnation. Cette idée pourrait m'amener à quelque dérapage : j'en ai connu plus d'un qui, rien qu'à s'imaginer ressembler à van Gogh, ont fini par se couper l'oreille, de surcroît pas la bonne, tandis qu'un autre, scandant "Navaronne" , refaisait Austerlitz, attrapait mal au foie, démontait le Lion de Waterloo.
Cependant, réflexion faite, je serais ravi dans l'imaginaire ... de pouvoir ressembler, ou mieux, pouvoir bénéficier, pouvoir pêcher quelques dons et/ou talents, même l'espace d'un seul jour, à certaines grandes figures du oneman, par exemple Raymond Devos, Guy Bedos ou Gad Elmaleh, et pourquoi pas Chantal Ladessous ou Muriel Robin! Je bûcherais dingo à donf pendant les 24 heures accordées afin de créer 17 spectacles ( pas de gêne, faut du plaisir combiné au rendement ), question de pouvoir souffler un peu après et assurer de belles années à venir ... Mais un peu d'humilité, qui suis-je pour imaginer ressembler à " ? " ? Je pense que déjà bien se connaître et continuer à " s'apprendre " au jour le jour est déjà tâche bien complexe. Comme disait Socrate en Grec ancien : " Gnôthi seauton "...
Ah, voilà à qui j'aurais bien pu ... vouloir ressembler ! (Rires).

Ton truc contre le stress ?
L'éviter sans léviter, c'est-à-dire garder les pieds sur terre, respirer correctement pendant un certain temps. Ne pas penser à mes ex, ni aux factures impayées. Prendre mon stylo et écrire des mots qui me plaisent. Si rien ne plaît ou fait plaisir, écrire quand même ce qui apparaît être le désagréable ou ingérable du moment, puis le biffer en le replaçant dans une plus juste réalité.
Exemple : je rencontre des soucis d'argent, je pense : " J'en ai eu très souvent tout au long de ma vie, je me suis tracassé à donf, puis je m'en suis quand même sorti, étant donné que j'ai connu des tas de moments de bonheur et de jouisance par la suite = conclu : cela ne sert à rien de stresser puisque demain est un autre jour et que je finirai par passer le cap. Pourquoi souffrir alors en le moment présent à ressasser inutilement ? Et quand je suis dans une bonne passe, je sais que demain je peux en avoir une mauvaise. Le cercle vertueux s'installe. Comme je suis conscient que je m'en tire OK à chaque fois, je prends l'habitude de ne plus stresser ... pour ce que je ne peux changer d'office dans l'heure, jours ou semaines à suivre. J'insiste sur la respiration, un peu de sofrologie, et surtout garder le stylo en tête, sans hara-kiri stylo-tête!

Que fais-tu dans la vie ?

