Interview...

Benoît Frénay


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel ! J'ai la chance d'être édité, ce serait dommage d'utiliser un pseudo : j'aime écrire et je ne m'en cache pas !

Où habites-tu ?
J'habite Andenne (Belgique) : il suffit de suivre la Meuse en partant de Namur. Cette chouette petite ville a l'avantage de se trouver à mi-chemin entre Louvain-la-Neuve, où je travaille, et Liège, où ma fiancée continuera ses études dès l'année prochaine.

Une famille, des enfants…
Pour le moment, juste ma fiancée, Aurélie.

Que fais-tu dans la vie ?
Dans la vraie vie, je suis chercheur en intelligence artificielle. Je mets au point des outils informatiques pour automatiser des tâches considérées comme requérant de l'intelligence, mais répétitives, lourdes ou difficiles pour les humains.
Par exemple, j'ai travaillé sur un programme d'aide au diagnostic chez les patients cardiaques. C'est un métier passionnant, qui me permet de m'adonner à fond à deux de mes passions : les mathématiques et l'informatique.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Quand, c'est facile, je notais les dates sur mes premières nouvelles : janvier 2004, au début de mes études. Pourquoi, par contre, je ne sais plus trop...
J'ai toujours aimé écrire - pas seulement des nouvelles - et je crois simplement que j'avais en tête une histoire qu'il fallait que j'écrive. Et j'y ai pris goût, encouragé par mon entourage, jusqu'à me rendre compte que j'avais accumulé suffisamment de nouvelles pour en faire un recueil.
C'est venu naturellement, sans l'idée d'être publié, au départ du moins.

As-tu déjà publié quelque part ?
Pour le moment, une de mes nouvelles a été publiée dans le recueil des meilleurs textes du concours « la Tête dans les étoiles » de la Maison de la Francité, pour lequel j'ai été lauréat l'année passée.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
Symbiose et autres nouvelles est un recueil de nouvelles de science-fiction. De science parce que la plupart des nouvelles en sont imprégnées. De fiction parce qu'aucun des récits n'est réel, même si les univers où ils se déroulent ne sont pas toujours si différents du nôtre.
Symbiose comprend onze nouvelles où êtres réels, imaginaires et artificiels se côtoient : un mineur et une archéologue improvisée, une planète vierge et une population à la recherche d'un monde à coloniser, un pilote et sa machine unis par une relation fusionnelle, des humains frappés d'omnipotence partielle...

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Pour le moment, j'ai imprimé des affiches et des flyers, créé un site web (http://symbioses.net) et une page Facebook (http://www.facebook.com/pages/Symbiose-et-autres-nouvelles/271248143302). Je compte aller à la rencontre des libraires et des bibliothèques.

Des projets pour la suite ?
Pour le moment, la majorité des nouvelles que j'écris sont des réponses à des appels à textes : certaines maisons d'édition proposent d'écrire sur un thème donné et forment des recueils à partir des meilleurs textes qu'ils reçoivent.
Certains n'aiment pas écrire « sous la contrainte », mais personnellement, ça me pousse à être créatif et à m'aventurer sur des terrains que je n'aurais pas pensé à explorer. Certains appels à textes sont extrêmement libres, tandis que d'autres proposent des contraintes qui forcent à changer complétement d'approche : je pense par exemple au Prix Pépin pour lequel les textes ne doivent pas dépasser trois cents caractères, espaces compris.
J'ai également un roman en projet, mais là, j'en suis encore au squelette : l'idée est trouvée et une partie des personnages existent déjà, des chapitres sont déjà écrits, mais l'intrigue doit encore prendre forme. Ce ne sera sûrement pas fini avant deux ou trois ans !

