Interview...

George Marie-Claire


Pseudo ou nom réel ?
Marie-Claire George est mon nom réel. Cela m’évite des crises d’identité.

Où habites-tu ?
Je suis Montoise depuis près de trente ans, et heureuse de l’être puisque la ville mérite bien son titre de capitale culturelle du Hainaut.

Que fais-tu dans la vie ?
J’ai enseigné le français... très longtemps, mais aussi occasionnellement le latin, l’histoire, l’étude du milieu, la communication, j’en oublie sans doute. Après quelques années en Afrique (dans une mission du Bas Congo puis à l’Ecole belge de Kigali), je n’ai plus quitté l’Institut Saint-Joseph du Roeulx jusqu’à ma retraite, il y a un an. Aujourd’hui, je renoue avec le plaisir d’écrire enfoui trop longtemps en dessous des piles de corrections.

Une famille, des enfants ?
Une famille ? Oui, bien sûr. Un mari qui m’a apporté la sienne : une fille, un petit-fils. Une maman, une sœur, des belles-sœurs et beaux-frères en nombre, des neveux et nièces, des amis très chers, ici ou plus loin.

Que fais-tu dans la vie ?
Maintenant que je mène mes journées à ma guise – ô délice ! – on me rencontre partout : dans les expos, au cinéma, au concert, à des conférences...

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Ecrire, pour moi, c’est seulement du plaisir. Plaisir précoce puisque, à l’école primaire, j’ai remporté deux concours insignes : un sur les biscuits Delacre, l’autre sur le drapeau belge ! Et voilà comment j’ai eu mon premier porte-plume réservoir ! J’étais « bonne en rédaction » mais je l’ai oublié pendant trop longtemps, rivée que j’étais à la prose estudiantine...

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Il y a quelques années, à ma grande surprise, j’ai obtenu une mention au concours de nouvelles organisé dans le cadre de la Fureur de lire. C’était reparti ! Des ateliers d’écriture ont fait le reste, j’ai participé à d’autres concours et de fil en aiguille (façon de parler puisque je n’ai plus le temps de broder, ce qui était mon loisir de prédilection) j’ai accumulé quelques dizaines de nouvelles qu’un ami poète, Thierry Ries, m’a conseillé de proposer à Chloé des Lys.
Ce recueil, « L’ange gardien », est maintenant fin prêt. Je l’envoie justement aujourd’hui à CDL pour la préparation de la maquette. Quel bonheur de voir bientôt mes textes « bien habillés » !

Quel ouvrage vas-tu publier ?
« L’Ange gardien », qui va bientôt paraître chez Chloé des Lys, tire son nom de la première de ces nouvelles, celle qui a été primée à la Fureur de lire. Disons que c’est un conte moderne. Les récits qui suivent sont très variés, tantôt réalistes, voire historiques, tantôt proches de la science-fiction, du merveilleux ou du surréalisme.
Pas de lien explicite entre eux : ils n’ont pas été écrits dans le but d’être rassemblés mais, ce qui rend leur lecture agréable, c’est justement la variété de leur inspiration et le ton léger qui leur donne de la fraîcheur. C’est du moins ce qu’on me dit...

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Là, je compte sur les Chloésiens pour qu’ils me passent leurs tuyaux ! J’ai pensé à des mails à la famille et aux amis ; à une soirée de présentation chez Benoît Geets, à la Livre de café à Mons, il me l’a gentiment proposé. A contacter l’un ou l’autre libraire ou buraliste sympa pour qu’il mette le livre à l’étalage ou en évidence.
Peut-être à une après-midi lecture dans mon ancien établissement scolaire où les profs (et les élèves ?) ne m’ont pas encore oubliée.
Distribuer (dans des cafés, des épiceries,...) des feuillets reprenant une courte nouvelle ou un extrait d’une plus longue, en espérant mettre l’eau à la bouche. Qui a d’autres idées ? Je suis preneuse !