Je dors 9 à 11 heures par nuit, santé oblige 'cos les séquelles de mon accident à moto. Je lis, j'écris, j'écoute beaucoup de musique éclectique, promène ma petite chienne Gypsy, trouvée abandonnée en 2007, je regarde certains débats à la télévision ( Frédéric Taddéï sur France 3 ), je jardine, me réunis avec des amis, et, j'aurais pu commencer par là, je passse des moments merveilleux de partage d'instants de bonheur et de complicité avec ma fille Manon.
La commune de Wassseiges m'a désigné comme membre effectif et actif du CCA et CCPH de Wasseiges, respectivement Conseil Consultatif des Aînés et de la Personne handicapée ( y a du boulot, nous avons déjà eu trois réunions depuis septembre ). Il m'a été demandé par l'échevin des affaires sociales et culturelles si j'étais d'accord au vu de mon CV de créer et d'animer un atelier théâtral dans la commune et les quatre villages de l'entité de Wasseiges. J'ai répondu par l'affirmative. Ha, j'ai oublié de dire que j'ai suivi après mon accident pendant cinq ans en académie communale à Evère les cours d'Art Dramatique, de diction et de déclamation : pour l'examen final et l'obtention du diplôme, sur les cinq épreuves, il fallait présenter un extrait d'un auteur belge ... et j'ai choisi bibi, et, avec de la chance, ça l'a fait, j'ai obtenu le brevet !
Au jour d'aujourd'hui, je prends du temps pour continuer à me familiariser avec Chloé des Lys, où je commence à rencontrer une quantité de personnes agréables, sympathiques, prêtes à " épauler " les nouveaux membres auteurs. Je consulte les divers blogs des auteurs déjà inscrits, très nombreux et variés, je m'intéresse aux écrits des collègues.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Très jeune, dès 8 ou 9 ans, pour communiquer en laissant une trace concrète à mes parents, frères et soeurs, sur le tableau destiné à cet effet qui se trouvait dans la salle à manger-salon. Très vite, le tableau ne me laissant pas suffisamment de place, je suis passé à l'écriture sur feuilles puis sur cahier. Plus tard, en humanités gréco-latines, à 14 ans, dans le cadre du cours de Français, pour le premier " vrai " examen de création propre, le professeur avait proposé aux élèves de choisir entre 4 thèmes imposés : deux en dissertation et deux en poésie. J'avais mal à la tête, il faisait chaud, nulle envie de disserter, j'ai pu le faire à satiété dans les années qui suivirent. L'un des deux thèmes en poésie s'intitulait " La page blanche ". Et là, j'ai bondi sur l'occasion pour écrire cinq pages de texte en alexandrins. Emerveillé par les tragédies grecques, romaines et françaises que les professeurs nous avaient fait découvrir, je ne pouvais qu'essayer de créer moi-même quelques uns de ces chantants vers à douze pieds dont je me délectais.
Je fus encore plus surpris quand sur le bulletin apparut au mois de juin la note de ... 19 points sur vingt! J'avais pu écrire et assembler des mots que mon professeur avait appréciés! Puis j'ai cherché à retrouver des notes approximatives, que ce soit par le biais de dissertations ou d'exercices de diction et de déclamation. Heureux que j'étais, les points arrivaient et me donnaient à chaque fois une bouffée de bonheur intense. Aujourd'hui, je continue d'écrire par amour de la vie du verbe. Pour exister par la plume et enseigner, transmettre ce que je ne peux simplement dire.
Pour témoigner de scènes de la vie quotidienne, d'épisodes ou de témoignages à leur tour entendus au détour d'un café, d'une rencontre au hasard des jours plus nouveaux les uns que les autres. Pour dire tel inattendu, telle expérience, telle joie, telle douleur. Pour rapporter, raconter, conter les mouvements des multiples histoires qui déterminent un destin, un chemin, pour donner le feu à une étincelle, apporter la lumière à ce qui pourrait ne jamais paraître ou apparaître, pour partager, faire circuler de l'émotion, celle qui sous-tend nos valeurs et nos comportements. J'aime à surprendre par le mot, le faire chanter dans son verbe, s'entrechoquer avec ses pairs, je les veux multiples et distrayants, tantôt différents, tantôt répétés, sans jamais lasser, tantôt bruts, tantôt transformés, remaniés, inventés, j'essaie de faire vivre le langage écrit comme s'il était dit. Tel est mon désir et par là-même, ce qui le fait vivre, et surtout continuer à vivre, à perdurer. Car si le désir est toujours satisfait, satisfait à jamais, c'est la mort du désir, la mort de l'écriture. Je suis un " désireur " assidu. La pratique de l'écriture de la parole, des mots dits par l'autre ou ceux que j'imagine et que je dépose sur le papier, cette pratique s'attache à dégager l'émergence sans cesse renouvelée de ce désir qui me fait vivre. " Heu-reux " comme disait Fernand Raynaud.
Certes je peux ressentir par quelque fulgurance un surgissement passager d'une partie du tas gris comme une caserne qui se trouve bien enfouie au tréfonds de mon être, mais alors j'écris, je pose le mot, je me réanime et je l'anime. Alors vient à la rescousse précisément un nouveau désir, que j'apprivoise, reconnais plutôt que ne le refoule, et que je m'applique à maîtriser. Je ne peux écrire sans maîtrise, fut -elle directe ou juste à la relecture : j'écris à la plume, rature, biffe, reprend, corrige, peaufine. Et les mots doivent danser et chanter. Pour moi bien entendu, mais aussi et surtout pour la lectrice, le lecteur. Si je perçois que mon désir échoue, je m'évertue à le libérer de sa première force pulsionnelle parfois aveugle, afin de le faire passer du plan alors souvent inconscient, où il resterait " immaîtrisé ", au plan conscient où il peut être assumé, réfléchi, plus précis, messager de mots plus nuancés, plus jolis, mieux choisis, mêlés, transcrits, ... ils deviennent alors mieux manuscrits, formeront in fine meilleur manuscrit. Pléonasme entre le mot adjectif et son nom homonyme.