Pourquoi écris-tu et comment ?
J'écris avant tout par plaisir : pendant mon temps libre, en vacances sur la plage, dans le train... Parfois aussi parce que j'ai envie de partager ma vision des choses.
Je viens par exemple d'écrire une nouvelle bâtie autour d'un événement historique que j'ai découvert en faisant des recherches documentaires. Je ne dirais pas de quoi il s'agit, mais un des livres que j'ai lu à son sujet m'a montré le décalage parfois énorme entre les réactions de l'époque et la réalité de l'événement. J'ai donc eu envie d'en parler.
Le comment a tendance à évoluer, mais j'aime écrire un premier jet sur papier et le retravailler lors de la saisie sur mon ordinateur.
Je remet ensuite cent fois mon ouvrage sur son métier, jusqu'à ce que je sois satisfait : je suis assez perfectionniste... Je fais ensuite lire le texte, souvent par ma fiancée, pour avoir un retour et le peaufiner.
L'inspiration peut venir n'importe quand, souvent quand je ne l'attend pas.
Par exemple, il arrive que je me lève la nuit, alors que j'essayais de m'endormir, parce qu'une idée de nouvelle m'est tombé dessus. Je la note vite et j'essaie alors de ne plus y penser pour pouvoir m'endormir : sinon, c'est fini, mon esprit s'emballe et je me retrouve à griffonner des phrases alors que je devrais dormir depuis longtemps.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Mes influences, il faut sûrement les chercher dans ceux que j'ai lu et que j'admire pour leur oeuvre : Isaac Asimov (Les Robots, Fondation), Frank Hebert (Dune), Arthur C. Clarke (2001, l'Odyssée de l'Espace, Rama), Bernard Werber (Les Fourmis), Pierre Bordage (Les Guerriers du Silence)...
Je ne cherche pas à les imiter, mais ce sont pour moi des maîtres qui incarnent la science-fiction telle que je l'aime : ils construisent de nouveaux mondes où on se sent aspiré dès la première page, sans avoir besoin d'y introduire une violence et une vulgarité trop présente à mon goût chez d'autres.
Pour certaines nouvelles, je suis aussi influencé par les manga, c'est-à-dire les bandes dessinées japonaises. Loin des clichés qu'en ont la plupart des gens, il existe des genres très variés de manga. J'ai un faible par exemple pour Jiro Taniguchi : son dessin est superbe et ses œuvres jettent sur la nature, la vie de tous les jours ou encore la montagne un regard frais et rêveur.
D'autres auteurs de manga sont passés maîtres dans l'art de distiller le suspense et m'impressionnent par leur capacité à tenir en haleine le lecteur pendant plus de vingt tomes, sans qu'il ne se lasse.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
J'aimerais juste en profiter pour remercier ma fiancée, Aurélie Willemart, qui m'a supporté tout au long du processus qui a mené à ce livre. Et qui continue à m'encourager lorsque j'écris, même lorsque je perd parfois courage. Sans elle, je n'aurais pas eu la chance d'être édité.
Le soutien de Bruno Obsomer et David Durvaux, deux amis, m'a également été précieux. Je les remercie pour leurs encouragements et leurs avis. Merci également à Guillaume Herpoel qui m'a beaucoup aidé pour mes premières nouvelles en les relisant et en me donnant son avis.

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
Mes hobbys ? Écrire et lire, bien sûr, mais aussi courir, écouter de la musique, me balader. J'aime découvrir de nouvelles choses, même si je suis parfois réticent : je fais par exemple de l'escalade avec des amis, mais combien de temps m'a-t-il fallu pour vaincre mon vertige !

As-tu un blog ou un site ?
J'ai créé un site web (http://symbioses.net) et une page Facebook (http://www.facebook.com/pages/Symbiose-et-autres-nouvelles/271248143302). Sur le site, outre une présentation de Symbiose et autres nouvelles, il est possible de lire plusieurs extraits, de me laisser un mot et de trouver où commander.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
En général, l'égoïsme et la bêtise. En particulier, la tendance de certaines personnes à en rester à des clichés et à ne pas laisser leur chance à des choses inconnues.
Par exemple, la science-fiction souffre beaucoup des clichés et est qualifiée par certains de paralittérature, alors qu'il existe des œuvres de qualité bien loin de Star Wars et autres blockbusters. Bien sûr, je ne fais pas défaut à la règle et j'ai aussi plein de clichés, comme tout le monde, mais j'essaie de les dépasser...

Un souhait ?
Pouvoir continuer longtemps à écrire et encore avoir la chance d'être publié !