Interview...

Jean-François Foulon


Pseudo ou nom réel ?
Mon nom réel, cela me semble normal dès qu’on publie un livre. C’est une sorte d’honnêteté vis-à-vis des lecteurs.

Où habites-tu ?
A Braine-le-Comte, dans la province du Hainaut, en Belgique. Mais je garde au fond de moi la nostalgie de mes Ardennes natales avec leurs forêts profondes et j’ai fait miens les vers de Verlaine :
Au pays de mon père on voit des bois sans nombre.
Là des loups font parfois luire leurs yeux dans l’ombre
Et la myrtille est noire au pied du chêne vert.

Une famille, des enfants…
Oui marié et deux grands « enfants » de 17 et 20 ans.

Sucré ou salé ?
Salé. Le sucre ne sert qu’à cacher l’amertume des aliments et cela ne me plaît pas. J’aime voir la vérité en face, sans artifice. Dès lors, en littérature, j’apprécie les livres dont on ne ressort pas intact.

Petit, que voulais-tu faire ?
J’ai oublié. Mais j’aimais rêver en regardant passer les nuages et j’imaginais plein d’animaux dans leurs formes étranges. Je n’ai pas beaucoup changé.

A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
Ni Alexandre ni César, j’ai horreur du pouvoir. Je me sens proche de Rimbaud, originaire de mes Ardennes, qu’il parcourait à pied. Et il a dit des choses si étranges qu’on en reste bouleversé.

Ton truc contre le stress ?
Hélas, je n’en ai pas. Ou alors il me faut de longues balades en forêt.

Que fais-tu dans la vie ?
J’avais une formation de prof de lettres, mais les hasards de la vie ont fait que je suis devenu fonctionnaire. Dans un service financier encore bien ! Il faut bien gagner sa vie. Par réaction, j’ai conservé ma passion pour la lecture et l’écriture.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Quelques poèmes, comme tous les adolescents, je crois. J’aimais aussi mettre mes idées au clair. C’est qu’elles fusent dans tous les sens quand on a dix-sept ans et que les choix de vie deviennent personnels?. Ensuite j’ai continué par de petits récits, mais curieusement j’ai arrêté entre 25 et 35 ans, car il me semblait qu’écrire était une manière d’être décalé, de ne pas participer vraiment à la vie active. Quand j’ai enfin compris que je ne m’identifierais jamais aux rôles qu’on m’assignait, que ma véritable personnalité était ailleurs, j’ai repris la plume et n’ai plus arrêté.

As-tu déjà publié quelque part ?
Hélas non, Chloé des Lys étant la première maison à m’accepter. Je crois que c’est aussi la première à me lire, ce dont je lui suis infiniment reconnaissant.

Pourquoi Chloe des Lys ?
J’avais découvert cette maison d’édition par hasard, via le blog littéraire d’une dame qui habitait dans la Drôme. Un comble ! J’ai donc été assez surpris de savoir que CDL était à soixante kilomètres de chez moi. Je n’ai pas regretté mon choix : l’ambiance sympathique et désintéressée qui règne à CDL me convient bien.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
L’ouvrage qui va être publié est un roman. « Obscurité » raconte l’errance d’une femme qui vient de quitter son mari et qui parcourt la France sans trop savoir où aller. Nous lui ressemblons tous un peu, non ?

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Grave problème. Je suis un solitaire introverti et les campagnes de marketing ne sont pas mon fort. Mais je vais essayer.

Projets pour la suite ?
Je suis occupé à rassembler les poèmes écrits ces deux dernières années. Je compte en faire un recueil. Il y a aussi beaucoup de nouvelles qui s’entassent dans mes tiroirs. Il faudrait juste les dépoussiérer un peu.

Pourquoi écris-tu et comment ?
J’écris pour le plaisir de créer des univers dans lesquels évoluent des personnages de papier. La société dans laquelle je vis, axée sur la compétitivité et l’échange des marchandises ne me plait pas. J’ai besoin d’autre chose. Alors, comme je ne le trouve pas, j’invente des histoires. Cela permet de dénoncer le monde dans lequel j’évolue tout en en créant un autre dans lequel je voudrais vivre.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature.
La littérature se fait avec de la littérature et nous sommes tous tributaires de nos lectures. Des écrivains comme Garcia Marquez, Alvaro Mutis, Cormac McCarthy m’ont impressionné. Mais il y a tous les autres (Hugo, Baudelaire,Céline et son Voyage, Dostoïevski, Flaubert, Maupassant, Jaccottet, etc. Et puis Homère et les tragiques grecs de l’Antiquité).

Tes hobbys ?
Lire, écouter de la musique, marcher dans la nature, surtout si elle est sauvage.

As-tu un blog ou un site ?
Oui, bien sûr. Cela fait sept ans qu’il existe et il a un public fidèle : http://feuilly.hautetfort.com/
C’est l’occasion pour moi d’y mettre des poèmes, de petites nouvelles ou encore de parler avec humeur de l’actualité internationale.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Le manque de solidarité et l’égoïsme.

Ta citation favorite ?
Honni soit qui mal y pense

Une qualité et un défaut ?
La ténacité et l’honnêteté. Quant aux défauts, il y en a trop ?

Un souhait ?
Pouvoir publier d’autres manuscrits

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
« Aimez-vous lire ? »