As-tu déjà publié quelque part ? Et quoi ? Quel genre ? As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
J'ai publié des articles chaque mois de 2001 à 2007 dans la revue R.I.F (Réfléchir, Intervenir, Former), dont j'étais membre actif pendant cette période. La revue existait (et existe encore) sous l'obédience du coordinateur de l'équipe éducative au sein de laquelle je travaillais dans un Centre d'Hébergement pour la Jeunesse dépendant de l'AWHIP. Je m'occupais de la mise en pages, de l'édito, et mes articles relevaient tantôt de l'actualité sociale, tantôt le plus souvent tournaient autour d'un thème que je choisissais librement ( ex : la précarisation, les familles recomposées, la transcription d'un témoignage, les droits du père séparé, de nombreux poèmes à thème social, ou complètement hors ce sujet.)
Niveau reconnaissance, j'ai connu la joie d'être reconnu par des critiques positives de la pièce de théâtre Léon 20 H 30 non publiée mais jouée en divers endroits, dont une critique parue dans La Libre Belgique. Ainsi qu'un passage à la RTB radio Namur et à la télévision au JT de 19H30 sur la RTBF, qui présentait un extrait filmé par leur équipe à l'Espace Léopold Senghor Place Dumont à Bruxelles. Sans compter ... la reconnaissance du public, tant dans le théâtre pour l'Enfance et la Jeunesse que de la part des quelques 7.000 spectateurs qui ont vu la pièce Léon 20 H 30.

Pourquoi Chloe des Lys ? Quel ouvrage vas-tu publier ? Quel genre ? Résumé ? Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ? Projets pour la suite ? Pourquoi écris-tu et comment ?
Chloé des Lys d'abord par hasard, puis convaincu agréablement par les contacts pris avec cette ASBL dynamique : l'équipe est composée de personnes bénévoles qui se rendent disponibles, sont motivées, font circuler les informations nécessaires, sont prêtes concrètement à guider le nouvel auteur dans ses premiers pas sans lâcher les anciens bien sûr. Je me sens épaulé, j'ai l'mpression de rejoindre une nouvelle famille d'amis.
De surcroît CDL met à disposition de chaque auteur dynamique quantité d'outils pour se faire connaître (sites, blogs littéraires, ceux des confrères auteurs, accès à une actu-TV, interviews/presse, salons et foires du livre, adresse et partenariat/librairies et bibliothèques, et j'en passe) : je compte bien les utiliser progressivement.
Je vais publier une pièce de théâtre dont mention plus haut, intitulée " Léon 20 H 30 ", inspirée d'un fait divers, au départ irradiant de banalité, qui m'est arrivé.
La pièce relate l'histoire de Léon. Son histoire qu'il raconte. Passager sur une moto, ce jeune étudiant en médecine est victime d'un accident de roulage. La moto percute une ambulance à vive allure et il subit un traumatisme crânien sévère. Il est alors entraîné dans une histoire clinique longue de dix ans, où le milieu du médico-légal se révèle être impitoyable et surprenant. De victime Léon devient comme accusé. La pièce, dénonciatrice d'un système, se veut néanmoins résolument drôle et optimiste.
Oui, je saute du coq au baudet. M'arrive souvent. Volubilité accrue. Trauma crânien, zone hypodense dans le lobe frontal droit, ... la zone du langage a été touchée de façon costaude suite à un accident de moto contre une ambulance de la ville de Bruxelles en 1975, et une autre partie du cerveau a compensé, mais beaucoup trop ! Ceci amène cela, puisque les dix ans de procès médico-légal qui ont suivi le crash constituent l'inspiration qui m'a fait écrire la pièce de théâtre déposée chez CDL.