Pourquoi écris-tu et comment ?
Je l’ai dit : juste pour me faire plaisir. Plaisir d’inventer une histoire, des personnages, d’essayer de les faire vivre : c’est une vie en plus pour moi ! Mais aussi plaisir de chercher la phrase la plus percutante, le mot le plus juste, le ton le plus efficace. Et plaisir d’être lue, donc de pouvoir partager quelque chose avec le lecteur. Ecrire crée aussi des liens d’amitié !

Des projets pour la suite ?
Ah ! oui, maintenant que mon premier recueil va paraître, je me sens encouragée à en faire. D’autres nouvelles s’empilent, je pense aussi à un conte qu’une amie pourrait illustrer. Et j’ai entamé l’écriture d’un roman, travail d’envergure qui exige de se documenter sérieusement.
L’histoire se passe en Haute Loire entre les deux guerres, les personnages sont déjà bien vivants mais je ne sais pas encore très bien jusqu’où ils vont m’emmener... Suite (chez CDL ???) dans... quelque temps !

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Hélas, le temps passé à écrire m’ôte celui de lire et je m’en veux...
J’admire énormément les grands auteurs du XIXe : Balzac, Zola, Hugo, Maupassant surtout. Voilà des gens qui savaient raconter !
Bien sûr, l’époque n’est plus la même, les lecteurs ont d’autres exigences, tout doit aller plus vite... mais ce sont pour moi des maîtres par leur imagination féconde et leur sens de la phrase.
Plus proches de nous, je citerai (dans le désordre) Henri Troyat, Jeanne Bourin, Isabel Allende, Thrity Umrigar (« Tous ces silences entre nous »), Khaled Hosseini (« Les cerfs-volants de Kaboul »), Irène Nemirovsky (« Suite française »), Eric-Emmanuel Schmitt, Françoise Chandernagor, Catherine Hermary-Vieille, ...
Je citerai aussi Josy Malet-Praud, moins célèbre, certes, mais dont l’écriture vive est un régal, comme sa façon légère d’aborder les sujets graves. C’est une amie, une vraie, et qui plus est éditée chez Chloé des Lys, c’est tout dire ! Il faut lire « Un, deux, trois... soleil », il va paraître incessamment !

En peinture, je reste béate devant les portraits de Holbein, de Rembrandt, les tableaux intimistes de Vermeer (ah ! « La jeune fille à la perle », qui a si bien inspiré Tracy Chevalier pour son roman, admirablement transposé au cinéma !). Et puis Gauguin pour ses couleurs, Delvaux, Magritte, Dufy, Matisse, Van Dongen, Kandinsky, Miro,... Je m’arrête !

En musique, je préfère de loin ce qui est classique : Haydn, Mozart, Grieg, Tchaïkovski, les grands airs d’opéra. Pas les impressionnistes comme Debussy ou Satie. Pour la chanson, c’est pareil, je mise sur les valeurs sûres : Gainsbourg, Bashung, Souchon, ... et Elvis Presley, Eddy Mitchell, les Platters... : le goût de l’adolescence perdue ?

En ce qui concerne le cinéma, « Out of Africa » et « Danse avec les loups » seraient bien en tête de mon palmarès, mais aussi, plus récents, « Les cerfs-volants de Kaboul » (encore !), « Le concert », « La graine et le mulet », « Le ruban blanc », films bien sûr moins commerciaux.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Ce qui me dérange très, très fort? Les gens qui se prennent au sérieux. Faire bien ce que l’on entreprend, oui, à cent pour cent d’accord, mais se croire le nombril du monde... Je dirai aussi, en vrac, l’injustice, la violence, les gens en retard, ceux qui promettent mais ne tiennent pas... De quoi être en rogne tous les jours ? Non, râler n’est pas trop pour moi, même si je reconnais qu’il est de saines colères.

Un souhait ?
Un souhait : que tous ceux qui entreprennent quelque chose avec enthousiasme, dans quelque domaine que ce soit, le gardent à travers tout. J’aimerais aussi citer ce qui sous-tend le dernier film de Jaco Van Dormael, « Mr Nobody » : il n’y a pas de bon ou de mauvais choix, il n’y a que la manière de les vivre.

As-tu un blog ou un site ?
Un blog ? il va vraiment falloir que j’y pense...