Projets pour la suite ? Pourquoi écris-tu et comment ?
Ha, des projets, oui, ça bouillonne là-dedans ! Parallèlement à la mise sur pied d'une nouvelle création de ma pièce dans laquelle je jouerai et ferai la mise en scène, je continue d'écrire ardemment et tout en préparant l'édition de Léon. Je vais m'attacher à la la création d'un blog que je veux être attractif, rédigé correctement, à l'aspect non rébarbatif et sans couleur d'amateurisme. Cela prend du temps. Je souhaite continuer à travailler sur un projet d'écriture également théâtrale qui a pour thème l'éducation, au sens large du terme, mais plus particulièrement vue par l'oeil d'un éducateur passé par multiples expériences, tant au niveau du terrain avec les enfants que celui des formations, séminaires, contacts avec les collègues, réunions d'équipes, de synthèse concernant un enfant patient, etc... J'abrège : le projet est la réalisation d'un "Oneman show" sur le ton principal humoristique, autodérisoire et critique par rapport au thème abordé.
Je vous ai dit plus haut pourquoi j'écrivais, quelles étaient mes motivations. Je peux ajouter que j'écris toujours au stylo d'abord, puis je transcris sur ordi.Parfois en écoutant de la musique. Souvent la nuit.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique… Ta citation favorite ? Une qualité et un défaut ? Un souhait ? Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Coup de coeur en musique ? Coup de coeur pour le concerto n°2 pour piano et orchestre de Rachmaninoff, spécialement la version interprétée par Svjatoslav Richter, tous les classiques anglo-saxons, notamment diffusés par Gerges Lang dans les nocturnes, et beaucoup la chanson française (Brel, Brassens, Serge lama, Julien Clerc, Jean- Louis Aubert, un coup de coeur pour Isabelle Mayereau , ... et tant d'autres.).
Cinéma et peinture? La liste est longue, éclectique, je ne commence pas ... Pas d'attrait pour les surréalistes, plutôt l'impressionisme. La lecture dans ma vie? Un peu, beaucoup, passionément selon les périodes de l'existence, selon les disponibilités. Lorsque je travaillais full time, temps plein, tout en étudiant, j'ai plus lu des livres en rapport avec les études susnommées, car je ne pouvais pas concrètement lire autre chose, si ce n'est le journal, et l'un ou l'autre magazine littéraire (ou pas). Je me souviens (rires, parce qu'il était deux ou trois heures de la nuit et que je devais assurer le réveil , petit-déjeûner + la gestion des départs à l'école des enfants dits à touble du comportement lors des gardes en tant qu'éducateur ) je me souviens donc avoir lu tout un temps Le Journal du mardi, dont le rédac chef était le journaliste Bouffioux.
J'ai fait allusion plus haut aux classiques lus en humanités, j'ai fort apprécié dans le désordre pendant cette période et les années qui suivirent tant Hugo, Tostoï, Zola, Stendhal en passant par Alfred de Musset, Georges Sand, Verlaine, Rimbaud, Tchekov, puis Sagan, que de nombreux romans selon les époques et les modes dont je n'ai plus en mémoire les titres ni ne pourrais ici retrouver les auteurs (habitant sur seulement 83 m2 de surface, j'ai vendu une bonne partie des livres lus, même si certains sont encore "casés" dans des vieux casiers AMP de mon ancienne librairie (rires), Roland Topor, Dubillard du même prénom, Dostoievski, l'intégrale des textes de Raymond Devos, les textes de Pierre Desproges, des maîtres en la matière, Guy Bedos, j'apprécie fort Philippe Labro, et dans un tout autre registre passionément le regretté généticien et philosophe Albert Jacquard, le sociologue Joseph Basile ( chroniqueur dans la LLB) et j'oublie ici quantité d'auteurs lus avec grand intérêt, mais que ma mémoire ne pourrait retrouver pour l'heure ... (cfr trauma crânien, rires).
" L'oxygénation du sang et la curiosité de l'esprit sont deux conditions essentielles pour une recharge du potentiel d'enthousiasme. Or, c'est par manque d'enthousiasme que nous réagissons si mal à l'accélération de l'insolite, du nauséabond, du multiple, du déhanché, de l'encombré et de l'épuisant. Pour un regain intérieur, il faut aller à nouveau sur les chemins de crête. "
Une citation favorite, une phrase qui me marque ou/et me plaît particulièrement? Je la véhicule au travers de la vie et la connais par coeur pour l'avoir lueet relue dans les toilettes de 11 ans à 17 ans, affichée par mon père à l'époque où nous vivions à sept dans un petit appartement à Woluwé, avenue des Pléiades (quel nom merveilleux), phrase écrite justement par Joseph Basile. cette phrase est intemporelle, valable pour les temps passés, présents et à venir :"
J'avoue qu'à onze ans, je parlais "tout haut" comme dit l'adage en répétant les mots de la phrase pour bien les mémoriser, sans trop tout bien saisir. Aujourd'hui je l'ai bien intégrée, même si je ne l'applique pas ... à la lettre ...

Une qualité et un défaut ?

Je communique correctement, j'aime transmettre, mais je manque d'esprit de synthèse, et, pour insister sur ce défaut, oui, je saute souvent du coq au baudet par volubilité accrue. Je prends comme explication mon trauma crânien, zone hypodense dans le lobe frontal droit, ... la zone du langage a été touchée de façon costaude, l'autre partie du cerveau a compensé, mais trop ! Un souhait ? Que l'écriture perdure et puisse être lue, accessible à de plus en plus d'endroits sur la planète, que les auteurs de CDL voient leurs espoirs se réaliser, que CDL reste prolixe, qu'elle continue comme elle a si bien commencé. Et que ma fille évolue dans les justes chemins nombreux déjà bien empruntés.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Je pense qu'elles peuvent être nombreuses, celle qui se présenterait comme la plus stupide induirait intrinsèquement une réponse en réaction, qui, elle, remettrait en place, recadrerait le sujet de la question pour " dire " un juste propos alentour.